"Tous les signaux sont au rouge" : "année noire" avec plus d’un million de sans-abri… Que dit le rapport sur le mal-logement ?
Le mal-logement a atteint un niveau record en France en 2025, avec 4,2 millions de personnes sans logement ou mal-logées, selon le 31e rapport de la Fondation pour le logement des défavorisés publié ce lundi 2 février.
Le mal-logement s’est aggravé en France en 2025, avec plus d’un million de personnes ne disposant pas d’un logement personnel, selon un rapport de la Fondation pour le logement des défavorisés, qui évoque lundi une "année noire".
"Tous les indicateurs se dégradent et la réponse politique est loin d’être à la hauteur", accuse le 31e rapport sur le mal-logement de la Fondation (ex-Abbé Pierre).
"Tous les signaux sont au rouge"
Parmi les 1,1 million de personnes sans logement personnel, la Fondation estime que 350 000 n’ont "pas de domicile et sont hébergées de façon précaire en centre d’hébergement ou à l’hôtel" – dont 40 000 sans abri – et 600 000 "sont hébergées chez des tiers de manière contrainte".
"Tous les signaux sont au rouge" alerte le rapport, de l’accès au logement, aux mauvaises conditions d’habitat, en passant par les difficultés à payer son logement et ses charges. Les mauvais records s’accumulent : 912 morts de la rue, près de 25 000 ménages expulsés de leur logement, 35 % des Français ont eu froid chez eux, 2,9 millions de ménages en attente d’un logement social, 15,4 % de la population sous le seuil de pauvreté.
4,2 millions de personnes sans logement ou mal-logées
La Fondation dénombre 4,2 millions de personnes sans logement ou mal-logées en France. S’ajoutent 12,3 millions de personnes fragilisées par la crise du logement, comme des locataires en impayé de loyer, des personnes en précarité énergétique, des ménages à qui il manque une pièce ou un logement adapté à leur handicap.
"On n’avait jamais connu à la Fondation de telles tensions sur le front de la lutte contre le mal-logement et de la pauvreté […] et jamais eu aussi peu de réactions de la part du gouvernement face à la dégradation" des chiffres de l’exclusion, du mal-logement et de la pauvreté, a réagi Christophe Robert, délégué général de la Fondation pour le logement lors d’une conférence.
"On a vu l’année 2025 s’achever comme elle a commencé"
Le rapport consacre un chapitre aux 600 000 personnes hébergées chez un membre de leur famille, un ami ou une connaissance, une "solution palliative mobilisée par des milliers de personnes sans domicile" mais qui "devient d’autant plus pénalisante à mesure qu’elle se prolonge".
"Malgré ces tristes réalités, on a vu l’année 2025 s’achever comme elle a commencé : sans budget, dans l’instabilité politique et l’illisibilité de l’action gouvernementale", souligne Christophe Robert, qui note que la "politique du logement pour les plus défavorisés a été bien malmenée".
"Il est impératif de remettre la lutte contre les exclusions au cœur de l’action publique", a-t-il tancé, lançant un "appel solennel aux candidats aux élections municipales, aux responsables politiques, au gouvernement comme aux parlementaires".
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