Baisse du nombre d’élèves, effectifs de professeurs réajustés… À quoi s’attendre à la rentrée 2026 dans l’académie de Montpellier

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  • Le nombre d’enseignants en primaire va diminuer mais dans une proportion plus faible que le nombre d’élèves, assure le ministère.
    Le nombre d’enseignants en primaire va diminuer mais dans une proportion plus faible que le nombre d’élèves, assure le ministère. Midi Libre - SYLVIE CAMBON
Publié le , mis à jour

La baisse des naissances dans le pays laisse présager une chute des effectifs, notamment dans le premier degré. 4600 élèves de moins dans l’académie à la rentrée 2026. Mais le nombre d’enseignants sera lui aussi ajusté selon les chiffres annoncés par le rectorat.

Un million d’élèves de moins dans les écoles primaires en l’espace de 20 ans : 6,6 millions en 2009, 5,6 millions en 2029. La statistique donne le vertige. Elle traduit une courbe des naissances qui s’est infléchie dans notre pays à l’orée des années 2010, entraînant une chute des effectifs dans les écoles primaires depuis 2015. Régulière, cette baisse s’accélère depuis 2025 alors que, pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale, le nombre de décès a été plus important que les naissances dans l’Hexagone.

Pour l’instant moins impactés par cette baisse des effectifs, les collèges et lycées le seront beaucoup plus d’ici trois à quatre ans. L’académie de Montpellier faisait partie des régions touchées de façon moins précoce par le phénomène. Mais nous y sommes, avec 4600 élèves de moins à la rentrée 2026, dont 2900 dans le premier degré, selon les projections du rectorat. Ceux qui y voyaient l’occasion d’améliorer la qualité d’encadrement et de réduire le côté profondément inégalitaire de notre système éducatif en seront pour leurs frais.

165 postes d’enseignants en moins

Car sur fond de "nécessaires" économies budgétaires, les effectifs d’enseignants seront ajustés et revus à la baisse : 75 équivalents temps plein en moins pour le premier degré, 90 de moins pour les collèges, gros secteur sacrifié, et 4 de moins dans les lycées pros pour la rentrée 2026 dans notre académie. 170 enseignants multipliés par 30 élèves, et vous arrivez peu ou prou à la baisse annoncée de 4600 élèves… CQFD. Le rectorat a toutefois souligné auprès des syndicats qu’il aurait retiré 287 postes du premier degré s’il avait suivi la baisse du nombre d’élèves.

Dans le primaire, le Gard perdra 27 enseignants, l’Hérault 20, l’Aude et les PO 13, la Lozère 2. En, revanche, l’académie annonce la création des 5 Ulis supplémentaire, des unités localisées pour l’inclusion, permettant de scolariser plus d’élèves en situation de handicap.

Une baisse du nombre d’élèves qui s’accélère depuis six ans dans le premier degré.
Une baisse du nombre d’élèves qui s’accélère depuis six ans dans le premier degré. Midi Libre - Sophie Wauquier

Pas de quoi combler, on s’en doute, les syndicats enseignants. "On est en train de rater un virage qui permettrait de réduire considérablement les surcharges d’effectifs dans les classes, regrette Jessica Boyer, vice-présidente académique du Snalc. Nous avons encore les classes parmi les plus chargées d’Europe, nous continuons à dégringoler dans les classements Pisa en termes de niveau et au lieu de profiter de cette baisse démographique pour améliorer le taux d’encadrement."

Un taux d’encadrement en trompe-l’œil ?

En déplacement à Lyon il y a quelques jours, le ministre de l’Éducation Edouard Geffray avait assumé la suppression annoncée de 4000 postes d’enseignants au niveau national et promis "un atterrissage en douceur" dans la gestion de cette baisse démographique. "En moyenne, il y aura en 2026, 21 élèves par classe dans le premier degré, a-t-il promis. C’est-à-dire qu’on aura atteint un record dans l’histoire du système éducatif français". En clair, une baisse d’enseignants contrôlée qui permet tout de même d’améliorer le taux d’encadrement. Du moins en élémentaire.

Une réalité contestée par le Snalc qui estime que la moyenne officielle de 21,4 élèves par classe dans l’académie est un leurre : "Le dédoublement des classes dans les zones prioritaires et les très faibles effectifs dans un département comme la Lozère font baisser les moyennes et masquent de très grandes disparités de situations. Le véritable quotidien c’est 28 à 29 par élèves par classe, voire plus, pour la majorité des enseignants." Le tout alors que l’Autonome de Solidarité Laïque (ASL) dénonçait fin 2025 une hausse de 23 % en cinq ans des situations de violences, de diffamation ou de harcèlement d’enseignants et de personnel éducatif.

L’Insee espère un redémarrage des naissances après 2030

La baisse des naissances, et donc des effectifs dans les classes, est-elle partie pour durer ? Dans une étude publiée fin 2024, l’Insee Occitanie tablait sur un "scénario central des projections de population s’appuyant sur l’hypothèse d’un indicateur conjoncturel de fécondité (ICF) stable à 1,7 enfant par femme à partir de 2023 en Occitanie."

"Sous cette hypothèse, le nombre de naissances devrait repartir à la hausse du fait de l’augmentation du nombre de femmes en âge de procréer", précise l’organisme statistique. Ainsi, le nombre d’enfants de 3 à moins de 6 ans pourrait augmenter à compter de 2027 alors que le nombre d’enfants de 6 à moins de 11 ans continuerait de diminuer jusqu’aux alentours de 2030 avant de repartir à la hausse.

L’Insee précise toutefois que si la fécondité se maintenait au niveau bas enregistré en 2023 (1,5 enfant par femme), les effectifs d’enfants en âge d’être scolarisés dans le préélémentaire et dans l’élémentaire ne repartiraient à la hausse qu’après 2035.

Autre syndicat phare, le Snes-Fsu de l’académie s’inquiète d’une "véritable saignée dans les collèges" qui va "offrir un véritable boulevard à l’enseignement privé où la baisse démographique promet d’être quatre fois moins importante".

Création d’observatoires dans les zones rurales

"Il faut amortir les effets de la chute démographique en fermant le moins possible, en limitant le nombre d’élèves par classe et, en même temps, engager une réflexion pour repenser l’offre scolaire sur le territoire", a assuré Édouard Geffray. Dans cette optique, le ministre a annoncé la généralisation sur tout le territoire des observatoires des dynamiques rurales, un dispositif déployé depuis 2023 dans les territoires qui comportent des zones rurales afin d’anticiper l’évolution du maillage éducatif.

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Les commentaires (1)
Anonyme189125 Il y a 7 heures Le 05/02/2026 à 23:05

Et la prof qui s'est faite planter?
Rien depuis deux jours. Sa santé ? ML s'en fiche visiblement.
Plus intéressant pour eux de faire dix articles sur micron top gun, dont on se fiche éperdument.
Un blanc planté ? Sans intérêt, c'est le quotidien des français aujourd'hui. Qui va nous sortir de là?