"On était un couple, on n’avait aucun tabou" jure le mari accusé d’avoir filmé des viols conjugaux dans le Gard
Le mari, qui risque vingt ans de réclusion criminelle, affirme que sa femme était consentante, et jure n’avoir jamais eu conscience qu’il commettait des crimes sexuels.
"C’est facile de m’accuser de viol maintenant, mais c’était mon épouse, et je l’idolâtrais. Mon corps, c’était son corps, et son corps, c’était mon corps, on fonctionnait comme ça."
Accusé de viols conjugaux par Ingrid, sa femme, au bout de vingt ans de mariage, Lori Aichouba, 46 ans, se bat pied à pied ce mercredi 4 février devant la cour d’assises du Gard, pour nier toute intention criminelle.
Ingrid avait 15ans et demi, et lui 19 ans quand ils se sont connus, le 22 mai 1998, à la féria d’Alès. "Je l’ai trouvée magnifique, on s’est revus et à partir de là on ne s’est plus quittés un seul jour" raconte-t-il.
Il est son premier partenaire sexuel : "On a tout exploré elle et moi, et très tôt. J’ai découvert que j’étais fétichiste de ses pieds. Elle a toujours été consentante sur tout. Quand elle n’avait pas envie, elle me disait, ben, sers-toi de mes pieds, et je me masturbais avec. Et elle m’avait dit, mais mon amour, tu peux me faire l’amour même si je suis endormie."
Il leur arrive de regarder du porno ensemble, et comme tant de couples aujourd’hui, se filment parfois, en mode sextape. "Moi j’ai jamais vu le mal à filmer, on était jeunes, je voulais me faire des souvenirs pour l’avenir, et parfois je m’en servais pour ma sexualité, pour me masturber. Elle les a toujours vues."
À l’été 2019, alors qu’ils ont deux enfants, et qu’Ingrid est gendarme dans une brigade spécialisée sur les violences sexuelles, elle décide de se séparer de cet homme qu’elle accuse d’insultes, de propos humiliants. Elle dépose plainte, pour viols conjugaux sous soumission chimique. Elle jure s’être souvent réveillée avec des douleurs, qui évoquent des rapports sexuels dans la nuit dont elle n’avait aucun souvenir.
Et puis il y a les vidéos. Pendant une pénible demi-heure, on en diffuse des extraits, gênants pour tout le monde. Ingrid se cache le visage, sort de la salle en pleurs, revient. Lori jette de brefs coups d’œil à l’écran. On y voit le couple faire l’amour, tous les deux actifs, fixant l’objectif. Une fois, elle lui demande d’arrêter de filmer. Sur d’autres, rien n’indique qu’elle se sait enregistrée. Et sur certaines vidéos, plus rares, elle est inerte, pendant les longs actes sexuels que pratique son mari.
La piste d’une soumission chimique écartée
"Si elle n’a pas consommé ce type de médicaments, l’hypothèse d’une soumission chimique se pose" estime l’expert toxicologue, qui a découvert les traces d’une molécule, sédative à haute dose, dans les cheveux d’Ingrid, datables entre juillet 2018 et l’été 2019. La justice n’a pas pu aller plus loin, les résultats étant biaisés par la décoloration cosmétique de ses cheveux blonds.
Pourtant, Céline, une copine d’Ingrid, a raconté cette soirée chez ses amis, à Caissargues, où elle a fait un black-out jusqu’au lendemain, après "deux ou trois gorgées" d’un cocktail préparé par Lori. "Le doute ne m’a jamais quitté" dit la jeune femme, qui trouve qu’il parlait beaucoup de sexe, et jure qu’il aurait fait des propositions de plan à trois aux deux filles.
Lori, lui, explique les absences répétées de sa femme, et celle de Céline, ce soir-là par leurs abus d’alcool.
Et ces vidéos où il se filme sur sa femme endormie ? "Je pensais qu’elle allait se réveiller et qu’on allait avoir un rapport sexuel comme c’était arrivé d’autre fois" affirme-t-il.
"On était un couple, on n’avait aucun tabou. Et si elle ne voulait pas de pénétrations, elle me virait. Quand elle ne voulait pas, elle savait me le dire."
"Mais comment pouvait-elle vous virer si elle est endormie ?" rétorque la présidente. Le procès a pris du retard, et joue les prolongations. Verdict ce jeudi 5 février au soir.

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