Derrière la façade moderne, de multiples malfaçons : à Montpellier, la nouvelle résidence H2O est un cauchemar pour les locataires
Les occupants de l'immeuble H2O construit au Petit-Bard vivent sans chauffage, ni ascenseur. La résidence a été inaugurée il y a seulement dix-huit mois.
La façade est avenante et moderne, le hall d’entrée ample et lumineux. Mais derrière les apparences c’est un véritable cauchemar que vivent les locataires de la résidence H20, construite à l’entrée du quartier du Petit-Bard. Un immeuble de 33 logements pourtant inauguré en grande pompe en septembre 2024 (lire encadré), il y a 18 mois à peine. "On était très content quand on est arrivé, mais depuis les dysfonctionnements sont allés crescendo", déplore une locataire, résidente du 4e étage. "La résidence a été faite avec des matériaux de basse qualité", ajoute une autre résidente.
Chauffage ou eau chaude, il faut choisir
Des parkings du sous-sol à la toiture, les désagréments sont multiples. Le plus important concerne l’absence de chauffage."Il n’y a jamais eu de chauffage. La chaudière principale est en panne depuis octobre 2025. Celle de remplacement ne permet pas d’avoir chauffage et eau chaude en même temps et celle-ci rencontre aussi des difficultés de fonctionnement", poursuit l'une des jeunes femmes. L’été dernier, l’approvisionnement en eau chaude a ainsi été interrompu pendant un mois.
Le propriétaire, Foncière Logement promet des réponses "au plus vite"
En septembre, c’est en plein congrès national des HLM que la résidence H20 avait été inaugurée. Aux côtés du maire Michaël Delafosse, on notait notamment la présence du président par intérim de l’Anru, du vice-président d’Action logement et de la présidente de Foncière Logement, l’organisme propriétaire de l’immeuble.
Un programme ambitieux
"Emblématique, le programme illustre la capacité d’Action logement et de Foncière Logement à s’engager dans des opérations de requalification urbaine qui participent de la transformation des quartiers prioritaires de la politique de la Ville, au service de la mixité sociale et de la vitalité des territoires", était-il alors indiqué dans le dossier de presse. H2O accueille ainsi des familles non éligibles au parc social, mais à des prix de location légèrement moindres que dans le parc privé classique.
S’agissant des nombreux dysfonctionnements relevés par les locataires, l’association Foncière Logement assure être "pleinement mobilisée pour que des réponses claires et des solutions définitives soient apportées au plus vite, en lien avec le gestionnaire et les entreprises intervenantes".
Contentieux ouvert avec le constructeur
Un contentieux s’est ainsi ouvert avec le constructeur de l’immeuble, le groupe Duval, dans le cadre de la garantie décennale. "Devant son inaction, Foncière Logement a déclenché les procédures de dommage ouvrage qui s’imposaient pour que soient réalisés et pris en charge, au plus vite, les travaux définitifs de réparation", précise le propriétaire qui évoque des "procédures longues et complexes".
Des demandes de réparations comparables ont également été engagées pour les fuites d’eau et les infiltrations observées dans certains immeubles et les problèmes rencontrés avec les portes d’accès. Foncière Logement indique, enfin, que les charges, jusqu’alors toujours prélevées, seront déduites des frais d’entretien de l’ascenseur pendant deux mois, ainsi que le coût de maintenance de la chaudière pour une durée de six mois.
Des infiltrations sont parallèlement apparues dans les parkings, mais aussi dans les appartements. "Dès qu’il y a de grosses pluies, on a peur de ne pas pouvoir sortir du parking." L’ascenseur de cet immeuble de cinq étages est également en rideau depuis la mi-décembre. "Des techniciens sont venus et ont indiqué que c’était un problème de courroie usée", explique une habitante, qui déplore la dégradation des fermetures magnétiques des portes d’entrée. "Elles n’ont pas été pensées pour une utilisation récurrente."
"Nous continuons de payer des loyers et des charges pour des prestations inexistantes et un confort de vie dégradé. Nous souhaitons que la lumière soit faite sur la gestion de ce programme immobilier", ont écrit les résidents à divers interlocuteurs, dont le maire Michaël Delafosse.
Dans une réponse, l’agence chargée du syndic évoque "un défaut manifeste de construction initiale, ce qui explique la répétition des désordres et la nécessité d’expertises approfondies avant toute intervention définitive". "À ce rythme qu’est-ce que ça va être dans un an ? ", s’inquiètent les locataires.



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