La "bande à Fifi" a récupéré la garde du Marsupilami et réussi une comédie très drôle, allégée en matières grasses !
Philippe Lacheau, qui prend la suite d’Alain Chabat, réussit un film d’aventures familial très rigolo, potache et parfois déjanté, à défaut d’être toujours très bien raconté.
Il y a quelque chose de kamikaze à vouloir passer après Alain Chabat, le talent rigolo le plus cool, le plus doué et le plus unanimement apprécié du cinéma français. Demandez à Thomas Langmann, Laurent Tirard ou Guillaume Canet qui, après le carton historique et désopilant Mission : Cléopâtre, ont signé à leur tour une adaptation cinématographique des aventures d’Astérix et Obélix. Normalement, ils vous répondront, au mieux… "ouille !" Coup de bol pour Philippe Lacheau, Sur la piste du Marsupilami dont il signe donc la suite aujourd’hui est, osons le dire, un cran en dessous.
Fan depuis toujours d’André Franquin, génie de la bande dessinée et créateur de ladite bestiole ovipare au pelage jaune et noire à la longue queue-ressort, Alain Chabat avait signé en 2012, un film d’aventures exotiques volontairement rétro, à l’humour gentiment absurde, dont le souvenir le plus mémorable est le marsupilami lui-même, absolument adorable ! Quatorze ans plus tard, à l’instigation de la société de production Pathé, Philippe Lacheau et son inséparable bande ont récupéré la garde du Marsupilami… mais aussi de Pablito Camaron, le voyou au grand cœur incarné par Jamel Debbouze dans le film de Chabat.
Si le défi pour la bande à Fifi est donc un peu moins herculéen que sur un Astérix (mais allez savoir si la tâche ne lui sera pas un jour confiée), il est toutefois double : acclimater non seulement un personnage culte de la BD pour plusieurs générations mais aussi un comédien virtuose dont le comique repose sur la verve et sur le jeu, à son univers potache fondé sur le slapstick extrême, l’humour trash et le surrégime visuel. À moins que ce ne soit l’inverse ?
Des scènes délirantes
Philippe Lacheau, qui incarne ici David Ticoule, un employé d’un zoo en pleine séparation, que son douteux patron Jeffrey Malone (Jean Reno) envoie en Amérique du sud récupérer et convoyer un colis très précieux en Palombie. Le plan : le faire passer en douce en France, caché à bord d’un paquebot de croisière. Pour se couvrir, David embarque avec lui, son ex Tess (Elodie Fontan) et leur fils Léo, ainsi que son collègue Stéphane (Julien Arruti), un benêt de concours, à qui il compte bien confier le paquet au moment du risqué passage en douanes. Ce qu’il y a dedans ? Un œuf de marsupilami. Quand celui-ci éclôt à bord, révélant un bébé marsu, la croisière part en vrille !
Si la bande à Fifi assure que le scénario du Marsupilami est le plus complexe qu’il a écrit à ce jour, ce n’est pourtant pas le point fort du film. À la fois cousue de fil blanc et tressée de grosses ficelles, l’histoire semble en permanence lutter contre son propre délitement et si elle tient finalement jusqu’à la ligne d’arrivée, c’est au prix d’une accélération progressive, et ça, pour le coup, la fine équipe maîtrise ! Une fois, le navire lancé (on parle du film et du bateau où se déroule l’essentiel), Marsupilami est un déferlement interrompu de gags. Tout n’est pas fin, loin s’en faut mais hé, c’est la bande à Fifi, pas les Marx Brothers ! Il n’empêche, on rit souvent, et beaucoup, des trouvailles burlesques et parodiques de la troupe. Jamel n’y est pas toujours à son aise mais son humanité fait du bien au milieu de ces histrions déchaînés.
Si visuellement, le film n’a pas la grâce des réalisations de Chabat, Philippe Lacheau fait montre d’une inventivité réjouissante dans sa mise scène, et il prouve une fois encore qu’il sait filmer l’action comique comme peu, sinon personne en France. La manière dont il réussit à préserver le plus trash de son humour en le maintenant hors champ est d’ailleurs une source d’hilarité tout au long du métrage. Enfin, le marsupilami, cette fois format minot (le plus souvent, un animatronique bien réel manipulé physiquement sur le plateau – autre formidable idée), est un régal, nous évoquant tout à la fois, un mogwai quand il se fait mignon, et un gremlin, quand il se met en pétard. Bref, on en redemande !
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