Morante de la Puebla fait ses adieux au costume de lumière : souvenirs à Nîmes
Ce dimanche 12 octobre 2025 un chapitre capital de la tauromachie contemporaine a été tourné. Morante de la Puebla a décidé de se retirer du toreo.
La nuit tombait sur Madrid. Lui, José Antonio Morante de la Puebla, le visage ravagé par l’émotion, eux (22 964 spectateurs), criant ou pleurant ont vécu des moments inoubliables. "Figura" absolue de l’art tauromachique d’aujourd’hui, le maestro a fait ses adieux. Dans toutes les arènes de la planète comme à Nîmes, on ne le reverra plus en costume de lumière.
Du statut de novillero à celui de légende
Si Morante de la Puebla bénéficie, depuis de longs mois, du statut de légende intouchable grâce à sa personnalité, son style inimitable, ses faenas aux images venues d’un autre monde, Nîmes, avant sa dernière apparition dans le cadre de la feria de Pentecôte 2025, a pu connaître des séquences illustrant l’envergure et la créativité du maestro. Novillero (il participa à la Cape d’or 1996, sans remporter le trophée toutefois), ou matador, il imprima son cachet. Soulevant l’enthousiasme par des scènes, cape ou muleta en mains, jamais imaginées jusqu’alors, tant leur incroyable dessin pouvait stupéfier, ou déconcertant parfois le public lors de journées sans inspiration, Morante par son pouvoir attractif n’a jamais pu laisser indifférent. Une légende, peu à peu, prit forme.
Des touches de magie pour l’alternative de Marco Pérez
Pour cette temporada 2025, bénéficiant d’une aura difficilement traduisible et d’une ferveur quasi religieuse de la part d’innombrables aficionados, Morante de la Puebla, le vendredi 6 juin, avait été choisi pour parrain de l’alternative de Marco Pérez. Dans le cadre de cette corrida de lever de rideau de la Pentecôte, devant les toros de Garcigrande, entre classicisme et démonstrations d’art baroque, l’intuition de maestro avait à nouveau permis au public de mesurer les touches de magie qu’il pouvait délivrer.
Un matin de 2010, une chaise pour les souvenirs
Évoquer Morante à Nîmes, au milieu de paseos multipliés au cours de temporadas, ne peut se dispenser de revoir l’image d’une chaise. Ce matin ensoleillé de la Pentecôte 2010, une faena pour l’album des souvenirs. Assis, le maestro entama le combat, la musique retentit, les passes se succédèrent, et c’est dans la même position que Morante, recueillit les dernières respirations du toro "Bullicio" de Juan Pedro Domecq. Les arènes secouées et délirantes. Morante venait d’écrire un chapitre d’Histoire.
J'ai déjà un compte
Je me connecteVous souhaitez suivre ce fil de discussion ?
Suivre ce filSouhaitez-vous recevoir une notification lors de la réponse d’un(e) internaute à votre commentaire ?