Cancer de la prostate : "La prévention, c’est vital"… En ce "Movember", le témoignage fort du maire de Cazouls-lès-Béziers

Abonnés
  • Un an après le diagnostic de son cancer de la prostate, le maire de Cazouls-lès-Béziers, Philippe Vidal, va "bien".
    Un an après le diagnostic de son cancer de la prostate, le maire de Cazouls-lès-Béziers, Philippe Vidal, va "bien". Midi Libre - Midi Libre
Publié le , mis à jour

En ce "Movember", mois de la sensibilisation sur les cancers masculins, le maire de Cazouls-lès-Béziers a décidé de raconter sa lutte récente contre le cancer de la prostate. Des paroles fortes.

Vous avez lutté en début d’année contre un cancer de la prostate. D’abord, comment allez-vous ?

Bien. J’ai eu de la chance, si l’on peut dire, que ce cancer soit diagnostiqué très tôt. Il n’était pas à un stade très avancé, ce qui a permis, grâce à une opération six mois plus tard, d’en venir à bout, même si pendant cinq ans, je vais évidemment rester sous surveillance, avec des prises de sang régulières.

C’est cette "chance" qui vous pousse à témoigner ?

Oui. Cette expérience m’a montré combien il est essentiel de réaliser des contrôles réguliers. Pour ma part, tout a commencé par une banale prise de sang, un peu après mon 60e anniversaire, afin de vérifier que tout allait bien. Les analyses ont révélé un taux de PSA (qui mesure la teneur en antigène prostatique spécifique dans le sang, NDLR) de 5 ng/ml, légèrement supérieur au taux de 4 ng/ml qui peut indiquer la présence d’un cancer de la prostate. Je n’avais pourtant aucun signe avant-coureur, je ne réveillais pas la nuit pour uriner par exemple, et je me sentais en pleine forme.

Le spécialiste m’a laissé quelques semaines de réflexion, et après en avoir parlé avec ma famille, j’ai opté pour l’opération, étant donné que les deux autres options ne permettent plus, en cas de récidive, de revenir à ce premier choix.

Que s’est-il alors passé ?

Mon urologue a préféré mener des investigations et si l’échographie n’a rien montré, une IRM a confirmé la présence d’un nodule. C’était le 27 septembre 2024, le jour de l’anniversaire de ma fille. Fin novembre, une biopsie a confirmé la présence de cellules cancéreuses, je suis donc rentré alors dans un protocole de soin. Il m’a été proposé trois thérapies : l’opération qui permet d’enlever une partie de la prostate ; la radiothérapie à raison de cinq séances toutes les trois semaines pendant trois mois ; la curiethérapie qui consiste à irradier, de l’intérieur du corps, la tumeur. Après m’avoir expliqué les avantages et les inconvénients de chaque thérapie, le spécialiste m’a laissé quelques semaines de réflexion, et après en avoir parlé avec ma famille, j’ai opté pour l’opération, étant donné que les deux autres options ne permettent plus, en cas de récidive, de revenir à ce premier choix.

Dans quel état d’esprit êtes-vous quand tombe le diagnostic ?

Je m’étais souvent posé la question, jusque-là, de ma réaction face à la maladie. Finalement, le temps entre l’IRM et le diagnostic m’a permis de me préparer psychologiquement. L’urologue m’avait dit que la présence d’un nodule laisse généralement peu de doute. Ce ne fut donc pas un choc, même si ce n’est jamais facile à encaisser. En revanche, j’étais plus inquiet de l’annoncer à mes enfants. J’ai essayé de les rassurer en leur disant que le médecin lui-même avait été rassurant.

Le soutien des proches, c’est aussi une thérapie ?

L’entourage familial, amical, cela compte beaucoup en effet. Et mon rôle de maire a joué aussi. Je l’ai évidemment annoncé à mon équipe municipale et quelques jours après, beaucoup dans le village (un peu plus de 5 000 habitants, NDLR) avaient connaissance de l’épreuve que je devais affronter. Ainsi, lors du repas des aînés, ce sont eux qui me demandaient comment j’allais. Je n’ai reçu que de la bienveillance. Ce qui compte aussi beaucoup, c’est la relation de confiance envers son thérapeute.

Tout savoir sur les cancers masculins.
Tout savoir sur les cancers masculins. S.W.

Comment vit-on jusqu’à l’opération ?

Le plus normalement possible. En tout cas, jusqu’à la veille du rendez-vous, le 19 mars dernier, j’étais en mairie. J’ai même présidé le conseil municipal qui votait le budget le 18 mars au soir. Cela m’a permis aussi de penser à autre chose, je crois que c’est nécessaire.

Et après ?

Il y a normalement trois mois de repos, mais j’ai préféré revenir en mairie six semaines plus tard car je me sentais bien, une fois passée la fatigue liée à l’opération. En revanche, je n’ai pas lésiné sur la rééducation qui consiste surtout à muscler le périnée. Je l’ai commencé avant, à la fois avec le kiné et même régulièrement au cours de la journée. Cela m’a permis de ne souffrir d’aucune incontinence, ce qui est souvent un effet secondaire de ce cancer.

Je peux le garantir : tout cela n’obère aucune faculté masculine (sourire).

Rien n’est tabou pour vous dans votre récit…

Absolument rien. Je crois vraiment nécessaire de dédramatiser tout cela. D’ailleurs, et parce que beaucoup d’hommes me le demandent, parfois avec une gêne, je peux le garantir : tout cela n’obère aucune faculté masculine (sourire).

Que retenez-vous de cette expérience ?

Beaucoup de leçons. Déjà, qu’être confronté à ce type d’épreuve change ta vision de la vie ; il y a un avant et un après. Mais aussi que nous avons la chance de vivre dans un pays où le système de santé, quoi qu’on en dise, est performant. Enfin, je me répète, mais que la prévention, c’est vital. Il faut réaliser régulièrement des contrôles. Sans cette prise de sang, et même si le cancer de la prostate fait partie de ceux qui se soignent le mieux, mon histoire aurait pu être très différente.

 

Cet article est réservé aux abonnés
Accédez immédiatement à cet article
1 semaine offerte
Cet article est réservé aux abonnés
Accédez immédiatement
à cet article à partir de
3,99€/mois
Voir les commentaires
Réagir
Vous avez droit à 3 commentaires par jour. Pour contribuer en illimité, abonnez vous. S'abonner

Souhaitez-vous recevoir une notification lors de la réponse d’un(e) internaute à votre commentaire ?

Les commentaires (13)
Anonyme194014 Il y a 2 mois Le 26/11/2025 à 08:48

Il y a 20 ans je vois un article ML "un espoir pour le traitement du cancer de la prostate". Laboratoire Metabolisme et Cancer au CRCM. Ayant été traité par chimiotherapie et radiotherapie j envisage un espoir. Je telephone et on m annonce qu il s agit de travaux chez la souris!!!
GAG. De qui se moque t on ???
Nous sommes en 2025 et toujours RIEN !!
La prostate c est gros comme une noix !!!
Devellopement cellulaire, characterisation, metabolisme, biologie moleculaire...Depistage precoce et therapie preventive.
OU va notre argent???

Solexine Il y a 2 mois Le 23/11/2025 à 18:34

Je suis bien d'accord, la prévention c'est vital, mais dans les faits, cela ne se passe pas comme ça.
Tout d'abord, mon généraliste n'y croyait pas et m'a baladé plus de 4 ans avec une molécule.
J'ai fini par me mettre un coup de pieds aux fesses et à consulter un urologue : 6 mois d'attente le RDV, plus 6 autres mois pour passer un scan, plus encore 3 mois pour la biopsie (dont le compte-rendu m'a été adressé par mail sans aucune explication).

2 mois de plus pour l'opération de prostatectomie avec les dépassements d'honoraires : anesthésiste, chirurgien, robot et garantie de réservation de chambre individuelle.

Hélas, à force d'avoir autant attendu, le chirurgien n'a pas pu finaliser la prostatectomie.
Il a bien curé les ganglions, mais pour la tumeur, il a ouvert et refermé. Trop tard. Fin de l'histoire.

Je n'ai aucune idée du temps qui me reste à vivre. Pour penser à autre chose et voir des gens, je me rends en service de réadaptation, mais le sablier descend.
Score de Gleason de 8 et stade 4, il faut dire que ça partait mal...

Reflexion34 Il y a 2 mois Le 24/11/2025 à 16:13

Tout cela est lamentable...Gardez le moral , courage à vous.

ardechois34 Il y a 2 mois Le 23/11/2025 à 08:31

Diagnostique il y as 3 ans lors de mon bilan annuel depuis mes 45 ans monter rapide en 6 mois de mon psa examen en décembre résultat avant Noël opère rapidement le 8 janvier car les cellules était dans la prostate récidive cette été 33 séances de radiothérapie mais tout va bien maladie sournoise car une alarme sur ma santé.faites-vous tester monsieur