Trafic de drogue : "Nous livrons une guerre, il faut des moyens pour la mener"… Le coup de gueule de l’adjoint à la sécurité de Bagnols-sur-Cèze

Publié le , mis à jour

Christian Baume est adjoint à la sécurité à Bagnols-sur-Cèze dans le Gard. Il revient sur la problématique du narcotrafic qui gangrène cette commune de 19 000 habitants. Et qui a été cité dans le rapport de l’état de la menace en France liée aux stupéfiants du ministère de l’Intérieur parce que les dealers achètent la paix sociale avec des fêtes et proposition de service.

Les dealers proposent leurs services aux habitants de la cité des Escanaux de Bagnols via des lettres dans les boîtes aux lettres pour acheter la paix sociale… Qu’en pensez-vous ?

C’est une stratégie, une technique répandue, et pas que sur Bagnols, pour acheter la tranquillité dans le quartier parce qu’il est nécessaire qu’ils fassent leur business dans les meilleures conditions, avec une population qui ne se rebelle pas. Il n’y a rien de nouveau. Cette lettre date d’un moment, elle a été distribuée dans les blocs près du point de deal, à une faible partie de la population.

Christian Baume est adjoint à la sécurité à Bagnols-sur-Cèze (Gard).
Christian Baume est adjoint à la sécurité à Bagnols-sur-Cèze (Gard). DR

Mais ça en dit long du pouvoir social des narcotrafiquants sur les habitants…

Ces personnes s’accommodent des familles en difficulté sociale et de revenus. La police trouve souvent des appartements qui servent de nourrice. Avec M. le Maire, nous recevons des habitants qui, parfois à juste titre, viennent se plaindre des désagréments causés par les dealers et puis on les retrouve parfois, après, dans une espèce de complicité avec les trafiquants. Il ne s’agit pas de montrer du doigt, les situations sont compliquées, ils sont influençables et ça peut aller vite pour que les réseaux s’approprient des appartements, des familles, pour stocker du produit moyennant une large participation aux loyers.

Certains habitants se sentent abandonnés… Que leur répondez-vous ?

La ville ne laisse tomber aucun de ses quartiers et aucun n’est stigmatisé. Nous avons en cours de la rénovation urbaine, avec des bâtiments en cours de démolition et des relogements importants de famille. Ce quartier va changer d’aspect. Pour preuve, nous sommes impliqués dans les contrats de ville, avec l’État, l’agglo, le Département, beaucoup d’argent est positionné pour eux. Ces quartiers sont d’ailleurs situés à proximité des installations sportives et culturelles dont tout le monde à l’accès. La piscine est juste à côté des Escanaux, les familles en profitent. Nous avons un stade synthétique où nous avons positionné des médiateurs pour recevoir les jeunes des quartiers dès que c’est possible.

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L’été il n’y a pas d’école, les familles n’ont pas les moyens de payer des vacances, nous prenons en charge beaucoup de choses, avec des animations gratuites.

D’autres habitants dénoncent un climat de peur…

Avoir un point de deal dans un quartier, c’est compliqué pour tous ceux qui s’impliquent. Mais on peut constater que ces points de deal ne provoquent aucune agression physique de personnes qui passent à côté. La preuve, là encore, à côté immédiate des Escanaux, il y a l’allée des jeux et des gamins qui jouent à dix mètres des dealers, nous n’avons jamais aucun problème. Mais attention, Ce n’est pas du tout satisfaisant d’avoir des personnes avec des cagoules. Il n’y a que la police qui les embête.

En 2024, à Bagnols, moins de 19 000 habitants, il y a eu 156 interpellations et 65 incarcérations, c’est du concret.

Nous faisons ce que nous pouvons, nous ajoutons des caméras, nous avons augmenté le nombre de policiers. Avec la police nationale, nous avons fait déplacer un point de deal qui était à côté d’une école, moyennant une force importante d’agents, matin, midi, soir, nuit, mais nous ne pouvons pas faire ça en permanence.

Le maire avait alerté le ministère de l’Intérieur en début d’année, où en êtes-vous ?

En 2024, à Bagnols, moins de 19 000 habitants, il y a eu 156 interpellations et 65 incarcérations, c’est du concret. Il y a une réponse de la justice, le travail police d’interpellation se fait, mais ça ne peut pas suffire. Nous livrons une guerre, la situation ne fait qu’empirer, il faut des moyens pour la mener. Dans les années à venir, la consommation va être de plus en plus importante tout comme le narcotrafic, que faisons-nous ? Nous commençons à être dépassés, on attend une prise de conscience du gouvernement, si nous laissons faire, le narcotrafic sera le signe de la fin de la civilisation.

 

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Les commentaires (13)
Mick39 Il y a 5 mois Le 10/08/2025 à 14:40

On paye actuellement les décisions politiques électoralistes de gauche de l'époque Benedetti qui ont accueilli les bras ouverts les expulsés d'Orange par Jacques Bompard dans les années 90.

PokiPoko Il y a 5 mois Le 10/08/2025 à 16:28

Heu... en 1990 c'était René Cret le maire, pas Benedetti

toti Il y a 5 mois Le 10/08/2025 à 11:57

Il fallait réagir avant au lieu de les protéger.Mais c'est pas grave ils donneront des consignes de vote est la boucle sera bouclée.

Anonyme140339 Il y a 5 mois Le 10/08/2025 à 09:12

Bonjour, les dealers soigne les habitants de leur quartier, et la mairie soigne bien sont électora, alors maintenant venez pas chialé.