JO d’hiver Milan 2026 : "Je ne suis pas là pour faire de la figuration" : la Catalane Cécile Hernandez désignée porte-drapeaux aux Jeux Paralympiques
C’est officiel : la catalane Cécile Hernandez sera porte-drapeaux de la délégation tricolore aux Jeux paralympiques de Milan-Cortina. Le 6 mars prochain, la quadruple championne du monde, Cécile Hernandez, participera à ses quatrièmes Jeux. La championne aux treize globes de cristal et quatre médailles paralympiques est prête à en découdre, après une année 2025 contrastée.
"Je vais mieux. C’est ma phrase de début d’année. Je n’ai pas arrêté de me répéter ce mantra que ma maman me disait toujours, "quand la santé va, tout va"", confie sourire aux lèvres l’athlète française Cécile Hernandez.
La snowboardeuse a en effet dû composer avec une blessure, qui a entravé sa préparation pour les Jeux : "Je me suis demandé si j’allais continuer ou pas ma carrière. Parce que forcément, les blessures physiques liées au snowboard ont impacté mon intégrité physique par rapport à ma sclérose en plaques. Je n’ai pas honte de le dire, je n’allais pas bien." L’impact a été aussi bien physique que psychologique. La snowboardeuse confie avoir perdu six kilos qu’elle expose comme "un vrai sujet à deux mois des Jeux".
Une année 2025 compliquée physiquement et mentalement
Freinée dans ses entraînements, Cécile Hernandez parle sans détour de sa santé mentale : "On a fait rentrer un psychologue du sport dans ma préparation parce que j’en avais besoin. Et puis, fin d’année, les premières Coupes du Monde de la saison ont été catastrophiques. Je suis à une seconde de la gagne. Ça m’a replongée un peu dans le down mentalement. On a beau dire ce qu’on veut, à deux mois des Jeux, je ne me sens pas prête."
Dans sa préparation, la Française a donc fait le choix de retourner chez elle, aux Angles, station dont elle est ambassadrice. Un moyen pour elle de se ressourcer et de retrouver le goût de l’effort.
"J’ai retrouvé ce que je voulais retrouver : le plaisir, la passion que j’avais perdue depuis un moment. Et je suis repartie, en sachant ce pourquoi je faisais du snowboard, ce pourquoi j’avais envie d’aller aux Jeux, et ce pourquoi j’avais présenté ma candidature pour être porte-drapeau. J’ai trouvé mon petit feu qui me nourrit, qui me caractérise, et que j’avais perdu. Aujourd’hui, je suis déterminée comme jamais."
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— francetvsport (@francetvsport) January 25, 2026
Notre invitée Cécile Hernandez, championne paralympique, revient pour nous sur sa volonté de devenir porte-drapeau \ud83c\uddeb\ud83c\uddf7
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Les Jeux dans le viseur
La skieuse des Angles, garde l’objectif de confirmer son titre et d’aller chercher de nouvelles médailles. "Je ne veux pas regretter et me dire : Tu aurais dû t’arrêter à Pékin et ne pas repousser quatre ans de plus parce que tu aurais fini ta carrière sur un titre de championne du monde, sur un Globe de Cristal et sur une médaille aux Jeux. Si je suis au départ d’une course, je ne suis pas là pour faire de la figuration."
Ces Jeux auront également une saveur particulière pour Cécile Hernandez, qui est la seule femme en lice pour être le porte-drapeau de la délégation française aux Paralympiques. La Pyrénéenne, souhaite "incarner la possibilité de faire des choses brillantes".
Après l’importante médiatisation qu’ont apportée les Jeux de Paris sur le handicap, la snowboardeuse veut continuer à prolonger cet héritage : "Je pense aussi à demain, avec un éventuel processus de recrutement, pour aller chercher des athlètes avec des handicaps. Moi, je me suis mise des barrières toute seule, parce que je pensais que, comme mon corps était entier, je n’étais pas recevable dans le monde du handisport. Bien au contraire. On nous juge déjà assez dans la société civile, dans le monde du sport, alors plus on sera nombreux, moins on nous jugera."
L’Occitane résume : "Mon papa, m’a dit : "Moi, je veux que tu brilles sur la neige et pas parce que tu es juste un porte-drapeau." Et j’ai répondu : "Papa, je ferai les deux.""
La sclérose en plaques, un combat quotidien
Diagnostiquée il y a 23 ans, la championne paralympique doit concourir avec une sclérose en plaques. Son évolution, le plus souvent par des poussées, dicte son mode de vie.
"Comment je le vis au quotidien ? Je le vis en fonction de mon ressenti sur le snowboard, au jour le jour. Je sais qu’elle progresse parce que je le sens quand je vois ma jambe avant qui n’est pratiquement pas musclée. Mais je pense que je suis déjà très chanceuse d’être dans cet état. De toute façon, je la vis le mieux possible parce que, c’est cette sclérose en plaques qui a fait de moi l’athlète que je suis devenue. Finalement, elle a été une opportunité de vie complètement incroyable. C’est une renaissance."
Un engagement sur tous les terrains. En dehors des pistes, Cécile Hernandez lutte pour changer le regard sur le handicap et est engagée en faveur de l’équité hommes, femmes. "J’ai une société qui développe pas mal de conférences sur le handicap. Je suis également très investie sur la communication et la sensibilisation sur le handicap invisible, pour tenter de faire évoluer le regard. Et à côté de ça, je suis beaucoup dans la transmission. J’essaie d’aller dire aux femmes, quel que soit leur âge, qu’il faut tenter, il faut oser, il faut venir découvrir le sport. C’est un élément central dans la vie, et j’ai envie de dire encore plus quand on est handicapé, parce que ça sociabilise, ça aide à reprendre confiance en soi, ça aide à se réconcilier avec son corps. À côté de ça, je suis végétarienne, je ne mange pas de gluten, je ne mange pas de sucre", dit-elle en plaisantant.
L’après-Jeux
À 51 ans, la suite semble prometteuse pour Cécile Hernandez. "J’ai plein d’envie. Je veux m’impliquer dans la promotion des para-sports d’hiver sur les Alpes françaises 2030. J’aimerais bien être manageuse d’un club de sport féminin aussi. Et à côté de ça, je suis en train de développer des projets d’habitats inclusifs pour les personnes handicapées. Puis, les gens pensent que je vais potentiellement faire les Jeux d’été après Milan-Cortina. Je ne ferme pas la porte non plus puisque j’ai eu des propositions. Mais pour l’instant, je pense à ce qui va se passer dans 58 jours. Dans 58 jours, je serai au départ de ma course."


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