Sécuriser l’eau potable pour demain : le chantier d’envergure du syndicat intercommunal du Bas Languedoc entre Vias et Bessan

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Ce chantier entre Vias et Bessan, mené par le syndicat intercommunal d’adduction d’eau du Bas Languedoc, long de 11 km pour un coût de 11 millions d’euros, permettra de sécuriser la ressource en eau.

Solidarité hydraulique… Depuis la fin de l’été, un chantier d’envergure, avec son ballet de camions et de tractopelles, a pris possession des bas-côtés de la route départementale 612a, entre Vias et Bessan.

Sa finalité ? Sécuriser la ressource et assurer la durabilité de la distribution d’eau potable de la commune de Vias, en la raccordant au réseau du syndicat intercommunal d’adduction d’eau du Bas Languedoc (SBL), auquel Vias a adhéré en 2017.

Une nappe astienne surexploitée

Les forages actuels exploités par la station balnéaire plongent, en effet, leurs pompes dans la nappe phréatique de l’Astien (ou nappe astienne), "soumise à une surexploitation et identifiée comme vulnérable, dans le cadre du PGRE (plan de gestion de la ressource en eau)".

"L’objectif principal est donc de réduire les volumes des prélèvements sur les forages de Vias-village et Vias-plage en substituant une partie de cette ressource par des apports issus du syndicat", explique Marc Coustol, directeur du SBL.

Un raccordement de 11 km

Ça tombe bien, "le maillage du SBL, qui comprend 27 communes (lire ci-dessous), permet de basculer d’une ressource à l’autre. De jouer aux vases communicants, en quelque sorte".

Plusieurs études (topographiques, archéologiques, géotechniques, environnementales…), d’un montant total de 1 024 600 €, ont ainsi été menées dès l’adhésion de Vias, afin de s’assurer de la qualité et, surtout, de la faisabilité du projet.

Des canalisations en fonte

Car ce raccordement de 11 km de long doit franchir le fleuve Hérault à deux reprises ainsi que la voie ferrée SNCF et le canal du Midi, avec des travaux avec ou sans tranchées, de fonçage sous la ligne SNCF.

Le matériau choisi pour les canalisations est la fonte, "car sa durée de vie est de 80 ans minimum", reprend Marc Coustol. Mais ce n’est pas la moindre de ses qualités. Elle permet également de jouer comme une caisse de résonance lorsqu’il y a une fuite. La localisation est ainsi plus aisée".

Des sols parfois gorgés de sel

Ces tuyaux bleus, d’un diamètre de 150 mm (débit de 180 ml d’eau) à 500 mm (1 800 ml), sont recouverts d’une coque de protection lorsque le sol est jugé trop "agressif" : soit il est trop acide, soit en proie aux remontées de sel.

Les autres avantages de la fonte ? "C’est un matériau recyclable. Il suffit de récupérer la canalisation endommagée, de la casser et de la refondre pour faire naître d’autres tuyaux…"

Les effets délétères du CVM

Et elle ne génère pas de pollutions comme c’est c’était le cas des canalisations en plomb ou de certaines en PVC (polychlorure de vinyle), très courantes dans les années 1970.

Les PFAS, ces polluants éternels

La famille des PFAS, ces substances chimiques per et polyfluoroalkylés, dont on retrouve des traces partout dans l’environnement (air, terre, eau), est une source d’inquiétude désormais, tant leur persistance est attestée – on les appelle d’ailleurs polluants éternels – et leurs effets délétères sur la santé humaine : hausse du taux de cholestérol, effets sur la fertilité et le développement du fœtus, sur le foie, sur les reins… La loi n° 2025-188 du 27 février 2025 prévoit l’interdiction progressive de certains produits contenant des PFAS dès le 1ᵉʳ janvier 2026.
Sur le volet de l’eau potable, "on suit le dossier depuis 6-7 ans, indique Marc Coustol, le directeur du syndicat du Bas Languedoc. Et toutes nos études, à l’usine de traitement de Fabrègues, prouvent que l’on est dans les normes. On est prêts".

Ces dernières, qui datent d’avant 1980, peuvent générer du CVM (chlorure de vinyle monomère), un gaz incolore, volatil et soluble dans l’eau et qui, à fortes doses, peut avoir des effets délétères sur la santé humaine.

Fin du chantier en avril 2026

"C’est pourquoi, en cas de fuite, dès qu’on est en présence de ce type de matériau, ou lors des marchés à bons de commande pour renouveler les branchements et conduites vétustes, on ne répare pas mais on change tout le système pour de la fonte, qui équipe désormais 80 % de notre réseau", conclut Marc Coustol.

Le chantier de Vias à Bessan, d’une valeur totale d’un peu plus de 11 millions d’euros devrait être bouclé en avril prochain. Une nouvelle ère pour les habitants et les vacanciers de Vias.

Un syndicat qui couvre 27 communes

Institution. Le SBL (Syndicat intercommunal d’adduction d’eau des communes du Bas Languedoc) est une vénérable institution qui fêtera, l’an prochain, ses 80 ans ! Né en 1946, donc, pour répondre à la pénurie d’eau de 9 communes rurales, il en compte aujourd’hui 27, réparties dans trois intercommunalités : Métropole de Montpellier (9 communes), Agglos de Sète (14 communes) et Agde (4 communes). Son premier chantier fut la création d’une usine de pompage à Florensac.
Missions. Le syndicat assure la production d’eau potable (pompage), l’adduction (transport) et la distribution (apport de l’eau au robinet). Son identité économique est basée, depuis le 1er janvier 2022, sur une Semop (Société d’économie mixte à opération unique) baptisée "Eau du Bas Languedoc", dont le capital est détenu à 40 % par le syndicat et 60 % par Suez (opérateur économique).
Ressources. Elles sont constituées par la nappe d’accompagnement de l’Hérault (il n’y a pas de pompage direct dans le fleuve) qui fournit 18 millions de mètres cubes par an ; Aqua Domitia, la potabilisation de l’eau du Bas-Rhône Languedoc (BRL) : 2 millions de m3 et des petits forages karstiques qui alimentent de façon ponctuelle le réseau : 800 000 m3/an.
Population. Le syndicat compte 220 000 habitants permanents sur son territoire, auxquels s’ajoutent 500 à 520 000 personnes durant la période estivale. La consommation varie de 30 000 m3/jour en hiver à 100 000 m3/jour en été.
Fuites. L’un des axes forts de SBL est de traquer les fuites. "Face à la raréfaction de l’eau, la première action aujourd’hui est de faire des économies sur la ressource. Notre taux de rendement est de 89 % pour 850 km de réseau".

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