Municipales 2026 à Marsillargues : Nicolas Gécèle veut "un village qui évolue sans perdre son identité"
Candidat face au maire sortant Patrice Speziale qui se représente, Nicolas Gécèle, 32 ans, élu d’opposition depuis 2014 et cariste à la Source Perrier, dévoile les priorités de sa liste "Nouveau souffle marsillarguois" : sécurité, santé, environnement et écoute des habitants
Vous êtes engagé en politique locale depuis plus de dix ans : pourquoi vous présentez-vous aujourd’hui ?
J’étais sur la liste de Francis Garnier en 2014 et 2020. Aujourd’hui, je suis conseiller municipal d’opposition à ses côtés. Francis ne se représente pas, car il a le projet de quitter la région. C’est donc naturellement que j’ai décidé de conduire la liste "Nouveau Souffle Marsillarguois".
Votre liste est complète ?
Pas tout à fait. Il nous manque quatre personnes, mais nous avons encore des réponses en attente. On a même des candidats potentiels auxquels on devra dire non.
Quelle est la couleur politique de votre liste ?
Aucune. Nous sommes sans étiquette. Dans une petite ville comme Marsillargues, il faut rassembler toutes les sensibilités pour faire avancer le village. On a besoin de tout le monde.
Quel regard portez-vous sur le mandat du maire sortant, Patrice Speziale ?
Ma candidature parle d’elle-même : s’il y avait eu satisfaction, je ne serais pas là. Je ne m’attarde pas sur ce qu’il a fait ou dit. Je préfère me concentrer sur mon équipe et notre projet pour Marsillargues.
"La sécurité et le boulevard Émile-Zola reviennent souvent dans les discussions"
Quels seront vos axes de campagne ?
Toutes les thématiques comptent : urbanisme, budget, vie locale, environnement. On a recruté des colistiers compétents dans chaque domaine. Le maire doit s’intéresser à tout, pas seulement à un sujet.
Et vos priorités ?
La sécurité revient souvent dans les discussions avec les habitants. Et le projet du boulevard Émile-Zola est un autre sujet majeur. Les Marsillarguois en parlent beaucoup.
Justement, que proposez-vous pour cet axe ?
Nous avons une vision différente de celle de la majorité actuelle. Leur projet est coûteux et dénature le centre. Le nôtre est plus sobre, écologique et respectueux du patrimoine. Il sécurise les commerçants sans arracher d’arbres.
La circulation y est compliquée, non ?
Oui, c’est une circulade avec une départementale très fréquentée reliant Saint-Laurent à Lunel. Cela pose des problèmes aux commerçants. Nous voulons apaiser la circulation sans bloquer le passage.
"Une "journée de l’argent de poche" pour les 6-15 ans !"
Un autre projet innovant ?
La "journée de l’argent de poche". Ce serait une première en France ! Les jeunes de 6 à 15 ans pourraient vendre leurs créations culinaires ou artistiques pour se faire un peu d’argent. Ce serait du "Made in Marsillargues". On commencerait par une édition annuelle, puis on verrait selon l’engouement.
Réservée aux jeunes Marsillarguois ?
La priorité serait donnée aux jeunes du village, mais on pourrait ouvrir aux communes voisines, voire à l’agglomération. Je suis attaché à l’humain et à la bienveillance : ce genre d’événement crée du lien.
Vous évoquez aussi la santé comme enjeu fort…
Oui. Nous manquons déjà de médecins généralistes. Deux sur quatre partiront bientôt à la retraite. Nous voulons créer une bourse communale pour aider des étudiants en médecine, en échange d’un engagement à venir exercer ici. Cela se fait ailleurs, et ça fonctionne.
Et côté infrastructures pour ce projet ?
Nous souhaitons créer une maison de santé pendant le mandat. On pourrait aussi récupérer les cabinets des médecins partants. L’idée est d’anticiper, pas d’attendre la pénurie.
Vous avez d’autres idées concrètes ?
Oui, sur l’écologie et la solidarité. Nous voulons planter des arbres fruitiers dans le village, accessibles à tous. Ce serait à la fois symbolique et utile : des fruits pour tous, gratuitement. L’entretien serait communal.
Combien d’arbres ?
Nous n’avons pas encore chiffré, mais l’idée est d’en planter un peu partout, pas seulement dans un coin. Que chaque quartier ait ses arbres fruitiers.
"Installer des feux ralentisseurs"
Et sur la sécurité ?
Nous voulons installer des feux ralentisseurs : si vous dépassez la vitesse autorisée, ils passent au rouge. Marsillargues est déjà limitée à 30 km/h, mais beaucoup ne respectent pas cette règle.
Vous parlez aussi d’éducation : quels sont vos projets pour les écoles ?
Je suis papa d’un petit garçon de 5 ans. Tous les matins, c’est la galère pour se garer à la maternelle. Nous voulons créer une quinzaine de places en arrêt-minute pour faciliter la dépose des enfants. Idem pour l’école primaire. Ce sont des solutions simples, peu coûteuses, mais efficaces.
Il y a aussi le problème de classes installées au collège, non ?
Effectivement. La commune paie 60 000 € par an au département pour y loger des classes primaires. Ce n’est pas normal. Il faut revoir cette organisation avec le département et l’agglomération. Et repenser la carte scolaire : certains élèves de Saint-Just vont à Lansargues alors qu’ils dépendent de Lunel Agglo.
Justement, quelle est votre vision du rôle de Marsillargues dans l’agglomération ?
Marsillargues doit renforcer ses liens avec Lunel. Ce sont les deux plus grandes communes de l’agglo. Il faut travailler ensemble, sans rivalité, pour améliorer le quotidien de tous.
Comment s’organise votre campagne ?
Nous travaillons à ouvrir une permanence. Pour l’instant, nous n’en avons pas encore. Nous avons déjà lancé la campagne sur les réseaux le 13 janvier. Ce vendredi 30 janvier, nous organisons une rencontre entre tous les colistiers, pour renforcer la cohésion du groupe. Une réunion publique sera annoncée avant le premier tour. Nous publierons notre programme en tract la deuxième semaine de février, puis la profession de foi fin février.
Quelle est votre philosophie de campagne ?
L’écoute. C’est la qualité première d’un élu. Marsillargues est à un tournant : il faut évoluer sans perdre son identité. Pour moi, la politique, c’est avant tout une aventure humaine. On fait des choix, mais toujours avec bienveillance et respect. J’ai grandi avec ces valeurs. Ma mère m’a élevé seule après la mort de mon père quand j’avais cinq ans. Elle m’a appris l’importance du respect et de l’entraide. C’est cette éducation que je veux mettre au service de Marsillargues.
Ambiance de campagne… tendue
Le maire sortant de Marsillargues (6 800 habitants), Patrice Speziale a annoncé dès le mois de septembre qu’il se représenterait. Le 2e vice-président de la CCPL "Lunel Agglo" présentera l’ordre définitif de sa liste très prochainement.
Parallèlement, Christelle Cocca avait déclaré en novembre sa candidature, confiant son intention de monter une liste… qu’elle n’a pas réussi à constituer : l’ex-candidate jette l’éponge.
Peu après, fin novembre, Guillaume Bernal s’était également déclaré, avec un programme et une liste bien avancés. "Mais je confirme que je ne me présenterai pas, confie-t-il ce jeudi 29 janvier. Deux colistiers qui étaient partis avec nous, dont Nicolas Gécèle, ont constitué une autre liste, en pillant notre programme. Il est en ligne depuis un moment. Chacun pourra se faire une idée."
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