Procédure d'expropriation : des riverains du boulevard d’Angleterre, à Béziers, entre incompréhension et colère
Touchés par un avis d’expropriation lancé par la mairie de Béziers, des riverains expriment leur désarroi après des années de travaux engagés pour tenter de sécuriser leurs biens.
"Pourquoi ce changement de décision ?, s’étonne Marianne Tarral. L’arrêté de mise en péril de l’immeuble avait été levé et, du jour au lendemain, on nous met dehors." La Biterroise fait partie de propriétaires en passe d'être expropriés. En mars 2024, le conseil municipal de Béziers a en effet validé la procédure d’expropriation pour réserve foncière de onze immeubles situés boulevard d’Angleterre, rue Antoine-Miquel, rue des Tisserands et impasse Saint-Martin. Une enquête préalable à la déclaration d’utilité publique (DUP) a été ouverte.
"Aujourd’hui, je suis trop âgée pour partir, poursuit-elle. J’ai vu mes enfants grandir ici, j’ai tout un tas de souvenirs dans cette maison. Je ne peux pas tout recommencer maintenant. À l’heure actuelle, je ne sais pas si je suis en sécurité ici. Si ce n’est pas le cas, qu’on me l’explique clairement, et j’arrêterai d’y inviter ma famille si cela les met en danger. Mais pour l’instant, personne n’a été capable de me le montrer." Après plusieurs années d’incertitude, les riverains sont abasourdis. Pendant des mois, en effet, certains ont réalisé des travaux de mise en sécurité de leurs biens pour répondre à un arrêté de mise en péril. Pour rappel, l’un des immeubles avait été touché par un effondrement partiel en novembre 2018.
"Un problème d’écoulement des eaux souterraines"
Plusieurs questions les taraudent : comment se fait-il que la mairie de Béziers ait validé la levée du péril alors qu’une procédure d’expropriation allait être engagée ? Pourquoi ne pas prendre en compte la contre-expertise qu'ils ont sollicitée ? Ils jugent également dérisoires les sommes qui leur proposées dans le cadre de l’expropriation et qui ne leur permettraient pas de racheter un bien équivalent...
Des questions auxquelles tente de répondre Sylvain Casubolo, directeur des affaires juridiques de la mairie de Béziers : "Cela fait plusieurs années que nous menons des procédures de péril sur ces immeubles qui présentent des fragilités structurelles, explique-t-il. Il s’avère que, sur un avis d’expert, il y a un problème d’écoulement des eaux souterraines et que, peu importe les travaux qui seront faits, ils ne seront pas pérennes. Ce sont les fondements qui sont à revoir, c’est pour cela que le maire a lancé une procédure d’expropriation de ces immeubles afin de revoir la totalité des fondations afin de protéger la population." L’enquête publique qui doit permettre la consultation des citoyens prendra fin jeudi 23 janvier. Dans ce cadre, les riverains "sont invités à venir rencontrer le commissaire enquêteur pour poser toutes les questions qu’ils souhaitent". La prochaine permanence aura lieu le 23 janvier, de 13 h 30 à 16 h 30. Il est aussi possible d’envoyer un courrier par voie postale ou d’écrire sur les registres d’enquête, en mairie.
Une plainte a été déposée
Représentée par un cabinet d’avocat parisien, Anne-Marie Bonfill, l’une des propriétaires, a déposé une plainte auprès du procureur de la République de Béziers. Les motifs : "tentative d’escroquerie, violation du secret professionnel et recel de cette violation". La plainte vise la mairie de Béziers et Jean Vernette, promoteur immobilier et expert judiciaire.
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