Municipales 2026 à Béziers : "Pour un renouveau dans la pratique de la politique", David Ocard, LFI, brigue la mairie, avec le soutien de Jean-Luc Mélenchon
Le LFIste David Ocard, 49 ans, mènera la liste "Béziers unie et populaire", avec Wissal El Jarrari dans la course à l’écharpe tricolore à Béziers. Soutenu par Jean-Luc Mélenchon, il présente les grands axes et les principales mesures de son programme.
Quelles sont vos motivations ?
Principalement, agir pour un renouveau démocratique sur Béziers. Je pars d’un constat, qui n’est d’ailleurs pas que le mien : une dégradation progressive de la pratique démocratique en France, et à Béziers particulièrement. Par exemple, le conseil municipal est quasi exclusivement une chambre d’enregistrement des décisions du maire, avec quasiment aucun débat. Pour agir contre ça, je suis parti de l’idée qu’on n’est jamais aussi bien servi que par soi-même. J’ai donc été poussé par LFI, que j’ai rejoint, à Béziers, en 2022, pour me présenter à ces élections.
On peut donc dire que vous êtes jeune en politique…
Oui, on le peut. Mais ça ne m’effraie pas pour autant de me confronter à Robert Ménard et aux trois autres candidats. Je n’ai pas de crainte à avoir car je n’ai rien à perdre mais tout à gagner. Je souhaite un renouveau dans la pratique de la politique, mais aussi dans l’état d’esprit. Entre autres, assumer et donner de la force au principe de parité. C’est pourquoi nous nous présentons en "binôme de tête de liste", avec Wissal El Jarrari. Les responsables politiques ne doivent pas être des "barons". C’est une hérésie au sens de la République et de la démocratie. L’image du baron est trop acceptée aujourd’hui. Je voudrais casser ça. C’est entre autres pour cela que nous sommes favorables à un référendum d’initiative citoyenne (RIC), révocatoire pour les élus.
Vous avez décidé de ne pas faire alliance avec la gauche. Pourquoi ?
Avec le candidat Thierry Mathieu, lui comme nous étions d’accord pour ne pas faire liste commune. Avec le Printemps de Béziers, c’est différent. Ils étaient dans une démarche d’union, certes, mais trop orientés "à droite", en incluant Place publique (dont la référente, sur Béziers, est Evelyne Coulouma, NDLR). Nous, à l’époque, nous avons mené une démarche d’union dans le cadre du Nouveau front populaire (NFP), incluant les composantes du Printemps de Béziers, mais sans Place publique. Mais ça n’a pas abouti. D’autres critères ont aussi été déterminants : le Printemps de Béziers ne s’était pas adressé au NPA ni à la liste citoyenne de 2020. On n’était donc pas d’accord, aussi sur le traitement du génocide en cours en Palestine. Sans compter que les socialistes et Place publique notamment refusent régulièrement de censurer un gouvernement illégitime.
C’est-à-dire ?
Même Dominique Villepin le dit. Quand la coalition du NFP est arrivée première au sortir des législatives de 2024, Emmanuel Macron a refusé de nommer un Premier ministre issu de cette coalition. C’est un déni de démocratie, tout simplement.
Mais ne craigniez-vous pas, en dispersant les voix de gauche, de dérouler un tapis rouge à la droite ?
Cette mésentente nous pousse à clarifier le rapport de force entre les listes de gauche à l’issue du premier tour pour pouvoir construire une union au second tour sur des bases irréfutables.
Mais c’est aussi prendre le risque d’un second tour où seraient opposés Robert Ménard et Julien Gabarron, du Rassemblement national…
C’est un risque, il est vrai. Mais nous mobilisons l’électorat par nos démarches militantes et nous comptons bien sur une triangulaire, voire une quadrangulaire.
Quels sont les grands axes de votre programme ?
Comme je l’ai déjà dit, mettre en place une nouvelle pratique de la politique pour qu’elle soit démocratique et respectueuse des lois. Je pense notamment au mariage de tous (y compris les personnes sous OQTF), au encore au respect de la laïcité dans une mairie. Je dirais ensuite se mettre au service des Biterrois au travers des mesures prévues, notamment le développement des services publics locaux. Enfin, préparer l’avenir, notamment pour faire face aux défis environnementaux.
Et vos cinq mesures principales ?
Dans tous les foyers, le logement est le premier poste de dépense. Donc, on va agir pour que les Biterrois aient un logement digne et abordable. Comment ? Par exemple, en réquisitionnant les logements vides si besoin, ce qui est déjà permis par la loi. Nous programmons aussi, dans le cadre de l’amélioration des services publics, un retour à une régie municipale de l’eau, avec les premiers m3 gratuits pour tous, et un tarif progressif : plus on consomme, plus c’est cher. On prévoit aussi une cantine bio gratuite pour toutes les écoles publiques, maternelles et primaires ainsi que le développement de l’offre périscolaire. La demande est plus grande que l’offre. Nous évaluerons les besoins. En fonction des besoins, nous programmerons les constructions de crèches et de centres de loisirs nécessaires, ainsi que les recrutements de personnels. Enfin, concernant la démocratie, nous réorganiserons les comités de quartiers pour en faire des assemblées citoyennes dotées d’un budget et d’un réel pouvoir décisionnaire.

J'ai déjà un compte
Je me connecteVous souhaitez suivre ce fil de discussion ?
Suivre ce filSouhaitez-vous recevoir une notification lors de la réponse d’un(e) internaute à votre commentaire ?