Affaire Epstein : des milliers de fichiers dont des vidéos et audios inédits sur le prédateur sexuel, publiés en ligne

Publié le
AFP

Des milliers de nouveaux documents liés à l’enquête sur Jeffrey Epstein, dont des vidéos et audios inédits, ont été publiés mardi par le ministère américain de la Justice. Cette diffusion massive, exigée par la loi, relance les critiques contre l’administration Trump, accusée d’avoir freiné l’accès aux informations sur les liens de l’ex-financier avec des personnalités influentes.

Ce qu’il faut retenir

  • Le ministère américain de la Justice a publié mardi 11 000 documents liés à l’affaire Jeffrey Epstein, dont vidéos et audios, après une première vague vendredi. L’administration Trump est critiquée pour la lenteur et l’opacité de cette divulgation.

  • Une quinzaine de victimes dénoncent un caviardage "extrême" des documents et l’exposition de noms, causant un "préjudice réel". Elles accusent le ministère de manquer de transparence et de ne pas protéger leur anonymat.

  • Donald Trump, évoquant un "canular" orchestré par les démocrates, s’inquiète de l’impact des révélations sur des proches d’Epstein. Contraint par la loi, il a dû autoriser la publication complète avant le 19 décembre.

Des milliers de nouveaux documents issus de l’enquête sur le criminel sexuel Jeffrey Epstein dont des centaines de vidéos et d’audios ont été mises en ligne mardi par le ministère américain de la Justice quelques jours après une première publication partielle du dossier qui embarrasse l’administration Trump.

Des milliers de nouveaux documents publiés

Ces nouveaux fichiers contiennent notamment des images de surveillance de la cellule du criminel sexuel new-yorkais Jeffrey Epstein datant d’août 2019, quand il a été retrouvé mort, selon l’analyse de l’AFP.

Mardi, le ministère de la justice a mis en ligne environ 11 000 liens avec des nouveaux documents, mais certains ne mènent à rien. Le ministère avait déjà publié vendredi environ 4 000 fichiers liés au dossier Epstein. Des victimes du criminel sexuel et des élus démocrates avaient critiqué l’administration Trump pour ce qu’ils estimaient être une rétention d’informations et une diffusion du dossier Epstein jugée trop lente.

Une quinzaine de victimes s’est plaint dans un communiqué publié sur X que seule une "partie" des documents ait été rendue publique et a évoqué un caviardage "anormal et extrême" des éléments publiés vendredi sans "aucune explication". Elles ont aussi reproché au ministère de la Justice d’avoir "laissé les identités de nombreuses victimes apparentes, causant un préjudice immédiat et réel".

Le ministère était contraint par une loi, promulguée à contre-coeur par le président américain, de publier l’ensemble du dossier avant la date limite du vendredi 19 décembre.

Depuis sa résidence de Mar-a-Lago, en Floride, le président américain s’est quant à lui inquiété du mal que pourrait causer la publication du dossier, notamment des photos. Il s’est exprimé lundi pour la première fois depuis la publication partielle du dossier Epstein, s’inquiétant que ces documents n’affectent "l’image" de personnes innocentes.

"Tout le monde était sympa avec ce type"

"Tout le monde était sympa avec ce type", a-t-il lancé lors de sa résidence de Mar-a-Lago, en Floride.

"Bill Clinton était ami avec lui, mais tout le monde l’était", a-t-il poursuivi, s’inquiétant que certaines personnes "ayant innocemment rencontré" M. Epstein "parce qu’il était à une fête", puissent être embarrassées par la publication de ces documents. Un temps proche du financier avec qui il évoluait dans les mêmes cercles, le milliardaire républicain a toujours démenti avoir eu connaissance de son comportement criminel et assure avoir coupé les ponts avant qu’il ne soit inquiété par la justice.

Le ministère de la Justice dit avoir besoin de davantage de temps pour publier avec précaution le reste du dossier afin de protéger au mieux les victimes dont l’identité pourrait être dévoilée dans ces milliers de photos, vidéos et textes. L’opposition démocrate voit cependant dans ce retard une manoeuvre politique destinée à éviter la publication d’informations supposées compromettantes pour le président Donald Trump, qui apparaît sur des images aux côtés de Jeffrey Esptein.

La publication de ces documents, issus de l’enquête menée par les autorités américaines sur l’influent financier et criminel sexuel new-yorkais, mort en 2019 avant son procès, doivent aider à faire la lumière sur ses liens passés avec des personnalités de premier plan, dont le président républicain.

Un "canular"

Alors qu’il s’était dit, lors de sa campagne en 2024, d’accord pour rendre ces fichiers publics, Donald Trump a ensuite fait volte-face, dénonçant un "canular" instrumentalisé par les démocrates. Sa base "MAGA", obsédée par ce scandale, s’était insurgée quand le ministère de la Justice avait annoncé à l’été n’avoir découvert aucun élément nouveau justifiant la publication de documents supplémentaires ou de nouvelles poursuites.

Après des mois de révolte, le président a dû céder à la pression du Congrès, y compris d’élus républicains, promulguant en novembre une loi imposant à son gouvernement de publier l’intégralité des documents non classifiés en sa possession.

Figure de la jet-set new-yorkaise, Jeffrey Epstein est connu pour avoir fréquenté de nombreuses personnalités américaines et étrangères de premier plan, dont l’actuel président républicain et son lointain prédécesseur démocrate Bill Clinton. Il est accusé d’avoir exploité sexuellement plus de mille jeunes femmes, dont des mineures.

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