Meurtre du jeune Semy à Pissevin : l’accusé insulte l’avocate de la famille, crie au complot et balance les noms des trafiquants
Deuxième jour d’audience de l’affaire de meurtre commis à Pissevin le 18 janvier 2021. Un témoin a révélé que l’accusé lui a demandé de fournir un alibi. L’ambiance se tend. L’accusé assure être au centre d’une "poussette" pour le faire plonger. Il vient de révéler plusieurs noms des barons nîmois du trafic.
Le niveau de sécurité est maintenu à son plus haut niveau ce mardi 20 janvier au deuxième jour d’audience de la cour d’assises spéciale pour examiner le meurtre commis à Pissevin le 18 janvier 2021. Un jeune de 22 ans avait été tué par une rafale de kalachnikov alors qu’il était passager d’une Peugeot 208. Il avait été tué par erreur sur fond de guerre des points de deal et constituait l’un des premiers homicides dans ce contexte qui aujourd’hui connaît une recrudescence. Ce mardi, la police et les agents pénitentiaires ont formé un convoi escorté par de nombreux policiers dont certains équipés d’armes de guerre. Le procès vient de reprendre avec un témoin qui a refusé de se déplacer à l’audience pour être entendu. Il s’agirait d’une ex-compagne de l’accusé. La cour vient de la condamner à une amende pour ne pas s’être rendue à sa convocation.
Nîmes le convoi qui conduit l’accusé au palais vient d’arriver au tribunal pour le deuxième jour d’audience du procès de meurtre en bande organisée sur l’affaire du 18 janvier 2021 à Pissevin. L’affaire est jugée pour la première fois à Nîmes devant la cour d’assises spéciale. pic.twitter.com/bSvFT6GXKY
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Actuellement, un autre témoin vient à la barre et précise son rôle par rapport aux véhicules utilisés dans le meurtre. En effet, une Renault Laguna et un Fiat Doblo ont été identifiés dans le convoi criminel qui s’est positionné au niveau de la Peugeot. L’un des passagers est descendu et a regardé les passagers de la 208, il aurait scruté le conducteur puis le passager a ouvert le feu à la Kalachnikov et rafalé le pauvre passager qui est mort quelques minutes plus tard.
Le témoin vient de provoquer un souffle sur la cour d’assises en révélant que l’accusé lui a mis la pression pour lui fournir un alibi. Le témoin révèle qu’il a refusé, étant lui-même sous contrôle judiciaire et à ce moment-là de la journée (le soir) il lui était impossible d’être présent dans un commerce et qu’il n’a rien à voir avec la Laguna.
"Tu m’as pas fait d’alibi je vais te déchirer à la Kalach"
"Il m’a dit sur snapchat, tu m’as pas fait d’alibi je vais te déchirer à la Kalach", restitue le témoin. Le président Christian Pasta lui pose à nouveau la question. Le témoin confirme que l’accusé lui a demandé de témoigner pour obtenir un alibi et que le jeune homme certifie avoir refusé de fournir cet alibi lié à la Laguna ; un témoignage qui aurait permis de mettre à distance l’accusé de la scène de crime. On comprend que si le témoin avait reconnu être le propriétaire de la voiture Laguna, le lien avec ce véhicule aurait été mis à distance pour l’accusé.
"Jamais de la vie on fera des alibis à des gens qui commettent des actes comme ça et qui sont pas capables de les assumer"
Son témoignage provoque un effet de souffle sur la cour d’assises qui dispose déjà d’un faisceau d’indices qui mettent en cause l’accusé : bornages de la téléphonie de Kamel Taidia, cartouches d’arme de guerre retrouvées, repérage de deux véhicules par la vidéosurveillance.
"Jamais de la vie on fera des alibis à des gens qui commettent des actes comme ça et qui sont pas capables de les assumer", ajoute le témoin qui maintient que l’accusé l’a contacté sur snapchat en lui promettant le même sort que la victime, '' le jeune de Vacquerolles'' en le déchirant à la kalachnikov. "Ils ont cru qu’on allait leur faire un alibi", ajoute cet habitant de Pissevin.
Un incident éclate et l’accusé s’énerve et désigne le témoin comme étant le frère de Pierre Guest "le plus gros mafieux de Nîmes". "Oui je suis le frère de Pierre Guest !", rétorque le témoin qui interpelle l’accusé en lui disant : "C’est pas une raison de tuer un innocent". Le témoin s’insurge contre le fait que les auteurs du meurtre aient tué un innocent. Les policiers se déploient aux abords du prétoire pour faire retomber la pression. La tension est palpable dans ce procès à lourd enjeu pour l’accusé qui clame son innocence.
L’avocat général interroge le témoin sur les tensions autour du narcotrafic. Le témoin répond qu’il ne se mêle pas de ces affaires. "C’est leur guerre entre eux".
Le témoin poursuit : "Ils peuvent dire ce qu’lls veulent, ni moi ni Jallel B. on a jamais acheté de véhicules, ils couvrent quelqu’un". […] Monsieur Traidia qui a commis ces faits, il s’est vanté à tout Nîmes d’avoir commis ces faits".
"Traidia, c’est l’arbre qui cache la forêt"
En milieu d’après-midi, un incident a éclaté entre l’accusé et l’avocate de la famille qui demandait à Kamel Traidia de ne pas apostropher le père de la victime. Le ton est monté rapidement. ''Va niquer ta mère, va niquer ta mère", lance-t-il à l’avocate.
16 heures. L’accusé est interrogé sur les faits reprochés. "Je conteste les faits Monsieur le président, je suis victime d’une ‘’poussette’’ (une manigance)."La poussette, c’est la spécialité de Nîmes et du Vaucluse".
Le grand déballage des noms des chefs de réseaux selon l’accusé
Il assure qu’il est au centre d’un complot fomenté par les actuels patrons du trafic de drogue à Nîmes qui s’arrangent sur son dos pour lui faire porter le chapeau. Il balance les noms des vrais boss du trafic à Nîmes. Il estime qui lui ont envoyé des faux témoins pour le charger. "C’est eux les chefs de réseaux de la Zup, c’est toute une organisation avec D. et B.". Il explique qu’ils se partagent le marché du cannabis, de la cocaïne et des bonbonnes de protoxyde d’azote. Il balance aussi qu’il y a point de deal à Vacquerolles, au Mas de Mingue, aux Jonquilles… "On veut me coller un meurtre de force ? J’ai rien fait !".
Procès devant la cour d’assises spéciale du Gard pour le meurtre d’un jeune homme de 22 ans tué à Pissevin en janvier 2021. L’accusé nie son implication. L’avocate de la partie civile vient de terminer sa plaidoirie. suite du procès demain. pic.twitter.com/jvKhTzyaY5
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"J’ai rien à voir avec la DZ"
Il s’adresse à certaines personnes présentes dans la salle et désigne les responsables du trafic à Nîmes et balance les noms des chefs du trafic. Le message snapchat pour l’alibi ? L’accusé explique que c’est un faux témoignage téléguidé par un des lieutenants du réseau.
Le président Pasta lui demande s’il connaissait Farid D. qui a été tué en janvier 2021 et qui avait disparu le 7 janvier. L’accusé explique à ce sujet que Farid D, selon lui, avait donné le Go (localiser) pour faire tuer un homme de Marseille et qui n’a pas été tué finalement. Ce dernier aurait lancé à son tour une représaille fatale pour le Nîmois (cette thèse n’a pas été démontrée par une enquête judiciaire).
Me Khadija Aoudia demande à l’accusé sur les liens entre l’accusé et la DZ Mafia. Ce que réfute totalement Kamel Traidia."J’ai rien à voir avec la DZ, je suis né en France, l’Algérie, j’en ai rien foutre (sic)".
#Nimes cinq ans après le meurtre l’affaire jugée devant la cour d’assises spéciale la victime n’avait aucune chance de survie face à la rafale de Kalachnikov pic.twitter.com/r7KQE8bxaV
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