Grippe et bronchiolite : "vaccination, gestes barrières… Il faut se protéger"… L’Occitanie est entrée en phase épidémique

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    Il est encore temps de se faire vacciner, insistent les autorités sanitaires. Midi Libre - MiKAEL ANISSET
Publié le , mis à jour

La directrice de la Santé publique de l’ARS Occitanie fait le point sur les virus respiratoires aigus, après que l’Occitanie soit rentrée en phase épidémique pour la grippe et la bronchiolite.

Catherine Choma, directrice de la Santé publique de l’Agence de santé régionale (ARS).
Catherine Choma, directrice de la Santé publique de l’Agence de santé régionale (ARS). DR

L’Occitanie est officiellement rentrée en phase épidémique de grippe. Quelle est précisément la situation ?

Le nombre de cas de grippe augmente, et notamment les cas de grippe sévère nécessitant une hospitalisation. Précisément, 56 patients, sur les 322 venus aux urgences – un chiffre aussi en forte hausse –, ont dû être pris en charge en Occitanie la première semaine de décembre. On est passé à 128 hospitalisations sur 624 passages aux urgences la semaine suivante. Dans les cabinets médicaux aussi, il a été constaté une forte accélération. C’est ce qui a conduit l’ARS à déclarer la situation épidémique et cette situation ne peut que s’amplifier. C’est le processus classique de la grippe qui débute avec la période hivernale, mais cette franche augmentation des cas survient plus tôt cette année et cela touche toute la région et toutes tranches d’âge. La vigilance est donc de rigueur.

L’épidémie avait été très virulente l’année dernière, avec 375 décès directs ou indirects attribués à la grippe ? Est-ce qu’on peut redouter une grippe aussi violente cette année ?

L’analyse de ces 375 décès avait montré que 94 % de ces victimes, directes ou indirectes de la grippe, avaient plus de 65 ans. C’est-à-dire des personnes à risque de développer des grippes graves. C’est pour éviter un tel bilan que nous avons rappelé, par une campagne de communication, l’importance de la vaccination et des gestes barrières. D’autant qu’il est difficile, par avance, de connaître la virulence d’une épidémie. D’une année sur l’autre, les souches de la grippe mutent et peuvent même muter pendant la saison. L’année dernière, on avait à la fois une grippe A et une grippe B Victoria qui avaient circulé. Au sein de la souche A, il y avait du H1N1 et du H3N2 ; cette année, on a plutôt du A H3N2 qui circule majoritairement. On peut donc s’attendre à une grippe assez corsée, ce que traduit d’ailleurs le nombre plus important d’hospitalisation par rapport à la même date l’an passé. On sait par ailleurs qu’on a, dans d’autres hémisphères, des grippes costaudes. D’où ces appels répétés à la vaccination.

La première semaine de décembre, la bronchiolite chez les moins de 1 an a entraîné 177 passages dans les services d’urgence de la région, dont 62 ont nécessité une hospitalisation.

Les infections respiratoires en chiffres.
Les infections respiratoires en chiffres. S.W.

Ont-ils été entendus, surtout après la super-grippe de l’hiver dernier ?

Les premiers indicateurs semblent indiquer une meilleure adhésion à la vaccination contre la grippe. Au 30 novembre, plus de 980 000 doses ont déjà été distribuées par les pharmacies de la région, soit 17,4 % de plus que l’an dernier à la même période. Cependant, ce n’est jamais assez et l’épidémie de grippe durant généralement dix à douze semaines, il est encore temps en cette troisième semaine épidémique, de se faire vacciner puisque la protection devient optimale en dix à quinze jours. Je rappelle que la vaccination n’empêche pas d’attraper la maladie, mais elle protège des formes graves, des cas qui peuvent aller jusqu’au décès pour les personnes souffrant déjà de problèmes respiratoires. Et puis, il y a un double, voire triple effet. Cela protège aussi les autres, mais aussi notre service hospitalier. Les stocks de vaccins sont suffisants pour couvrir les besoins, la vaccination peut être réalisée par un médecin, une sage-femme, un pharmacien ou un infirmier au plus près de chez vous, il ne faut donc pas hésiter.

Cette épidémie de grippe s’accompagne-t-elle d’un retour du Covid-19 ?

On a eu des petits signes de reprise en fin d’été et en septembre. Depuis, le Covid circulait plutôt à des niveaux bas et cela restait assez stable. En revanche, depuis la semaine dernière, on constate une petite augmentation dans les eaux usées. Nous avons aussi des signalements de cas groupés, dans des établissements médico-sociaux, notamment dans les Ehpad. Autant d’indicateurs qui nous font dire que cela circule.

Faut-il encore se méfier du Covid-19 ou est-ce devenu un simple virus passager ?

Certaines personnes à risque décèdent encore du Covid. Les plus jeunes peuvent aussi développer des Covid longs. Il est donc toujours recommandé d’être vigilant face au Covid et de se faire vacciner.

Au 30 novembre, plus de 980 000 doses ont déjà été distribuées par les pharmacies de la région, soit 17,4 % de plus que l’an dernier à la même période. Cependant, ce n’est jamais assez.

Les patients ont-ils encore le réflexe du dépistage ? Est-ce pour les autorités sanitaires plus difficile d’évaluer la circulation du Covid ?

Effectivement, nous n’avons plus le même dispositif. Auparavant, il fallait se tester, s’isoler… Ces gestes-là ne sont plus obligatoires et, c’est vrai, les personnes n’ont plus le réflexe, malgré les symptômes, se réaliser des tests. Ils restent pourtant disponibles en pharmacie, y compris des double tests grippe-Covid. En tout cas, c’est important de garder les bons réflexes dès qu’on présente des symptômes comme la toux et la fièvre : s’isoler si l’on peut, porter un masque, se laver souvent les mains, aérer notre logement… Et surtout éviter de contaminer les personnes les plus à risque, d’autant plus dans la perspective des fêtes de fin d’année qui arrivent.

A-t-on gardé quelques réflexes du Covid-19, notamment le port du masque ?

Pas du tout. J’ai effectué cette semaine un trajet en train entre Montpellier et Toulouse et j’étais l’une des rares à porter le masque. Il est pourtant recommandé de garder les gestes barrières, préventifs, dans les lieux clos, notamment les transports en commun ou les salles de réunion. Certains établissements, notamment les Ehpad, ont d’ailleurs rendu le port du masque est obligatoire.

Des Ehpad aux maternités… On est aussi rentré en phase épidémique de bronchiolite ?

Depuis deux semaines. La première semaine de décembre, la bronchiolite chez les moins de 1 an a entraîné 177 passages dans les services d’urgence de la région, dont 62 ont nécessité une hospitalisation. Il y en a eu 78 la semaine suivante. C’est un virus qui se transmet facilement par la salive, la toux, les éternuements, les mains et les objets contaminés. C’est un virus très contagieux pour les enfants de moins de 2 ans, en particulier les nourrissons. La maladie guérit le plus souvent spontanément, mais elle peut parfois engendrer une hospitalisation. Comme pour la grippe, il existe désormais des traitements préventifs, soit un vaccin administré à la femme enceinte qui va protéger le nourrisson pendant 6 mois ; soit des anticorps – qui ne sont pas un vaccin – donné directement à la maternité pour les enfants qui naissent actuellement ou chez le pédiatre, sur rendez-vous, pour ceux nés depuis février.

À lire aussi : Grippe : l’épidémie est en avance et le nouveau variant K progresse, faut-il s’inquiéter ?

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Quels sont les bons réflexes pour les parents en cas d’apparition de symptômes ?

Il faut appeler son médecin traitant pour évaluer la conduite à tenir. En cas de forte fièvre le soir, il est possible d’appeler le 15 afin de prendre l’avis d’un médecin régulateur.

Grippe, Covid, bronchiolite… L’ARS Occitanie redoute-t-elle une saturation des services d’urgence ?

On rentre en période de vacances, avec des cabinets médicaux qui vont fermer et des services hospitaliers où les personnels soignants vont prendre des vacances. C’est justement pour éviter cette saturation que nous faisons des appels à la vaccination, à la protection et aux gestes barrières.

 

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Les commentaires (8)
JIMY Il y a 1 mois Le 20/12/2025 à 13:27

Une épidémie ? Vite consultant la ministre de l'agriculture qui va nous indiquer comment elle gère les transmission du virus !

MretMmeleslecteursduwebmidilibre Il y a 1 mois Le 20/12/2025 à 10:05

Ressortez vos....

PEILLES À GUOLLEIS

Racine Il y a 1 mois Le 20/12/2025 à 09:50

Vite la muselière !
Vite la prison à domicile !
Vite dans les veines la soupe ARN !
Ayez peur moutons.

Elena Il y a 1 mois Le 20/12/2025 à 10:32

Le vaccin s'injecte dans un muscle et absolument pas dans les veines.

GWADA Il y a 1 mois Le 20/12/2025 à 10:58

Vu son commentaire vous perdez votre temps à essayer de l'érudir ..... il ne comprend pas les mots qu'il utilise , il les a lu sur un blog style «  Marie-Claire » pour les complotistes

PurHexagonal Il y a 1 mois Le 20/12/2025 à 13:43

à GWADA:
Bien vu votre commentaire , plein d'humour.
@RACINE nous prouve qu'il faut de tout pour faire un monde.
Cordialement vôtre.