Mort d’un aigle royal dans l’Hérault : l’opérateur des éoliennes en cause sera jugé pour destruction d’espèce protégée
Les éoliennes de Bernagues, près de Lodève (Hérault), sont accusées d’avoir tué un aigle royal en janvier 2023. La société d’exploitation et son président sont cités au tribunal judiciaire de Montpellier le 3 juillet. Par ailleurs, l’entreprise, qui a été condamnée à démonter son parc de sept éoliennes, s’est pourvue en cassation.
C’est une victoire pour les associations environnementales et de défense des paysages. Le parquet de Montpellier a décidé de renvoyer la société Valéco-Energie renouvelable du Languedoc (*), devant le tribunal judiciaire de Montpellier, le 3 juillet, pour y répondre du délit de "destruction non autorisée d’espèce protégée".
En cause : la mort d’un aigle royal, retrouvé mi-janvier 2023, au pied d’une éolienne implantée dans le massif de l’Escandorgue, à Bernargues, près de Lodève, dans le centre Hérault. L’enquête menée par l’OFB (office français de la biodiversité) a duré de longs mois et le rapport d’enquête désigne l’éolienne n°2 comme fautive, bien que pourvu d’un système de détection et d’effarouchement des oiseaux.
Les enjeux en termes d’environnement sont forts dans ce secteur : il s’agissait du mâle de l’unique couple d’aigle royal alors qu’il n’y a plus qu’une quarantaine de couples dans le massif central, point névralgique de l’espèce.
"Le plus important c’est que ces faits ne restent pas impunis"
"Le plus important c’est que ces faits ne restent pas impunis et que des poursuites soient diligentées. C’est aussi une victoire parce que ces procès pénaux en droit de l’environnement sont assez rares, ils commencent à se multiplier, la problématique est prise au sérieux" réagit Me Nicolas Galon, l’avocat qui va représenter au procès trois associations alors que la LPO (Ligue protectrice des animaux) ou encore FNE (France nature environnement) sont également parties civiles.
En fait, le parquet de Montpellier innove même, en regroupant pour la première fois six dossiers pour une audience consacrée à cette thématique : "Nous avons décidé de dédier périodiquement des audiences aux dossiers suivis par le pôle régional environnement, dont celui concernant l’aigle royal" confirme le procureur de la République de Montpellier Fabrice Belargent.
"Ce procès pour la mort de l’aigle royal, suite de notre plainte pénale, est une étape, il est complémentaire du procès pour la démolition de ces éoliennes" réagit de son côté Marjolaine Villey-Migraine, du collectif "34-12".
La destruction des sept éoliennes devant la Cour de cassation
Car les associations se battent maintenant depuis plus de 20 ans en justice contre ces sept éoliennes implantées dans un massif classé en zone naturelle d’intérêt écologique. Elles ont réussi à faire annuler définitivement le permis de construire préfectoral, datant de 2003, parce qu’il n’y avait pas eu d’études d’impact environnemental, notamment, déjà, avec la présence des aigles royaux.
En décembre 2023, c’est la cour d’appel de Nîmes qui, au terme de plusieurs procédures, a tranché, pour une décision unique en France : les géants d’acier doivent être démontés d’ici mars 2025 sous peine d’une astreinte de 3000 euros par jour. Valeco-ERL s’est pourvu en cassation. Un arrêt est attendu dans quelques semaines qui décidera de l’avenir de ces éoliennes.

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