Un amour homosexuel dans la Prusse de 1730 : "Katte", la pièce de l’auteur audois Jean-Marie Besset, renoue avec la tragédie classique, en alexandrins

  • Jean-Marie Besset, à droite, au milieu d’une partie des acteurs de la pièce.
    Jean-Marie Besset, à droite, au milieu d’une partie des acteurs de la pièce. MARC GINOT
Publié le , mis à jour

Avant-première à Limoux, le 29 janvier, d’une pièce évoquant la relation entre un prince héritier et le lieutenant de la garde du roi, son père. La pièce sera jouée à Paris, à la Cartoucherie de Vincennes, dans la foulée.

À vos agendas… L’auteur Jean-Marie Besset, qui fut directeur du théâtre des 13 vents à Montpellier dans les années 2010, a confié une pièce en alexandrins, Katte, à la metteuse en scène Frédérique Lazarini. Avant d’être présentée à la Cartoucherie de Vincennes du 5 février au 8 mars, elle est jouée en avant-première le 29 janvier (20 h) à la Tuilerie de Limoux (Aude).

Royaume de Prusse, 1730. Histoire vraie. Au palais de Potsdam, le roi Frédéric-Guillaume surprend l’impensable : une complicité interdite entre son fils Frédéric, le prince héritier, et l’officier Hans Hermann von Katte, lieutenant des gens d’armes de la garde du roi. L’ire du souverain est terrible. Des têtes tomberont. L’Europe entière tente d’intervenir dans cette crise intime entre un père et un fils, qui menace l’ordre politique du continent.

Un amour rendu tragique par la volonté du roi, interprété par Philippe Girard.
Un amour rendu tragique par la volonté du roi, interprété par Philippe Girard. MARC GINOT

Dans les souliers du roi, un comédien brillant, acteur fétiche d’Olivier Py et Stéphane Braunschweig, Philippe Girard. Et pour incarner les deux amants, deux jeunes acteurs de cinéma, Tom Mercier (Synonymes, Le Règne animal) et Nemo Schiffman (Elle s’en va, Le Roi Soleil), ont choisi Katte pour leurs débuts au théâtre.

Un défi : écrire une pièce en alexandrins !

L’entreprise relève de la gageure, car Jean-Marie Besset n’a pas fait dans la facilité. Il s’est imposé un défi : écrire une pièce en alexandrins ! Un style depuis longtemps abandonné au théâtre : "Victor Hugo lui-même ne s’était-il pas détourné du vers pour écrire ses deux drames célèbres, Marie Tudor et Lucrèce Borgia, deux textes en prose ?, questionne Jean-Marie Besset. Sans parler de Musset et de son immense Lorenzaccio, en prose aussi. Désormais, il fallait remonter à 125 ans, au Cyrano de Rostand, pour trouver un succès d’une pièce en alexandrins."

J’avais le sentiment étrange que je n’écrivais pas mais que je filais, que je volais, pour reconstituer un puzzle déjà posé.

Après une première tentative infructueuse, l’auteur a trouvé la voie : "Je me mis à écrire Katte. Page après page, ça venait, j’écrivais Katte. Oui, j’étais en train d’écrire Katte. Comme Gide à qui on demandait ce qu’il faisait et qui répondait "J’écris Paludes", je pouvais répondre : "J’écris Katte". Je n’en revenais pas. Comme guidé par quelque nécessité impérieuse. Pour la première fois – c’était ma trentième et quelque pièce –, j’avais le sentiment étrange que je n’écrivais pas mais que je filais, que je volais, pour reconstituer un puzzle déjà posé, une œuvre déjà écrite dans le futur, dont une main invisible m’aidait à retrouver les fragments. Les mots et les rimes coulaient avec une facilité stupéfiante."

Je sus que je tenais enfin mon grand sujet, dont la force était susceptible de toucher et de plaire à tout le monde.

Jean-Marie Besset était d’autant plus ému qu’il avait enfin trouvé la pièce qui lui permettrait d’évoquer la question de l’homosexualité sans faux-fuyants, sans moyens détournés, comme le théâtre s’en est souvent accoutumé : "Lorsque je tombai sur l’histoire incontestable de l’amour du prince Frédéric de Prusse pour l’officier Hans-Hermann Von Katte, et du martyre de ce dernier aux mains du Roi Guillaume, je sus que je tenais enfin mon grand sujet, dont la force était susceptible de toucher et de plaire à tout le monde."

Tarif : 21 €. Possibilité de dîner sur place après le spectacle, pour un repas signé du chef Stéphane Castaing, spectacle et repas pour 70 € (via l’office de tourisme).
Voir les commentaires
Réagir
Vous avez droit à 3 commentaires par jour. Pour contribuer en illimité, abonnez vous. S'abonner

Souhaitez-vous recevoir une notification lors de la réponse d’un(e) internaute à votre commentaire ?

Les commentaires (1)
Café Noir Il y a 30 jours Le 07/01/2026 à 06:17

Voilà un sujet qui va passionner les foules.