Descente de police au point de deal des Escanaux à Bagnols-sur-Cèze : quatre prévenus jugés en comparution immédiate
Une importante opération de police a donné lieu à huit interpellations le 12 août au quartier des Escanaux à Bagnols-sur-Cèze, un quartier rongé par le trafic de drogue. Ce jeudi 14 août quatre majeurs ont comparu en correctionnelle.
La police a lancé une opération au quartier des Escanaux à Bagnols-sur-Cèze, un quartier rongé par le trafic de drogue. Des surveillances ont été menées ces derniers jours qui ont conduit à un coup de filet le 12 août dernier avec huit hommes interpellés, a indiqué la direction interdépartementale de la police dans un communiqué.
Banquier, guetteur, dealer
Le dispositif a conduit à des saisies de drogue (360 g de résine de cannabis, 45 g d’herbe de cannabis et 21 g de cocaïne) et d’argent liquide pour plus de 2000 euros, a ajouté la police du Gard précisant au passage qu’une structure avait été matérialisée dans la procédure.
Une organisation semble en effet avoir été dessinée par les investigations des policiers qui auraient déterminé des rôles distincts pour les suspects avec des dealers, des guetteurs et un homme qualifié de "banquier" pour ses fonctions liées à la surveillance et à la conservation de l’argent.
18, 19 ans, 21 ans et 24 ans
Des majeurs et des mineurs ont été arrêtés et placés en garde à vue. Certains ont été déférés ce jeudi 14 août pour être jugés dans le cadre d’une audience de comparution immédiate. Ainsi quatre suspects, âgés de 18, 19, 21 et 24 ans ont comparu devant le tribunal correctionnel. Mais parmi eux, certains ont demandé un délai pour préparer leur défense. Comme s’il s’agit d’une demande qui s’impose au tribunal, les magistrats n’ont pas examiné le fond du dossier mais seulement les mesures de sûreté sur les prévenus, à savoir de décider d’un contrôle judiciaire ou d’un placement en détention provisoire.
Dans le box des détenus, on distingue de très jeunes gens, dont certains semblent précarisés. Ils font face à des réquisitions de placement en détention en attendant le procès. Frédéric Kocher, le procureur adjoint de la République, a rappelé que "cette affaire qui s’inscrit dans la lutte contre le trafic de stupéfiants" et qui a donné lieu à des "interpellations y compris des mineurs" et que l’affaire a mis au jour les rôles respectifs de chaque suspect avec des guetteurs, des vendeurs, un banquier.
Le parquet demande des détentions provisoires
Le parquet a requis le placement en détention des suspects pour s’assurer des garanties de représentation des suspects. Ces demandes d’incarcérations s’inscrivent dans un contexte de pression forte sur ce quartier des Escanaux avec notamment l’affaire d’un homme, suspecté d’être proche du point de deal, qui a été retrouvé criblé de balles dans la campagne des Angles le 1er août dernier et qui a manifestement été enlevé à Bagnols-sur-Cèze dans le quartier des Escanaux.
Un membre non identifié a téléphoné ce jeudi à notre rédaction en se présentant comme un membre de la famille de l’ado pour indiquer que l’adolescent n’avait jamais été condamné pour stupéfiants et que s’il était suspecté n’avait jamais fait l’objet d’une décision de justice. La personne a d’abord indiqué avoir un lien de parenté avec l’ado puis au cours de l’entretien a donné un autre lien de parenté. Son témoignage a donc une valeur relative.
Escanaux sous pression du trafic de drogue
Un quartier, paupérisé, qui connaît une pression forte des trafiquants de drogue. Certains seraient liés à des barons de la drogue du Vaucluse. Récemment, certains trafiquants poursuivraient leur implantation dans le quartier avec des propositions d’activité aux gens du quartier. Une lettre (non authentifiée à ce jour) présenterait des excuses aux gens du quartier pour les gênes occasionnées. Il s’agit d’un quartier sous pression du trafic comme d’autres quartiers de Nîmes du reste.
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Sur la situation pénale des quatre prévenus, les avocats de la défense (Mes Bruyère, Casteran, Marquès-Freire) mettent en exergue les difficultés sociales de ces jeunes gens et la pauvreté crasse qui règne dans ce secteur du Gard Rhodanien. Les avocats proposent au tribunal d’ordonner des placements sous contrôle judiciaire. Le tribunal est parti délibérer (13 h 05).
Une incarcération et trois contrôles judiciaires
13 h 45. Le tribunal ordonne le renvoi de l’affaire au 24 septembre. Trois prévenus sont placés sous contrôle judiciaire avec interdiction de séjour dans le quartier des Escanaux. Le quatrième prévenu est placé en détention provisoire.