Nîmes Olympique : pour 9,5 M€, la Ville s’apprête à racheter le stade des Antonins et la Bastide
La décision doit être votée lors du prochain conseil municipal, le 7 février. Plusieurs candidats au fauteuil de maire dénoncent le coût pour le contribuable nîmois.
9 530 000 euros. C’est le prix de vente, tout cumulé, qui sera proposé au conseil municipal du samedi 7 février – le dernier de l’ère Fournier – pour l’achat par la ville de Nîmes du stade des Antonins (7,06 M€) et du centre d’entraînement de la Bastide (2,47 M€). Un coût dévoilé en fin de semaine dernière par l’opposant PCF et candidat de Nîmes en commun, Vincent Bouget avant le passage en commission des finances ce lundi.
"Cette somme, c’est le prix du départ définitif de Rani Assaf, c’est surtout le coût de l’inconséquence de la majorité municipale sortante, de MM. Fournier, Proust et Plantier, écrit-il dans un communiqué de presse. Il faudra rajouter le coût du démontage des Antonins, le coût de la rénovation du centre de la Bastide et celui du stade des Costières […] Alors que ceux qui veulent se faire passer pour des sauveurs se fassent tout petits. Car ils n’auront pu faire finalement que sortir le carnet de chèques des Nîmoises et des Nîmois."
Jean-Marc Philibert : "Ce n’est plus une erreur, c’est de l’incompétence"
Dans le sillage de Vincent Bouget, le candidat de la société civile aux municipales Jean-Marc Philibert dénonce une "gabegie […] Les signataires actuels et passés de cette opération se disent "des bons gestionnaires", je laisse les futurs électeurs se faire une idée. La mienne est que des erreurs à plus de 11 M€ ce n’est plus une erreur, c’est de l’incompétence, c’est du vol du travail des Nîmois !" Joint, le candidat du RN Julien Sanchez, enfonce le clou : "Ce dossier a été mal géré par MM. Plantier et Proust. Il y a une perte de temps et d’argent."
En soi, le rachat des deux structures par la Ville n’est pas une surprise. L’été dernier, après l’exclusion de Nîmes Olympique par la Direction nationale de contrôle de gestion (DNCG, le gendarme du foot) des championnats nationaux, le club avait fait appel. Et s’était engagé, avec la Ville, via le 1er adjoint Franck Proust, à ce que celle-ci devienne propriétaire du stade des Antonins et du centre d’entraînement de la Bastide. Un moyen à la fois de faire table rase du passé et de Rani Assaf et de permettre au club de réintégrer la N2.
D’autres coûts à venir
Pour autant, effectivement, l’addition contractée risque au final, d’être lourde. Car si les prix annoncés pour la Bastide sont, selon nos informations, en deçà de la somme que souhaitait Rani Assaf (3M €), les dépenses de la Ville concernant Nîmes Olympique ne vont pas s’arrêter au rachat des structures. Il est en effet urgent de refaire les deux pelouses synthétiques du site. Coût estimé : 1,5 million d’euros. Selon nos informations, un devis a déjà été fait : il serait de l’ordre de 1,2 à 1,4 million d’euros.
En vue d’accueillir les filles de Nîmes Foot féminin (150 joueuses), il faut également ajouter des vestiaires dédiés aux féminines. Et, autres dépenses envisagées, des travaux de rénovation pour remettre aux normes le centre de formation, travaux indispensables pour retrouver l’agrément permettant de proposer des contrats aux meilleurs jeunes et éviter qu’ils partent dans d’autres clubs. Là aussi, cela pourrait se chiffrer en millions…
Enfin, le stade des Antonins étant une structure démontable, sa durée de vie in situ est limitée. "On peut le prolonger jusqu’en 2032. Après, il faudra le redémonter, ce qui a là aussi un coût autour de 2 M€", dit Vincent Bouget.
A ce stade, et malgré nos appels, la Ville ne souhaite pas réagir aux attaques. Elle se réserve pour une conférence de presse, en présence de MM. Fournier et Proust ce mercredi. Le candidat de centre-droit Julien Plantier, qui en tant qu’ancien 1er adjoint élu à l’urbanisme a longtemps suivi les projets immobiliers de Rani Assaf (et notamment le vaste projet de démolition reconstruction des Costières, refusé par la Commission nationale d’aménagement commercial) reste également silencieux.
La délibération (il n’y en a qu’une pour les deux achats) devrait, sans surprise, être votée samedi 7 février. La gauche, qui soutenait la réhabilitation des Costières, ne se prononcera pas contre : "C’est une seule et même délibération et c’est le paquet-cadeau de départ de Rani Assaf. Il a encore la marque de Nîmes Olympique qu’il ne rétrocédera qu’à condition du rachat des structures", regrette Vincent Bouget. Son groupe pourrait donc s’abstenir. Le RN, lui, devrait voter pour : "à ce stade, les élus RN de Nîmes soutiendront le rachat, dit Julien Sanchez. On est pris en otage. Il faut que les joueurs jouent et s’entraînent."
Une fois cette délibération validée et les achats de la Bastide et des Antonins signés, la Ville de Nîmes pourra, enfin, tourner définitivement la page de son aventure avec Rani Assaf.
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