Recherché depuis dix-huit ans pour un viol collectif, le Polonais s’était engagé dans la Légion étrangère sur le Larzac

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  • Le suspect a fait une longue carrière au sein de ce régiment d’élite basé en Aveyron.
    Le suspect a fait une longue carrière au sein de ce régiment d’élite basé en Aveyron. Maxime Cohen - François Barrère (avec Maxime Cohen)
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Un Polonais quadragénaire, qui figurait sur la liste des criminels les plus recherchés par Europol, a été arrêté le 24 janvier dernier par les gendarmes, au siège de la 13e demi-brigade de la Légion étrangère (13e DBLE), à la Cavalerie, en Aveyron. Il a été écroué à Villeneuve-lès-Maguelone, en attendant sa remise aux autorités judiciaires polonaises.

Il s’est caché pendant dix-huit ans sous une fausse identité, pour échapper à son passé et aux accusations gravissimes qui le visent. L’homme interpellé la semaine dernière en Aveyron, à la suite d’une enquête lancée par la justice polonaise visant l’un des criminels les plus recherchés en Europe, avait trouvé refuge à la Légion étrangère, sur le Larzac, où l’on ignorait tout de ses antécédents sulfureux.

Michaël D., 47 ans, a été arrêté le 24 janvier par les gendarmes au sein des locaux de la 13e demi-brigade de la Légion Étrangère, installée sur le camp de La Cavalerie, en Aveyron, grâce à un renseignement très précis parvenu aux oreilles de la justice polonaise. Le quadra était, en effet, recherché depuis 2008 par la justice, étant soupçonné d’avoir participé à un viol collectif aggravé très violent, commis quatre ans plus tôt.

Violée et ébouillantée avec de l’eau chaude

Selon nos informations, le suspect, alors âgé de 25 ans, aurait agressé le 16 mai 2004 une jeune femme avec deux autres comparses à Gdnya, un important port situé sur la mer Baltique, dans la baie de Gdansk, au nord de la Pologne. La victime aurait été abusée sexuellement et brûlée avec de l’eau chaude sur une partie du corps avant d’être abandonnée par ses trois bourreaux. Quelques semaines plus tard, Michaël D. s’est présenté auprès de la Légion étrangère et y a été incorporé, sans doute sous une autre identité. Ceci est l’usage au sein de ce régiment qui accueille des candidats venus de tous les pays du monde. Michaël D. y avait depuis mené une carrière apparemment sans tache.

La justice polonaise avait lancé en 2008, quatre ans après le viol, un mandat d’arrêt européen, qui n’avait pas eu de conséquences. Il semble qu’une réforme récente de la gestion et de l’exploitation de ces anciens mandats d’arrêt a permis, avec la coopération de la direction nationale de la police judiciaire française, de relancer les recherches de ce fugitif. "Une des informations reçue sur la plateforme a fait la différence, a précisé Europol dans son communiqué signalant l’arrestation du suspect. Une information a été envoyée anonymement, signalant que le suspect pourrait se cacher en France."

"Il a été radié de la 13e DBLE et le sera de la Légion"

Depuis 2016, l’organisme européen de coopération policière a l’habitude de faire appel aux réseaux sociaux et au grand public pour faciliter les enquêtes visant des criminels en cavale, en publiant des listes des figures les plus recherchées, avec leurs photos, leur signalement et la description des actes qui leur sont reprochés. Un système efficace : plus de 200 000 personnes ont consulté la liste sur laquelle figurait le Polonais arrêté en Aveyron, et des dizaines de suspects ont ainsi pu être livrés à la justice ces dernières années.

"À ce jour, il n’est plus à la 13e DBLE. Dès que nous avons eu connaissance des éléments, qui remontent avant son engagement, nous avons collaboré avec l’autorité judiciaire, précise à Midi Libre le colonel Benjamin Brunet, qui commande le régiment. Nous n’avons pas eu connaissance des éléments avant qu’il s’engage à la Légion. Il a été radié de la 13e DBLE et le sera de la Légion une fois que le procureur de la République aura rendu ses conclusions."

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