"Finalement, le chaos débouche sur un podium" : Martin Bonnet revient sur son Dakar 2026

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  • Malgré les péripéties, Martin Bonnet et Xavier de Soultrait arrachent la troisième place en catégorie SSV.
    Malgré les péripéties, Martin Bonnet et Xavier de Soultrait arrachent la troisième place en catégorie SSV. LOEB FrayMédia Motorsport - LOEB FrayMédia Motorsport
Publié le , mis à jour

Le copilote mendois Martin Bonnet et son pilote Xavier de Soultrait (Loeb FrayMedia Motorsport-RZR Factory Racing) ont pris la troisième place du Rallye Dakar 2026 en catégorie SSV (Side-by-Side Vehicle). Le Lozérien, vainqueur de l’édition 2024, revient sur ces deux semaines intenses.

Une troisième place, mais un Dakar chaotique…

Non ça a été. On a fait une super première semaine. On a voulu gérer. Ça s’est bien passé. On a même été en tête au début. Puis, la deuxième semaine, on a rencontré quelques petits soucis.

Dont un accident…

Mais il ne nous a coûté que sept minutes.

Que s’est-il passé exactement ?

Sur la 12e étape, on a doublé Bruno Saby, l’une des légendes du Dakar (vainqueur en 1973). Il a 76 ans. On a utilisé le bouton Sentinel (signal sonore envoyé au véhicule de devant pour dépasser en sécurité, NDLR), pour qu’il sache que nous allions le dépasser. On l’a vu se décaler. On pensait que c’était bon. Mais il avait raté un waypoint (point de passage virtuel, NDLR) et faisait demi-tour. Il s’est arrêté au milieu de la trace. On n’a pas eu le temps de freiner. On lui a arraché tout l’arrière de la voiture. Nous, on s’est retrouvés sur les portes. On s’est rendu compte que notre SSV n’avait rien.

Et pour repartir ?

Un concurrent que l’on connaît bien s’est arrêté. On a sorti les sangles pour se remettre sur les quatre roues et on est repartis.

Avant cela, vous avez également eu un souci mécanique improbable…

Effectivement. C’était la veille de la journée de repos (sixième étape). On a eu énormément de chance. Je vous raconte. Xavier (de Soultrait, son pilote) a été incroyable. Il a vraiment quelque chose dans les dunes. Il a fait beaucoup de moto. Il les connaît par cœur. Il choisissait toujours la bonne option, montait la bonne dune et sautait là où il fallait. On n’a jamais été piégés par une dune cassée.

"On avait cassé le moteur"

Ça s’est très bien passé. On a gagné cette étape. Ce qui n’a pas trop été su, mais après le point presse avec L’Équipe TV à la sortie de la spéciale, la voiture n’a jamais redémarré. On avait cassé le moteur.

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Et ce n’était pas la fin des soucis…

Il nous restait 200 km de liaison pour rejoindre Riyad. Avec notre coéquipier, on a sanglé et tiré le véhicule pendant ces 200 km pour arriver au bivouac. Imaginez-vous à Riyad, en pleine ville, en train de tracter la voiture…

Qu’est-ce qui se serait passé si vous n’aviez pas rejoint le bivouac ?

Si nous n’étions pas dans les temps, nous aurions pu prendre une pénalité. En plus, si c’était arrivé la veille au soir, soit on abandonnait, soit on changeait le moteur et on prenait vingt heures de pénalité. Et si on avait cassé au milieu de la spéciale, c’était fini. Après ce coup de chance, avec Xavier, on s’est dit : "Maintenant ce n’est que du bonus."

Puis encore un problème mécanique…

Donc on arrive à repartir. Puis, on a eu un souci pendant deux jours. C’est à ce moment-là que l’on a perdu le plus de temps sur ce Dakar. Une heure. C’est un peu technique, mais notre SSV n’était plus en quatre roues motrices, mais en propulsion. On s’est ensablés plusieurs fois. Très compliqué. Les mécanos ne sont pas immédiatement parvenus à identifier le problème, qui était peut-être une conséquence du changement de moteur. Le deuxième jour, on est partis derniers. On a bien doublé une soixantaine de personnes, et c’est dans ces conditions qu’on a eu l’accident avec Bruno Saby…

Puis vous finissez quand même troisième de ce Dakar 2026…

À la fin du rallye, on était un peu loin au classement. On a décidé de rester sur la même lancée et de pousser un peu plus pour essayer de remonter sur le podium. Brock Heger, notre coéquipier, était en tête. On s’est retrouvés troisièmes. Et les deux derniers jours, on savait qu’on n’arriverait pas à prendre la deuxième place. Il y avait vingt, vingt-cinq minutes d’écart. À la régulière, ce n’était pas possible. On a protégé nos places. On s’est arrêtés en spécial. On a laissé passer Brock pour garantir la victoire de l’équipe.

On peut le dire, cette édition a tout de même été chaotique…

Finalement, le chaos débouche sur un podium. Avec toutes ces péripéties, on peut dire que ça a été un super Dakar.

Et pour 2027 ?

On verra quelles propositions et opportunités se présenteront. Notre objectif, avec Xavier, ce serait de passer en catégorie auto.

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