« Ce sont des gamins sacrifiés » : parents et élus alertent sur le manque d’AESH au sein de l’école élémentaire d’Aniane
Inquiète du non-remplacement des AESH à l’école élémentaire d’Aniane, l’association des parents d’élèves FCPE se mobilise avec une pétition.
Une pétition lancée par la FCPE, la semaine dernière, sur les réseaux sociaux, avait recueilli plus de 1 600 signatures, vendredi 23 janvier. Le but : interpeller l’Inspectrice de l’Éducation nationale de la circonscription de Gignac, la Direction académique des services de l’Éducation nationale (la DASEN) de l’Hérault et la Rectrice de l’Académie "pour demander des solutions urgentes et durables afin de garantir une école réellement inclusive".
Depuis la rentrée scolaire, plusieurs AESH (accompagnants d’élèves en situation de handicap) sont absents et non remplacés. Or, les AESH s’occupent spécifiquement des enfants notifiés par la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH). Cependant, "depuis la rentrée, les moyens nécessaires ne sont plus assurés", constate la FCPE. "En primaire, il y a un volant de 152 heures prévues, soit normalement sept AESH en équivalent temps plein, il en manque deux. En maternelle, les deux mi-temps ne sont remplacés, soit zéro AESH. Depuis octobre, on a supprimé des heures à certains enfants pour s’occuper d’autres. C’est un problème, parce que les retards d’apprentissage s’accumulent", déplore Florie Abras, de l’association des parents d’élèves FCPE.
"Ce n’est plus possible"
Anne-Laure, maman de Roman, en CP à l’école d’Aniane, confirme : "Normalement, mon fils doit avoir 12 h mutualisées (avec un autre enfant, NDLR), mais il n’en a que 5. Déjà, en grande section l’an dernier, il n’a pas eu d’AESH. Au début, on n’a rien dit, mais maintenant, ça devient compliqué. Et on ne sait plus à qui s’adresser." Elle garde encore le sourire, mais son inquiétude est grande : "En CP, l’apprentissage de la lecture et de l’écriture est essentiel. On constate que ses résultats scolaires sont en baisse. Il a des problèmes de motricité fine, découper et coller dans le cahier, c’est confus. Il passe plus de temps dans la classe, et il a du mal à suivre. Le soir, il est épuisé, c’est difficile de le faire travailler. Résultat, il a de plus en plus de choses à apprendre, et il commence à se décourager. On voit bien que les AESH courent partout, les enseignants pallient comme ils peuvent, mais ce n’est plus possible."
Depuis la rentrée également, la maîtresse E., enseignante spécialisée chargée de l’aide pédagogique aux élèves en difficulté, est en arrêt maladie. Or, "elle accompagne aussi les équipes éducatives et participe aux dispositifs d’aide". La FCPE demande son remplacement.
"Soutien absolu" du côté de la commune
À la mairie, on observe avec attention. "Les parents d’élèves font vraiment leur rôle", approuve Anne Dominique Israël, déléguée à l’Enfance-Jeunesse. "C’est un soutien absolu. La question de l’inclusion est primordiale. Il y a un grand nombre d’enfants orientés par la MDPH, et on doit les accompagner ! Les AESH sont pressurisées, elles assurent plusieurs fonctions, elles se contorsionnent jusqu’à l’épuisement, et après, elles ne sont pas remplacées. On demande aux enseignants de s’occuper de chaque enfant, mais sans dispositif, c’est impossible ! On a la chance d’avoir une équipe pédagogique incroyable, dévouée. Avec peu de moyens, elle fait presque de la magie ! Mais les enseignants ne sont pas surhumains, et tout ne peut pas reposer sur les collectivités. Pour nous, ce sont des gamins sacrifiés".
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