"Quand je vois la tenaille, dans mon cerveau ça tilte" : enlevé avec sa compagne, David Balland revient sur l’enfer de son kidnapping

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David Balland cofondateur de Ledger, une société de cryptomonnaies, avait été victime d’un kidnapping avec sa compagne le 21 janvier dernier. Une prise d’otage raconté dans un récit du Parisien, basé sur les déclarations de la victime aux gendarmes.

L’entreprise dont il est le cofondateur, Ledger, est valorisée à 1,3 milliard d’euros. David Balland, 36 ans, avait été kidnappé le 21 janvier dernier avec sa compagne. Le Parisien revient sur le récit de son enlèvement en s’appuyant sur les dires de l’entrepreneur aux gendarmes, après sa libération.

Dans la nuit du 21 janvier entre 4 et 6 h du matin, David entend du bruit vers la chambre de sa compagne. Il tombe nez à nez avec les agresseurs, dit avoir vu cinq ou six hommes cagoulés et est attrapé, attaché et conduit de force dans le salon en compagnie de sa compagne.

"Qui peut te sauver ?"

Sur son téléphone, "l’un des gars a vu le prénom Éric et a demandé si c’était Éric Larchevêque", explique sa compagne. Éric Larchevêque étant l’associé de David Balland. "Qui peut te sauver ? Qui peut te sauver ?", aurait crié l’un des assaillants.

Amandine est emmenée dans une maison isolée à Vierzon "Un des gars m’a dit : Amandine, tout va bien se passer, on va pas te faire de mal, on va pas te violenter, pas t’agresser sexuellement…", raconte la jeune femme. Elle dit être nourrie, hydratée, amenée aux toilettes et on lui a proposé de se doucher.

Une détention musclée avec David Balland

David Balland est transporté dans un corps de ferme isolé dans l’Indre, loué sur Airbnb. "Cette journée c’est soit elle finit bien et tu rentres en bonne santé et tu revois ta femme, soit tu rentres tétraplégique", lui dit l’un des agresseurs, au téléphone. Selon nos confrères, il dort sur le sol et ne sort que trois fois en 48 h pour uriner.

Ils contactent Eric Larchêveque et réclament 10 millions d’euros en bitcoins en menaçant David de lui couper un doigt. "Là, je ne réalise pas encore, je ne sais toujours pas s’ils bluffent". Les ravisseurs envoient également une vidéo à Eric Larchevêque, qui a contacté la gendarmerie et se trouvent avec les négociateurs. David Balland crie "J‘t’en supplie, non, non, non me coupe pas I’doigt. Éric, Éric, Éric, fais ce qu’il dit, ils sont sérieux. Je t’en supplie, je ferai tout…".

"Je ne choisis pas mon doigt, ils ont choisi pour moi"

"On me dit : bon frérot, pose ta main sur la table, ferme ta gueule, tout ce qui t’arrive c’est ta faute. Je ne choisis pas mon doigt, ils ont choisi pour moi. Quand je vois la tenaille, dans mon cerveau ça tilte, je comprends que c’est le début de la fin, qu’il n’y a plus de limite. J’ai hurlé de peur et de douleur". Les assaillants lui coupe l’auriculaire gauche et désinfecte au déodorant Scorpion.

La justice et les enquêteurs prendront la décision de faire un versement avec une manipulation permettant de bloquer une partie de la somme. David Balland se souvient de leur réaction : "Regarde-moi ces fils de pute, il faut qu’il y ait du sang pour qu’ils réagissent". Le GIGN interviendra pour libérer les deux captifs. Les suspects ont été mis en examen, écroués et risque la réclusion criminelle à perpétuité.

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