Aigle royal tué par une éolienne dans l’Hérault : la cour d’appel relaxe l’exploitant, le parc va redémarrer
La société Valeco Énergie renouvelable du Languedoc était poursuivie pour destruction d’espèce protégée après la mort d’un aigle en janvier 2023 près de Lodève (Hérault) et avait été condamnée par le tribunal judiciaire de Montpellier, notamment à un arrêt d’un an de l’exploitation.
La cour d’appel de Montpellier a infirmé, ce jeudi 5 février, la condamnation de la société Valéco-Energie renouvelable du Languedoc (ERL), qui gère le parc de sept éoliennes de Bernagues, sur le massif de l’Escandorgue, près de Lodève (Hérault), qui avait causé la mort d’un aigle royal, le 10 janvier 2023.
L’exploitant est donc relaxé des faits de "destruction d’espèce protégée" : le parc, à l’arrêt depuis dix mois, va donc pouvoir redémarrer. Lors d’un premier procès, le tribunal judiciaire de Montpellier avait, en avril 2025, prononcé l’arrêt du parc pendant un an avec exécution provisoire. Par ailleurs, la société avait écopé d’une amende de 200 000 euros dont 100 000 euros avec sursis et le président d’ERL de 40 000 euros dont 20 000 avec sursis.
L’accident était survenu malgré le système détection installé, qui, repérant le rapace, avait quasiment stoppé l’éolienne concernée, mais conduit au décès du mâle du seul couple d’aigle royal du département de l’Hérault. "Il y a aujourd’hui la reconnaissance que c’était accidentel et qu’il n’y a pas eu de négligence dans l’exploitation de ce parc" réagit Sébastien Appy, le directeur d’exploitation. "C’est la décision que l’on attentait, les dispositifs avifaune mis en place ont fonctionné, le parc peut redémarrer" abonde Me Aldigier, aux intérêts de Valeco-ERL.
"Très déçus"
"Nous sommes très déçus, nous ne nous y attendions pas vraiment", réagit Me Gallon, représentant trois associations, en attente de l’arrêt pour comprendre les motivations de la cour. Le parquet général a désormais 5 jours pour se pourvoir en cassation.
Parallèlement, les sept éoliennes de Bernargues, qui alimentent 40 000 personnes en électricité, ont fait l’objet d’une guerre judiciaire pendant plus de 20 ans entre les opposants et ERL, devant différentes juridictions, au civil. Les différentes associations pensaient avoir obtenu gain de cause en obtenant, pour la première fois en France, le démantèlement du parc faute de permis de construire valable, devant le tribunal d’instance de Montpellier, puis devant la cour d’appel de Nîmes. Mais le 30 avril 2025, la cour de cassation avait cassé ce dernier arrêt.
"Aussi bien au civil que le plan pénal, la justice a validé la régularité de ce parc", se réjouit Me Aldigier.

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