Tensions à l’OPH Béziers Méditerranée : un projet de manif et une page Facebook de soutien à Magali Bordja
À quelques jours du conseil d’administration de l’office public de l’Habitat Béziers Méditerranée, les soutiens de la directrice, sur le point d’être licenciée, appellent à manifester pour mettre, sans le dire, la pression aux administrateurs. La décision sera prise vendredi 6 février.
"On n’est pas nombreux", lance, dépitée, cette dame devant la salle du conseil d’administration de l’OPH Béziers Méditerranée, ce vendredi 30 janvier à 13 h 30. La salle est située à quelques pas du siège de cette administration installée place Émile Zola. Mais le conseil d’administration est prévu la semaine prochaine, vendredi 6 février. "Mais ouiii… On a dû se tromper en annonçant le rassemblement pour aujourd’hui." Et la seule personne venue devant les locaux de l’OPH ce 30 janvier, de tourner les talons et de repartir d’où elle venait. On n’en saura pas plus sur ses motivations.
Sur Facebook
Depuis quelques jours, deux pages de soutien à l’ancienne directrice de l’OPH sont apparues sur Facebook. La première "Tranquille Béziers" renvoie sur la seconde "Soutien à Magali Bordja". On peut y lire, sous une photo apaisante de plage avec des palmiers : "Ce groupe est dédié au soutien à Magali Bordja. Il a pour but de rassembler toutes personnes qui souhaitent lui apporter solidarité, respect et bienveillance. Ici, chacun peut partager des messages de soutien, des informations utiles et échanger dans un esprit calme est constructif. Merci de rester respectueux et de préserver un climat positif."
Coup de pression sur le CA
Jeudi 29 janvier, dans la matinée, apparaissait un appel à manifester devant la salle du conseil d’administration, boulevard de la Liberté, ce vendredi 30 janvier à 13 h 30. L’objectif ? Soutenir la directrice générale suspendue depuis quatre mois et qui joue sa place devant les membres du conseil d’administration le 6 février. En manifestant devant la salle du conseil, on met un sacré coup de pression sur les membres du conseil d’administration de l’OPH. On tente ainsi de faire oublier qu’elle est mise à l’index après de nombreux témoignages l’accusant de harcèlement et le rapport d’un organisme indépendant qui parle de management toxique. Parmi les messages à la directrice, sur Facebook Bernadette insiste : "Soutien contre le mensonge, soutien pour la justice, soutien pour la vérité soutien pour la compétence." La procédure de licenciement a été lancée, à la demande du président de l’OPH, Robert Ménard. Elle doit être confirmée, lors d’un vote vendredi prochain, 6 février.
On joue avec la santé des agents
Des salariés qui ne souhaitent pas le retour de la directrice trouvent les propos des soutiens déplacés et la pression faite sur les membres du CA "vraiment dégueulasse". "Quelle crédibilité peut-on accorder à des personnes qui ont créé des profils juste pour l’occasion, s’exaspèrent des agents. L’ensemble des membres du CA savent-ils qui fait partie des salariés de l’OPH. On joue avec la santé des agents. Il y a plusieurs rapports qui existent et qui vont dans le sens d’un mauvais management. Les organismes enquêteurs ont-ils tout inventé ?"
"Nous sentons déjà qu’il y a une fronde, un coup qui se prépare, assure cet administrateur, venir mettre ainsi une pression supplémentaire sur une décision qui n’est pas facile à prendre n’est pas ce que l’on fait de mieux. Oui, Mme Bordja a eu des résultats en adéquation avec la mission qui lui a été confiée. Mais elle semble avoir manqué de tact envers certains salariés. L’institution a échappé au pire. Peut-on réellement prendre une décision qui risquerait de nuire à de nombreux salariés ? Peut-on, en étant objectif, mettre en danger des agents ? Je ne sais pas. Je ne suis pas certain non plus que les manifestants sortiront gagnants."
Le président de l’OPH, Robert Ménard, appelle au calme. "Vendredi, tout le monde pourra poser des questions et avoir des réponses parce que toutes les parties seront représentées lors de ce conseil d’administration. Attendons et prenons du recul, sans pression. Pensons aux intérêts des locataires, des salariés qui sont nombreux et de la directrice. Il ne faut léser personne, et se poser une question importante. La situation sera-t-elle tenable si nous ne prenons pas la décision qu’il convient ?"
Vendredi 6 février, l’avocat de Magali Bordja sera présent avec sa cliente pour se défendre des propos tenus dans les différents rapports mis à disposition du CA. Les enquêteurs seront aussi présents, ainsi que des représentants des salariés. À l’issue des débats, le CA se réunira pour voter à huis clos sur l’avenir de Magali Bordja.
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