TikTok : Des risques sévères pour la génération "tête baissée"

  • Comme d’autres plateformes numériques, TikTok est pointé du doigt pour ses effets néfastes sur la santé mentale des jeunes.
    Comme d’autres plateformes numériques, TikTok est pointé du doigt pour ses effets néfastes sur la santé mentale des jeunes. MAXPPP - Ketty Beyondas
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La commission d’enquête parlementaire relative aux effets psychologiques de TikTok sur les mineurs a remis, ce jeudi 11 septembre 2025, ses conclusions et formulé 43 recommandations. Voici le regard de deux professionnels de santé sur les dangers de l’utilisation excessive des réseaux sociaux, notamment de TikTok : le docteur Pascal Perney, chef du service addictologie au CHU de Nîmes, et Adrien Sommen, psychologue à Montpellier.

Les conclusions du rapport de la commission d’enquête TikTok, révélée jeudi matin, n’ont guère constitué une surprise pour les professionnels de santé, spécialisés dans le suivi des jeunes. Notamment sur les conséquences sur leur santé mentale et plus particulièrement en matière d’addictologie. "Les réseaux sociaux, les jeux en ligne, etc. sont construits pour être extrêmement addictogènes, rappelle le docteur Pascal Perney, chef du service addictologie au CHU de Nîmes. Ils sont bâtis pour capter l’attention de ceux qui les pratiquent". Parmi ces derniers, "les plus vulnérables sont les enfants".

"Chez l’ado, la maturation cérébrale n’est pas achevée"

Chez les jeunes, ceux qui sont encore plus fragiles à cette addiction sont les adolescents. "À cet âge-là, leur maturation cérébrale n’est pas encore achevée pour prendre les bonnes décisions, à savoir rester ou quitter TikTok, par exemple, quand ils estiment qu’ils doivent le faire". En effet, "quand on est ado, on a tendance à ne pas prendre les bonnes décisions, on devient plus vulnérable".


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Alors que le réseau social est accusé par la commission d’avoir "délibérément mis en danger la santé, la vie de ses utilisateurs", les professionnels de santé attendent des pouvoirs publics une démarche de plus grande régularisation et de contrôle. "L’État est obligé de prendre des mesures fortes, dans la mesure où les réseaux sociaux, et en particulier TikTok, gardent leurs secrets de fabrication", estime Adrien Sommen, psychologue à Montpellier.

Les plateformes génèrent des comportements compulsifs

Ce dernier pointe l’algorithme de TikTok. "Personne n’y a accès, note-t-il. TikTok ne veut pas dévoiler comment il fonctionne, ce qui rend le risque encore plus grand pour les plus vulnérables des jeunes utilisateurs". Il est là question de "nocivité pour leur santé mentale". L’alerte est d’autant plus sensible que nous sommes aujourd’hui face à un nouveau type de génération, que l’on pourrait décrire comme une génération "tête baissée".

"Ce qui est le plus impressionnant quand vous passez devant un collège ou un lycée, c’est le nombre de jeunes élèves qui sont assis, devant leur écran de smartphone, captivés. Il n’y a plus de communication, ni de lien social entre eux", alerte le docteur Pascal Perney. Les plateformes capitalisent sur les cerveaux en construction des adolescents, générant des comportements compulsifs, expliquait, en juillet dernier dans Midi Libre, Michel Desmurget, chercheur en neurophysiologie, auteur de La fabrique du crétin digital.

Un "couvre-feu numérique" de 22 h à 8 h du matin

La société, et plus particulièrement les parents, doit, aujourd’hui, intervenir. "Il est indispensable d’avoir son mot à dire sur comment fonctionnent les réseaux sociaux, qui entrent dans la chambre d’un adolescent", insiste Adrien Sommen. L’alerte est d’autant plus sensible que les réseaux proposent "des contenus produits par n’importe qui".

Alors que la commission propose des mesures de restrictions d’accès aux réseaux sociaux chez les jeunes, comme un "couvre-feu numérique" entre 22 h et 8 h du matin, voire une interdiction pour les moins de 15 ans, les conséquences néfastes sont déjà identifiées. "Les risques sont évidents pour cette classe d’âge, assure le docteur nîmois. Cela peut aller aux troubles du sommeil, jusqu’à la perturbation scolaire, en passant par les conflits avec les parents".

"Leur algorithme rend les gamins prisonniers d’une bulle"

"Les jeunes sont, en effet, en permanence sollicités sur des choses stimulantes, avec des vidéos de courte durée, qui limitent les risques de lassitude. Il y a une dynamique qui capte l’attention du jeune", enchaîne-t-il. Résultat : "cela amène le jeune à apprendre à ne pas se concentrer, ce qui n’est pas bon pour le développement de ses capacités de mémorisation".

La mise à l’index de TikTok n’est pas anodine. "C’est l’un des réseaux sociaux qui sont les mieux construits en matière d’addictologie, plante le docteur Pascal Perney. Leur algorithme rend les gamins prisonniers d’une bulle, c’est à la fois toxique et dangereux".

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Les commentaires (3)
alancap34 Il y a 4 mois Le 12/09/2025 à 11:37

Je l'ai déjà dis , TikTok est un réseau toxique pour les jeunes .

PurHexagonal Il y a 4 mois Le 12/09/2025 à 09:01

Le problème du portable (et ses effets néfastes ) ne sera pas facile à régler.
C'est comme la bagnole : DIFFICILE d'éviter les morts sur les routes. Depuis +120 ans déjà...:)
Cdlt.

Etsiaumoins... Il y a 4 mois Le 12/09/2025 à 08:09

Il faut "bloquer" TikTok !