L'édito d'Olivier Biscaye : "Et maintenant, bon courage !"
La tentative de clarification du président de la République ouvre essentiellement la voie à l’instabilité chronique et aux incertitudes. Ce matin, il n’est pas certain que les Français soient davantage rassurés sur leur avenir.
Y voit-on plus clair que le 9 juin lorsque le chef de l’état a décidé de dissoudre l’Assemblée nationale ? La question risque de rester sans réponse pendant quelques semaines encore.
Ce second tour des législatives confirme non seulement les blocages installés depuis deux ans mais surtout l’incapacité des forces politiques à trouver le chemin pour s’entendre au nom de l’intérêt général. Les premières déclarations de Jean-Luc Mélenchon et d’Olivier Faure ne contribuent pas à favoriser un dialogue ouvert et apaisé. Les réponses des députés macronistes canal historique ne sont pas plus encourageantes, l’ancienne majorité n’est pas disposée à liquider tout l’héritage économique et social, consolidé depuis 2017.
On voit mal comment la grande coalition, certes contre-nature à bien des égards, pourrait se construire
On voit mal comment la grande coalition, certes contre-nature à bien des égards, pourrait se construire. Son succès ne viendra en tout cas ni de la droite LR ni d’édouard Philippe désormais prêt à faire cavalier seul.
Gabriel Attal y contribuera-t-il ? L’ex-Premier ministre aurait de légitimes raisons à laisser Emmanuel Macron régler tout seul le problème qu’il a généré et même amplifié au gré de ses inconséquentes prises de position.
La tentative de clarification du président de la République ouvre essentiellement la voie à l’instabilité chronique et aux incertitudes. Ce matin, il n’est pas certain que les Français soient davantage rassurés sur leur avenir.
Preuve que le front républicain n’est pas si vintage
Dans ce brouillard, une belle éclaircie tout de même, la gifle infligée au Rassemblement national arrivé troisième et qui ne gouvernera pas le pays. Si le nombre de députés RN augmente fortement, en particulier dans le Sud, ce n’est pas suffisant pour permettre à Jordan Bardella de prendre Matignon et d’imposer son programme du repli sur soi et de la division.
Preuve que le front républicain n’est pas si vintage, preuve aussi que le racisme et l’antisémitisme assumés de certains candidats portant les couleurs de Marine Le Pen n’ont pas leur place dans ce pays et dans l’hémicyle de l’Assemblée nationale.
Dans ce flou artistique, nos lecteurs peuvent compter sur Midi Libre qui, fidèle à ses valeurs, les aidera à analyser ce qui viendra demain.
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