"Une petite voix me disait que je ne pourrais peut-être jamais rejouer" : Titouan Droguet, la victoire de la renaissance à l’Open d’Occitanie
Qualifié pour les quarts de finale après sa victoire contre le finaliste de l’épreuve Aleksandar Kovacevic, Titouan Droguet, ancien pensionnaire d’une académie au Cap d’Agde, savoure son retour au premier plan après avoir failli arrêter le tennis. Avec Cazaux, Royer, Chidekh et Gea, tous proches de la région, il symbolise l’éclosion au plus haut niveau du tennis héraultais dans le giron du clan tricolore.
Les coups d’éclat se forgent parfois à l’ombre des caméras. Comme ce jeudi en début d’après-midi sur le court N.1 attenant au "central", qui a vu la victoire pleine de panache de Titouan Droguet (N.150) sur le finaliste en titre, Aleksandar Kovacevic (N. 84), 6-4, 6-7 (5), 6-4. Pensionnaire durant trois ans et demi à la French Touch Academy au Cap d’Agde, comme l’a révélé L’Équipe, le Français de 24 ans a fait impression et exorcisé quelques démons.
Casquette à l’envers, bras en croix, baiser au public, Titouan Droguet a célébré son "super match" et peut remercier son service. "Ça va me permettre d’avancer au classement, pour moi, ce n’est que du kif", a-t-il confié à chaud sur le bord du terrain. Mais l’essentiel était ailleurs pour celui qui, l’an dernier sur le même court, s’était donné une déchirure aux adducteurs au dernier tour des qualifications, reflet d’une santé vacillante qui faillit le faire renoncer.
Le souffle de la renaissance
"Ce sont des petits traumatismes qui remontent. Mais je savais que j’étais beaucoup mieux préparé que l’année dernière. J’ai beaucoup plus confiance en mon corps et en mon physique." Ce dernier l’a effectivement souvent trahi depuis deux ans. "Des problèmes, physiques, on va dire que j’en ai eu beaucoup toute ma vie… Après (sa blessure aux adducteurs), j’ai eu des problèmes de respiration. Ça faisait déjà un an que ça durait, mais ça m’a empêché de jouer pendant trois, quatre mois l’année dernière. Ça a été dur parce que je ne trouvais pas la solution. Il y avait une petite voix dans ma tête qui me disait que je ne pourrais peut-être jamais rejouer, parce que je ne savais pas ce que j’avais."
Le soulagement intervient l’été dernier, quand un problème d’asthme est diagnostiqué. Libéré psychologiquement, Titouan Droguet n’a plus que le temps à rattraper, ce qu’il a magnifiquement fait hier en se qualifiant pour les quarts de finale. "Ça a été super compliqué pendant un an. Et là, je n’ai plus rien. Je ne sais pas trop pourquoi ça s’est décanté d’un coup. Depuis juillet, je suis super heureux, je joue super bien. Quand on a connu les problèmes de respiration et quand on arrive à respirer de nouveau, on se sent vraiment super bien. On kiffe de jouer. Même quand on perd, on arrive à profiter de chaque moment." Une tranche de vie racontée en un éclair. Jusqu’au souffle de la renaissance.
Un air de famille
Kif. Le mot revient souvent cette semaine dans la bouche des Français, mais pour Titouan Droguet, la résonance vient de plus loin, matinée d’une petite fierté à vaincre cette année quasi à domicile, à Montpellier. "Mon frère habite à 40 km d’ici, il vient m’encourager à tous les matches. Je suis aussi venu avec mon préparateur physique (Hugo Dos Santos). Il y avait beaucoup d’ambiance encore une fois, j’adore ce petit coin avec la tribune qui est pleine. C’est trop bien."
"Let’s go Tiouan ! Let’s go !", a scandé tout le match son kop installé aux premières loges, un soutien qui lui sera encore précieux au prochain tour, cette fois-ci au cœur de l’arène. Déjà vainqueur du Britannique Jan Choinski lors de son entrée en lice, Titouan Droguet défiera en quart de finale le Néerlandais Tallon Griekspoor, vainqueur jeudi de Pablo Carreno-Busta.
À l’Open Occitanie, un local de l’étape peut en cacher un autre. Car après le forfait du Montpelliérain Cazaux Cazaux (23 ans) et l’élimination de Valentin Royer (24 ans), lequel s’entraîne à la Grande-Motte avec Clément Chideck (24 ans), sans oublier Arthur Gea (21 ans), dont la grand-mère vit à Palavas, Titouan Droguet complète avec succès cette touche héraultaise aux franches allures d’équipe de Coupe Davis !



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