"Il n’y a pas de petit diabète" : le Pr Ariane Sultan rappelle les premières étapes de la prise en charge

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  • Mesure de la glycémie lors d’un dépistage du diabète.
    Mesure de la glycémie lors d’un dépistage du diabète. Midi Libre - FABRICE ANDRES
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À quelques jours de la journée mondiale du diabète, le 14 novembre, la cheffe du service nutrition-diabète du CHU de Montpellier se mobilise pour l’accompagnement des personnes dès l’annonce de la maladie.

Le Pr Ariane Sultan est cheffe de service nutrition diabète au CHU de Montpellier. Elle porte un projet pilote innovant d’accompagnement des patients nouvellement diagnostiqués pour un diabète de type 2 à Montpellier.

Ariane Sultan est cheffe de service Nutrition Diabète au CHU Lapeyronie à Montpellier.
Ariane Sultan est cheffe de service Nutrition Diabète au CHU Lapeyronie à Montpellier. Midi Libre - MICHAEL ESDOURRUBAILH

À l’heure où on parle de diabète de type 3, 4 et même 5, votre quotidien reste la prise en charge des diabétiques de type 2.

Le diabète de type 5 touche des enfants qui ont des petits poids de naissance, ou ont été sous-nourris pendant grossesse, notamment en lien avec des difficultés d’alimentation chez la maman. C’est une pathologie qu’on commence à étudier. Le diabète de type 4, qui n’est pas officiellement reconnu, est le développement d’une insulino-résistance chez des sujets âgés qui ne sont ni en surpoids, ni en obésité. Le diabète de type 3 est marqué par une insulino-résistance très importante chez des sujets en situation d’obésité.

Dans tous ces types de diabète, les personnes ont des trajectoires différentes en termes de risques et de complications. Ce qu’il faut retenir, c’est qu’on est en train de mieux caractériser les phénotypes de diabètes en fonction du poids des sujets, d’une résistance à l’insuline ou d’une carence en insuline, de l’âge.

Mais mon quotidien, c’est la prise en charge des personnes atteintes d’un diabète de type 2, effectivement.

Avec une approche pilote innovante en projet à Montpellier…

On a monté un projet en collaboration avec les trois CPTS, les communautés professionnelles territoriales de santé qui maillent le territoire montpellierain. Coordiab, c’est le nom du projet, a pour idée est d’aller vers les personnes qui ont un diabète et de "délocaliser" l’éducation thérapeutique dans des sites de proximité, au plus près du domicile des personnes.

C’est un projet national pilote, soutenu par la CPAM et l’ARS, la mairie de Montpellier, les associations de patients, qui doit démarrer est début d’année prochaine, le temps de trouver des locaux, une organisation.

On va cibler les personnes avec un diabète de type 2 nouvellement diagnostiquées.

Quel sera leur parcours ?

Une fois le diagnostic posé, avec leur accord, elles seront intégrées dans le dispositif afin de bénéficier de toute l’éducation nécessaire, que les médecins de ville n’ont pas le temps de faire. Ce sont pourtant eux qui suivent 80 % des patients. Il faut expliquer aux patients ce qu’est la maladie, comment se surveiller, comment manger, bouger… c’est le prérequis dans cette maladie chronique. Si ce n’est pas fait, on se retrouver avec des catastrophes. Les gens ne savent pas comment faire, ils se rassurent en se disant qu’ils ont un "petit diabète", comme si ça existait ! Si on ne met pas en place des changements, on s’expose à un risque de complications chroniques liées à l’hyperglycémie. L’éducation thérapeutique est essentielle lors du diagnostic pour être autonome et apprendre à gérer la maladie.

Là, ils vont pouvoir être accompagnés par une infirmière, une diététicienne, un ou une éducateur (trice) en activité physique adaptée, voire un(e) psychologue si besoin. On travaille aussi avec les étudiants en dentaire.

Tout comprendre sur le diabète.
Tout comprendre sur le diabète. Midi Libre - SOPHIE WAUQUIER

"L’alimentation est le premier traitement du diabète de type 2"

Il n’y a pas de "petit diabète" ?

Non, ça ne veut rien dire. On a un diabète ou on n’en a pas. C’est oui ou non, c’est binaire. Et la deuxième question, également binaire, c’est est-ce qu’il est équilibré ou non.

Quels sont les messages essentiels à faire passer ?

L’alimentation est le premier traitement du diabète de type 2, c’est le socle de la prise en charge, et c’est l’alimentation qu’on doit tous avoir si on veut rester en bonne santé. On ne "crève" pas de faim, et ce n’est ni une alimentation où on ne mange que des haricots verts, ni une alimentation où on ne mange jamais de gâteau. Le changement doit être progressif et faisable, sinon, ça ne marchera jamais.

C’est essentiel, comme l’activité physique. Sur l’activité physique, on est en train de monter un partenariat avec les maisons Sport Santé et l’association Ma vie.

Ce sont ce qu’on appelle aujourd’hui des interventions non médicamenteuses qui doivent être prescrites avant le médicament, sauf évidemment si le diabète est à 5 grammes… Sur des diabètes avec un taux de sucre modérément élevé, la priorité est une alimentation et une activité physique adaptée. Ensuite, on voit s’il faut des médicaments. Le problème aujourd’hui, c’est que comme personne n’a le temps d’expliquer l’alimentation et l’activité physique, on met des médicaments d’emblée. Ce ne sont pas les recommandations. Sauf si la personne est à risques d’infarctus par exemple, car nous avons désormais la possibilité de prescrire des médicaments protecteurs d’organes.

Je reviens au cas d’une personne à risque d’infarctus : si un malade a un gramme de sucre, on va lui prescrire ce traitement qui a pour vocation première de protéger le coeur.

C’est nouveau ?

Oui. Ce sont des traitements du diabète qui ont un double effet, ils ont par ailleurs été évalués pour la protection du coeur, ou des reins. Les dernières évaluations montrent cet effet de protection des organes, indépendamment de l’équilibre du diabète.

C’est une énorme avancée. Les résultats sont indiscutables.

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Les commentaires (1)
Merrah4 Il y a 2 mois Le 09/11/2025 à 15:37

Ciscon le Zzzzgeggg ne comprend pas, qui ne comprend rien, mais vous explique toujours tout, va vous expliquer que Monsieur le Professeur à l'hôpital s'improvise ""Sultan""