"Je veux un GPS, un Grand Parti Socialiste", assure Nicolas Mayer-Rossignol candidat au poste de premier secrétaire
Le maire de Rouen, candidat au poste de premier secrétaire du PS opposant à Olivier Faure, est cette semaine en campagne en Occitanie. Il passe ce jeudi 22 mai par Montpellier et Perpignan. Le congrès du parti se tiendra à Nancy du 13 au 15 juin.
Dans le cadre de votre campagne, vous passez par l’Occitanie, une région qui vous est favorable, non ?
Oui, j’y ai beaucoup d’amis, avec des personnalités socialistes, inspirantes. Je pense évidemment à Carole Delga, à Michaël Delafosse. À Valérie Rabault aussi. Et bien d’autres. À Montpellier, avec Hussein Bourgi, Kléber Mesquida, Christian Assaf, Julie Frèche… Des personnalités reconnues, dont on a besoin au niveau national.
"Pas d’alliance avec LFI"
C’est le problème du PS sur le plan national : si vous allez dans la rue, les personnalités locales, régionales, sont connues, leur action, elle est claire, vue comme utile.
Car, pour la plupart, ils dirigent aussi des exécutifs…
Voilà. Ça avance. Par contre, si dans la même rue, vous interrogez les mêmes Français en leur demandant quelle est la ligne du PS, là, c’est pas clair. C’est fou ! Il y a un paradoxe, un contraste entre la qualité au niveau local, et l’absence de clarté au niveau national. Je veux changer ça.
Pour votre projet, quelle ligne défendez-vous ?
C’est clairement à gauche et républicain, une ligne très claire sur la laïcité, la République, sans aucune confusion, compromission, ou ambiguïté sur les questions de sécurité, de laïcité, de République. Ça veut donc dire : pas d’alliance avec LFI. Voilà.
Sur l’Europe ?
C’est le deuxième point. À gauche, tout le monde n’est pas forcément proeuropéen, on le sait. Nous, on est clairement proeuropéen. Enfin, un troisième point très important : être clairement crédible. On peut avoir des grandes ambitions. Quand Michaël fait la gratuité des transports à Montpellier, c’est une grande ambition. Radicale même. Mais crédible, parce qu’il explique comment il va augmenter l’offre de transport et de services, comment il finance, etc.
"Pas de tabou, sur la sécurité par exemple"
Pour être crédible, il faut aussi ne pas avoir de tabou. Sur la sécurité par exemple. Les Français ont parfois l’impression que la sécurité est tabou u PS. Mais si vous allez à Montpellier, par exemple, on voit que Michaël n’a pas de tabou sur la sécurité.
Votre projet, sur le fond, est assez similaire à celui de Boris Vallaud, ou celui d’Olivier Faure, désormais plus ou moins émancipé de LFI. Qu’est-ce qui vous distingue vraiment ?
Tout est dans le plus ou moins. Là encore, il faut être clair. Si demain il y a une dissolution, reste-t-on tenté par des accords avec LFI ? Nous, c’est non. Il n’y a pas de codicille, d’hésitation, d’ambiguïté. On est les seuls à le dire comme ça. Pour d’autres, ce n’est pas clair du tout.
"Un parti d’à peine 40 000 militants"
Ensuite, vous avez raison, on partage beaucoup de choses avec Boris Vallaud. Disons que notre ligne n’a pas changé. Boris a changé récemment. Tant mieux si on se retrouve aujourd’hui. Et j’espère qu’on se retrouvera complètement au second tour.
Pas d’alliance, donc, avec LFI, qui présente des candidats sur des villes déjà tenues par la gauche ?
Oui. Marseille et Montpellier sont deux exemples édifiants. En fait, la stratégie de LFI au niveau municipal, ce n’est pas de battre la droite, de faire perdre la gauche. Mais ils n’y arriveront pas. Parce que la gauche, la vraie, celle qui agit vraiment, c’est celle de Michaël Delafosse ou de Benoît Payan.
Le vainqueur du congrès de Nancy sera mis sur orbite pour la présidentielle ?
Olivier Faure veut être candidat à la présidentielle, c’est très net. Il a le droit, je ne conteste pas son ambition.
"Remettre le parti d’aplomb"
Mais le sujet du congrès ce n’est pas ça. Je trouve même ça un peu ridicule, parce qu’aujourd’hui, on a un parti où il y a à peine 40 000 militants, dans les sondages, on est à 2 %, la gauche tout entière, fait moins de 30 %, alors parler de candidature à la présidentielle, je trouve ça presque indécent.
Commençons par réfléchir à comment être utile pour les Français. C’est le sens de ma candidature : remettre ce parti d’aplomb. Pas à 40 000. Moi, je veux 100 000. Je veux un GPS, un Grand Parti Socialiste.


