Municipales 2026 : "Le RN cherche à faire basculer la CCBTA"… les maires des villages de la Terre d’Argence s’inquiètent pour la communauté de communes
Jusqu’ici, les villages de la communauté de communes avaient fait le choix de mettre le maire de Bellegarde, Juan Martinez, à la tête de la CCBTA. Et ce malgré les velléités du maire RN de Beaucaire.
Et si la CCBTA était la première communauté de communes du Gard à basculer à l’extrême droite ? À trois mois des municipales, les maires des communes de Bellegarde (7 929 habitants en 2022), Jonquières-Saint-Vincent (3 886), Fourques (2 700) et Vallabrègues (1 376) mesurent avec gravité l’échéance des élections municipales 2 026. Jusqu’ici, la communauté de communes de Beaucaire Terre d’Argence a toujours tenu bon et résisté face à la poussée du RN. Et ce, alors que le parti à la flamme a déjà fait main basse sur la ville de Beaucaire (15 695 habitants). Mais l’équilibre est très fragile.
Sur l’ensemble des 34 sièges de la CCBTA, la majorité qui a élu le maire de Bellegarde Juan Martinez comme président en 2020 est de 18 sièges. L’opposition, qui a donné ses voix au maire RN de Beaucaire Julien Sanchez (1), en compte 16. Qu’en sera-t-il en 2026, sachant que chaque ville apporte son lot de conseillers communautaires en fonction de sa taille et que des sièges peuvent être obtenus par l’opposition ?
"Ça fait déjà deux fois qu’on me dit que je vais être battu, remarque Juan Martinez. En 2014 (année où Julien Sanchez a été élu pour la première fois maire de Beaucaire) et en 2020. Mais je suis toujours là, et on va se battre ! L’enjeu est un enjeu de territoire !"
À Vallabrègues, plus petite commune de la CCBTA, on ne dit pas autre chose : "Pour nous, la communauté de communes est absolument vitale. La solidarité communautaire permet, par exemple, de mettre en place des politiques de protection contre les risques d’inondations (PPRI)", explique le maire Jean-Marie Gilles, candidat déclaré à sa propre succession. Qui ajoute qu’il y a, entre les élus des villages de la CCBTA, une histoire et une amitié commune (2).
"Aux municipales, les gens votent pour des représentants qui habitent leur village, pas quelqu’un qui arrive de la planète Mars !"
À Jonquières Saint-Vincent, Jean-Marie Fournier est maire, comme Jean-Marie Gilles et Juan Martinez, depuis 2008 et sera candidat à un quatrième mandat. Mais ce coup-ci, le RN a mis face à lui un adversaire présenté en grande pompe par les instances gardoises du parti : Yvenn Le Coz. Installé à Jonquières depuis seulement quelques mois, originaire de région parisienne, celui qui est attaché parlementaire de Yoann Gillet (comme le fut le maire de Beaucaire Nelson Chaudon avant lui) fait figure de parachuté à Jonquières. Ce qui n’étonne pas Jean-Marie Fournier : "Le RN cherche à faire basculer la CCBTA. C’est pour ça qu’ils montent des listes. Je n’ai rien contre ce jeune homme, mais il vient d’arriver à Jonquières et il veut déjà tout refaire !"
Juan Martinez tempère : "Aux municipales, les gens votent pour des représentants qui habitent leur village, qu’ils identifient. C’est plus favorable que quelqu’un qui arrive de la planète Mars pour porter le logo d’un parti ! Et puis les gens peuvent juger sur le bilan en termes d’équipements, d’aménagements durables, avec une taxe foncière intercommunale qui n’existe pas chez nous !"
Jean-Marie Fournier, dont la liste est apolitique, en est convaincu : il faut éviter à tout prix d’élire des conseillers communautaires RN. "Si la CCBTA bascule au RN, les villages n’auront que des miettes. Et on connaît leur programme pour les six prochaines années s’ils étaient élus. Ils nous accuseraient de tous les maux et ils ne feraient rien, comme quand ils ont été élus en 2014 à Beaucaire"
À Beaucaire, justement, le nouveau maire qui devrait être candidat en 2026, Nelson Chaudon, n’a pas répondu à nos appels. Mais tout porte à croire qu’il voudra réussir là où Julien Sanchez avait échoué. Réponse en 2026.