"Jusqu’à 2 millions d’euros de chiffre d’affaires" : un trafic de drogue très lucratif démantelé en Aveyron
La cocaïne, le cannabis et la kétamine saisis ces derniers jours dans deux appartements de Rodez représentent un montant de près de 150 000 €.
Depuis un an et demi, ce trafic a généré entre 1,5 et 2 millions d’euros de chiffre d’affaires. "Le vrai trafic, on ne le voit pas, mais il est là aujourd’hui. Là, on est sur une saisie record. On a frappé un coup sur l’un des réseaux les plus importants du département".
La satisfaction est de mise du côté des policiers ruthénois et de leur commissaire, Philippe Dussaix, à l’heure de dévoiler la saisie effectuée par les équipes ces derniers jours. Depuis neuf mois, les investigations étaient en cours autour de ce réseau ruthénois. "Une affaire typique de l’Aveyron, où il n’y a quasiment pas de point de deal de cité", analyse Philippe Dussaix.
C’est sur les réseaux sociaux que l’enquête démarre : un travail d’investigation, de surveillance, d’analyse… "On a attendu le bon moment", explique le directeur départemental de la police nationale.
1,5 kg de cocaïne, 6,9 de cannabis, de la kétamine et deux pistolets 9 mm
En l’occurrence, ce "bon moment", c’était vendredi 16 janvier, en milieu d’après-midi. "Le dossier était mûr", poursuit-il. Un acheteur est attrapé, il se met à table rapidement et permet, par les informations qu’il donne, l’interpellation de quatre personnes, dont trois seront présentées à la justice jeudi.
Des personnes connues pour graviter dans le milieu des stupéfiants mais dans aucun trafic de cette ampleur. Les perquisitions, menées dans deux appartements de Rodez, permettent aux policiers de mettre la main sur une quantité impressionnante de stupéfiants : 1,5 kg de cocaïne, 3,9 kg de résine de cannabis, 3 kg d’herbe de cannabis, 1,4 kg de kétamine, 6 165 euros en liquide… mais aussi deux pistolets de calibre 9 mm et 16 balles, des balances, des téléphones portables.
Un chiffre d’affaires de 1,5 à 2 millions d’euros
Un "gros trafic" selon le chef des policiers aveyronnais. "Cela se passait à bas bruit, mais à haut niveau". Chaque mois, les dealers écoulaient 1 kg de cocaïne, 2 kg de résine et 1 kg d’herbe de cannabis. Pour un chiffre d’affaires de 1,5 à 2 millions d’euros, et ce depuis 18 mois selon les confessions faites, durant leurs auditions, par les dealers aux policiers.
Pour les transactions, des points de rendez-vous étaient convenus ou des livreurs étaient mandatés. "Les investigations mettent en lumière des acheteurs de tous milieux. Les quantités vendues traduisent le nombre de consommateurs dans l’Aveyron, qui est conséquent. Il faut que les gens qui consomment sachent qu’on va leur tomber dessus et qu’ils vont en subir toutes les conséquences", promet Philippe Dussaix.
"Le trafic, il est là. Avec des gens qui sont armés"
"On va poursuivre ce genre de trafics, mais aussi les gens qui consomment. Nous sommes en ordre de bataille pour ce genre d’affaires. La narcoruralité, elle existe bel et bien. Le trafic, il est là. Avec des gens qui sont armés, ce qui démontre un certain niveau de trafic. C’étaient des gens déterminés".
Les perquisitions ont permis aux enquêteurs de mettre la main sur des autocollants, destinés à décorer les pochons ou pains de cannabis. On peut y lire "CaliVeyron", habile mariage du département et de la ville colombienne de Cali, réputée pour ses trafics.
Des centaines de cartes Pokémon saisies
Plusieurs centaines de cartes Pokémon ont également été retrouvées chez l’un des vendeurs, une manière vraisemblablement de blanchir l’argent généré par le trafic, là où d’autres trafiquants ouvrent des petits commerces.
Entre 2024 et 2025, la police a démantelé 30 % de trafics de stupéfiants en plus. Le nombre de procédures pour conduite sous stupéfiants a lui bondi de 86 %. Il s’agit de la quatrième affaire de trafic de stupéfiants mise à mal depuis le début de l’année 2026 par les policiers aveyronnais.