"L’existence de l’audiovisuel public est décisive pour notre pays"

  • Laurence Bloch.
    Laurence Bloch. A. di Crollalanza
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La librairie Un Point Un Trait de Lodève reçoit Laurence Bloch pour son livre Radioactive (Ed. Stock), vendredi 6 février à 18 h 30. Femme de conviction, l’ancienne patronne de France Inter raconte ses itinéraires personnels et professionnels, en pleine enquête sur l’audiovisuel public.

Pouvez-vous nous parler ce "Radioactive" ?

Oui, je suis déjà bien contente de partir à la rencontre des lecteurs et des auditeurs et de me poser un peu. Le livre revient sur mon itinéraire à Radio France, 50 ans au cours desquels j’ai appris tous les jours. Et comme mon parcours est indissociable de ma vie personnelle, j’y raconte aussi certains moments de mon enfance en Auvergne, de mes origines.

Pourquoi écrire ce livre ?

Je me suis posé la question. Au fond, ce qui est extrêmement important c’est d’être reconnaissante à l’égard des gens avec qui j’ai eu la chance de travailler, et de dire aux jeunes : écoutez-vous. Quand vous avez en tête un rêve et qu’on vous dit que c’est compliqué, allez-y. Car à force de boulot, d’énergie de persévérance on y arrive, et c’est ce qui rend heureux. Quand en 1974 je rentre comme stagiaire à Radio France, il n’y a dans les postes de directions et à l’antenne que des mecs. Les femmes sont sténos dactylos.

J’imagine que vous avez connu et accompagné beaucoup de changements ?

Exactement. Jean-Marie Borzeix qui souhaitait avoir à ses côtés une femme, m’a mis le pied à l’étrier du management. En arrivant sur Inter, la parité a ensuite été une de mes préoccupations principales sur la chaîne, en installant des voix féminines dans les tranches les plus puissantes d’une radio, le matin.

J’ai lancé une nouvelle génération de journalistes, d’animatrices comme Léa Salamé, Sonia Devillers, ou Charline avec son équipe, des humoristes femmes également.

C’est plus facile à faire sur le service public ?

La radio de service public doit rester celle de l’offre, elle a la chance d’avoir une continuité dans les ressources qui permet de prendre des risques, contrairement au privé qui dépend de recettes publicitaires et est contraint à un niveau d’audience. L’audiovisuel public est essentiel pour faire une information puissante qui résiste à des campagnes de désinformation de plus en plus importantes. Il porte le savoir, la connaissance, la culture, donc les armes de l’émancipation de chaque de citoyen. C’est le boulot exclusif du public parce que ça ne rapporte pas. Il doit enfin défendre la souveraineté culturelle face aux Gafam, des réseaux dont le seul but est de faire croître leur audience, et qui concurrencent les médias traditionnels.

Il est pourtant au cœur d’une enquête de l’Assemblée nationale…

Oui, et on peut se poser la question de son organisation, de l’utilisation des ressources publiques bien sûr. Mais l’existence de l’audiovisuel public est décisive pour notre pays. Ce que je défends et que je dirais à la commission d’enquête de l’Assemblée nationale devant laquelle je passe ce jeudi 5 février, juste avant de venir à Lodève présenter un livre qui m’a occupé neuf mois, depuis que j’ai quitté la Maison de la Radio en 2024.

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