Municipales 2026 à Nant dans l’Aveyron : un candidat tête de liste évincé après un soutien qui dérange
Jean-Pierre Charalambos, désigné tête de liste pour la mairie de Nant, s’est vu évincer par ses colistiers, en raison du soutien d’un candidat… à Port-de-Bouc, dans les Bouches-du-Rhône. Explications.
Il ne suffit pas d’être dans une grande ville pour que les élections municipales créent de vives tensions dans une commune. À Nant, dans les gorges de la Dourbie, la liste "Nant pour tous" semblait avoir trouvé sa tête de liste en la personne de Jean-Pierre Charalambos. Figure incontournable dans le village, il était dans l’équipe de Richard Fiol – l’actuel maire plutôt à gauche qui ne se représente pas — depuis 2020. Pendant ce mandat, il n’a jamais mâché ses mots, même lorsqu’il fallait prendre des positions opposées à celle du maire, notamment dans l’histoire du chemin de Casic qui a fait le débat.
Jeudi 29 janvier, les colistiers se sont réunis et par un vote interne, Jean-Pierre Charalambos a été désigné comme tête de liste. Il a obtenu neuf voix et Antoine Fabry deux. Ce dernier, membre du parti socialiste s’est installé au printemps dernier à Nant.
"On est tombé des nues lorsqu’on l’a appris"
C’est lui qui a débusqué un tract arrivé tout droit de Port-de-Bouc (Bouches-du-Rhône), où Jean-Pierre Charalambos témoigne son soutien à Pascal Spanu, candidat à la mairie, soutenu par le RPR (fondé par Franck Allisio, député RN) dès le mois d’octobre et par le Rassemblement national depuis la fin du mois de janvier. "Une personne qui travaille à la mairie de Port-de-Bouc et qui est élue à Arles nous a alertés", précisent les membres de la liste "Nant pour tous".
Un soutien de trop, qui lui a valu d’être évincé de la liste après une réunion tenue dimanche 1er février. "Un tribunal contre moi", dénonce Jean-Pierre Charalambos. "Quand on l’a appris, on est tombé des nues, expliquent Antoine Fabry et Alain Mondeteguy au nom de "Nant pour tous". Une fois que tous les membres du collectif ont été au courant, on a pris la décision de rencontrer Jean-Pierre, pour entendre sa version. On a considéré que la tromperie était assez grave." De ce fait, il a été exclu de la liste. "Ça a duré un quart d’heure, j’ai à peine pu prendre la parole, décrit le tête de liste déchu. En vingt minutes j’ai été exécuté alors que je suis un anti RN depuis toujours."
Attaché à Port-de-Bouc, Jean-Pierre Charalambos y a été élu dans les années 1990. "J’y ai encore des amis, de la famille, je me suis retiré après ma retraite, décrit-il. J’ai des amies, élues communistes qui ont été victimes de harcèlement sexuel, de misogynie d’agressions… Et Spanu m’a dit partir contre ce système… Je n’ai jamais senti chez lui la moindre philosophie du RN. J’ai peut-être été imprudent et commis une erreur de naïveté." "On sait que Jean-Pierre ne partage pas les idées de cette personne et cela a surpris tous les gens qui le connaissent, reprennent les membres de la liste. On a eu des réactions d’étonnement et de déni."
La tête de liste pas encore désignée
Son éviction de la liste a causé quelques remous dans le village. Si la candidature de Magali Coulet – élue d’opposition sortante — est dans les tuyaux, elle n’a pas encore été annoncée officiellement.
Pour l’heure, seule "Nant pour tous" est candidate pour prendre la suite de Richard Fiol, mais sans tête de liste, bien que Jean-Pierre Charalambos ait été présenté lors d’une réunion publique vendredi dernier.
"On va le décider lors d’une réunion à venir, mais ce sera un homme ou une femme qui portera une vision pour le village et qui la mettra en application pendant le mandat." Est-ce que cela peut pousser Jean-Pierre Charalambos à monter une liste en parallèle ? Nul le sait encore. L’heure est à la déconnexion pendant quelques jours pour digérer cette éviction.
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