Alcool, tabac, protoxyde, argent sale et violences : pourquoi certaines épiceries de nuit inquiètent-elles la police à Montpellier ?
La Ville de Montpellier a décidé de durcir la réglementation sur les épiceries de nuit en interdisant leur ouverture entre 22 heures et 6 heures, du jeudi soir au lundi matin, par arrêté municipal pris ce lundi 12 janvier. Applicable toute l’année, la mesure vise à renforcer la lutte contre les troubles à l’ordre public, la délinquance et l’insécurité routière, liés notamment à la vente nocturne d’alcool et de produits illicites.
La Ville de Montpellier a pris un arrêté, ce lundi 12 janvier, interdisant l’ouverture des épiceries de nuit entre 22 heures et 6 heures du matin, du jeudi soir au lundi matin. Une mesure qui s’appliquera désormais toute l’année et non plus seulement durant les périodes de congés scolaires.
Un durcissement salué par les services de police. "Quand on demande à un policier s’il est content de disposer d’armes juridiques supplémentaires pour lutter contre la délinquance, il répond forcément oui", opine le commissaire Éric Agniel, à la tête du service local de la police judiciaire de Montpellier. Pour lui, ce nouvel arrêté municipal constitue "une nouvelle arme" face à des commerces identifiés comme générateurs de troubles à l’ordre public.
Problèmes de sécurité routière
Sans remettre en cause l’existence des épiceries de nuit dans sa globalité, il pointe "toutes celles qui posent problème", notamment par la vente nocturne d’alcool, de tabac de contrebande ou de protoxyde d’azote. "Ces établissements attirent une clientèle avinée ou sous substances, qui se retrouve parfois au volant de véhicules, avec des risques évidents en matière de sécurité routière", souligne-t-il.
Au-delà du bruit et des rassemblements nocturnes, la police nationale alerte aussi sur les circuits financiers. "Le tabac et le protoxyde génèrent de l’argent sale qui vient alimenter des délinquants, parfois liés au narcotrafic", renchérit Éric Agniel. Des commerces parfois utilisés pour blanchir des fonds, suscitant convoitises et tensions.
On assiste à des luttes pour le contrôle de ces épiceries, comparables à des guerres de territoire sur les points de deal
"On assiste à des luttes pour le contrôle de ces épiceries, comparables à des guerres de territoire sur les points de deal." Un contexte qui, selon notre interlocuteur, peut mener à des drames, à l’instar de l’incendie mortel survenu dans la nuit du 20 au 21 novembre dernier dans le quartier Saint-Martin à Montpellier.
L’an passé, la police a formulé près d’une centaine de demandes de fermetures administratives auprès du préfet, dont un tiers concernait des infractions liées aux horaires ou à la vente d’alcool. "Cet arrêté va nous permettre d’aller plus loin", conclut-il.


