Sénatoriales 2026 : l’enjeu (majeur) du renouvellement du Sénat derrière les municipales (quand une élection en cache une autre)
En septembre, les conseillers municipaux, devenus grands électeurs au mois de mars, devront renouveler le sénat de moitié. En région, plusieurs départements sont concernés, dont l’Hérault et le Gard.
Si beaucoup sont focalisés sur les municipales et – déjà – la présidentielle 2027, un autre rendez-vous électoral marquera les prochains mois : les sénatoriales. Depuis 2011, les 348 sénateurs sont élus pour un mandat de six ans, renouvelés par moitié tous les trois ans. En septembre 2026, ce sont les départements de l’Ain (01) à l’Indre (36), ainsi que du Bas-Rhin (67) au Territoire de Belfort (90) qui sont concernés. En Occitanie, on va donc voter dans neuf départements : l’Hérault (4 sièges), le Gard (3), l’Aveyron (2), l’Aude (2), la Haute-Garonne (5), l’Ariège (1), le Tarn (2), le Tarn-et-Garonne (2) et le Gers (2).
Dans tous ces territoires pourtant, l’élection ne suscite pas encore les passions. Y compris, officiellement, auprès des premiers intéressés, les sénateurs sortants. "J’attends juin pour me prononcer. D’abord parce que, objectivement, la situation politique nationale va nous occuper ces prochaines semaines, entre le budget 2026 ou la loi sur la fin de vie, ensuite parce que sont les municipales qui désignent la majorité des grands électeurs et que ceux-ci sont pour l’heure concentrés sur leur propre campagne", décrypte le socialiste Hussein Bourgi, élu pour la première fois en 2020.
Grands électeurs
Particularité de ce scrutin en effet, le Sénat assurant "la représentation des collectivités territoriales", ce sont les maires et conseillers municipaux qui constituent 95 % du corps électorat. Il y a six ans, il y en avait 2 556 dans l’Hérault, 1 912 dans le Gard, 1 179 dans l’Aveyron et 900 dans l’Aude. Autant dire que les futurs candidats attendent de connaître les rapports de force que délivreront les urnes, en mars, pour se déterminer, surtout dans les départements où il faut élire au moins trois sénateurs, ce qui implique un scrutin de liste à la représentation proportionnelle, nettement plus politique.
On dit ainsi par exemple que dans l’Hérault, la seule ville de Montpellier, avec près de 15 % des électeurs – certes avec un soupçon de représentation de l’opposition –, pèse presque un sénateur, ce qui a souri à Hussein Bourgi. Même topo dans le Gard, où Nîmes et Alès réunies, ont un total de 205 voix. En 2020, cela a permis à la liste LR de Vivette Lopez et Laurent Burgoa (672 voix) de coiffer sur le fil un Parti socialiste divisé avec la candidature dissidente d’Alexandre Pissas et de s’offrir deux sièges, contre un seul pour Denis Bouad (663 voix).
Vers des bouleversements ?
Cela montre que des bouleversements dans les villes les plus importantes du département peuvent avoir un effet sur ces sénatoriales. Toujours dans le Gard, il y a six ans, Julien Sanchez, tête de liste du Rassemblement national, avait obtenu 203 voix, score qui démontrait qu’il était déjà allé chercher des suffrages au-delà de sa ville de Beaucaire. Si son parti s’offre, en mars, des villes comme Vauvert, Bagnols-sur-Cèze voire Nîmes, qu’il arrive à intégrer des conseillers municipaux çà et là, le RN peut gratter un siège.
Dans l’Hérault aussi où elle est bousculée dans certains de ses bastions municipaux qui jusque-là promettaient au moins un siège (Sète, Agde, Castelnau-le-Lez…), la droite peut craindre ce scrutin. D’autant que celui qui a été élu tête de liste LR en 2020, Jean-Pierre Grand, s’est depuis rapproché de la Macronie, ce qui rebat les cartes dans un jeu où, comme il y a six ans, l’ex-UDI Joseph Francis semble encore tenté de s’inviter. Une division qui ferait le bonheur de la gauche ? À voir. Il ne faut pas nier la force du rural dans ce scrutin. Il y a six ans, l’ancien président des maires de l’Hérault, Christian Bilhac, avait réussi à se faire élire par ses pairs au bout d’une intense campagne estivale de terrain, dans cette élection où chaque voix peut vraiment compter. On fera le compte en avril.


