L’épouse suspectée d’avoir essayé d’empoisonner son mari clame son innocence et demande sa libération

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  • Mystérieuse affaire de médicaments. Surdosage accidentel ou volontaire ?
    Mystérieuse affaire de médicaments. Surdosage accidentel ou volontaire ? Midi Libre - SYLVIE CAMBON
Publié le , mis à jour

En prison depuis le 19 décembre, date de sa mise en examen pour empoisonnement. Elle réfute avoir voulu donner la mort à son mari.

"J’aurai aimé aller chez ma sœur", dit la suspecte depuis le système de visio conférence de la chambre de l’instruction ce mercredi 7 janvier. Les trois conseillers de la cour d’appel examinent une affaire singulière. Cette Gardoise est en prison depuis le 19 décembre et demande à être libérée.

Cette mère de famille est suspectée d’avoir essayé d’empoisonner son mari en lui donnant une forte dose d’anxiolytiques. Ce qu’elle conteste formellement. Mais l’affaire a donné lieu un placement en garde à vue et à une mise en examen le 19 décembre dernier et dans la foulée de l’audition, le juge des libertés et de la détention a décidé d’incarcérer l’épouse suspectée d’avoir volontairement surdosé le traitement à base notamment de Seresta le 12 décembre 2025.

Lunettes, pull à rayures noires et blanches, pochette rouge posée devant elle, l’épouse écoute le résumé de la procédure effectué par le conseiller Samuel Serre qui restitue les grandes lignes de l’enquête qui retient qu’en résumé cette femme n’est pas en mesure d’expliquer le surdosage d’anxiolytiques.

"Elle était choquée de ce qui lui était reproché" : Me Camille Alliez

Me Camille Alliez a demandé la remise en liberté de sa cliente.
Me Camille Alliez a demandé la remise en liberté de sa cliente. HOCINE ROUAGDIA

Le magistrat évoque aussi des déclarations contradictoires de cette dame laquelle évoquerait éventuellement une erreur. "Que feriez-vous si vous deviez sortir", demande le magistrat (1). "J’irai chez ma sœur", répond la dame.

Son avocate, Me Camille Alliez, observe que le dossier est très particulier. "En garde à vue et dans le cabinet du juge d’instruction, elle était choquée de ce qui lui était reproché". L’avocate de la défense revient sur des recherches sur internet réalisées par la mère et qui montrent qu’elle a consulté des éléments concernant les anxiolytiques.

Me Alliez note que s’il y avait eu une volonté de nuire et de préparer un empoisonnement médicamenteux, elle aurait fait les recherches avant les faits du 12 décembre et non pas après, en l’occurrence le 16 décembre. L’avocate plaide une remise en liberté sous contrôle judiciaire avec par exemple des interdictions d’entrer en contact son mari.

Indices graves et concordants

De son côté l’avocat général, Dominique Sié, ne voit pas d’un très bon œil une remise en liberté aussi proche de l’incarcération du 19 décembre avec une instruction qui ne fait que démarrer. Pour le magistrat du parquet général, il existe bel et bien et des indices graves et concordants. Une libération prématurée selon lui pourrait conduire à une déperdition des preuves associée à de possibles pressions nuisibles à la sérénité des investigations. "Voulez-vous ajouter quelque chose", demande le conseiller. "J’aurai aimé aller chez ma sœur", répète la dame. Le délibéré sera rendu le 8 janvier ajoute le président Teissier. Des proches de la famille et le mari de la suspecte quittent la salle d’audience visiblement accablés et désemparés par la situation. Une des filles de la famille assure que sa mère a donné le traitement correspondant à une ordonnance d’un médecin.

Toute personne est présumée innocente tant que justice n’a pas été définitivement rendue.

Les critères de la détention ou de la remise en liberté

La chambre de l’instruction examine les demandes de remises en liberté en lien avec des procédures des juges d’instruction mais aussi après qu’un suspect a été mis en accusation devant les assises. Cette entité de la cour d’appel n’examine pas le fond de l’affaire mais seulement les critères légaux étayant une détention provisoire et les critères de la remise en libertés et les garanties de représentation et de domicile. C’est pour cette raison que les magistrats demandent "que feriez-vous si vous sortiez de détention ?". Ainsi, il est examiné, les attestations de domicile, d’éventuelles promesses d’embauche et les documents permettant de s’assurer que les suspects ne prendront pas la fuite. Il existe aussi d’autres critères comme les garanties de représentation qui entrent en compte dans un éventuel maintien en détention. Le critère du risque de pression sur les témoins ou les victimes est aussi pris en considération. En matière criminelle seulement, le trouble à l’ordre public peut constituer un motif pour refuser une libération.

 

 

 

 

 

 

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