"Tout cela ne ressemble plus à rien" : le sort de la directrice de l’OPH de Béziers définitivement scellé dans les prochains jours
Vendredi 6 février, le conseil d’administration de l’OPH Béziers Méditerranée va, à nouveau, se réunir pour sceller le sort de Magali Bordja, suspendue avec maintien de salaire depuis le mois d’octobre, après la diffusion d’un rapport accablant mettant en exergue son management toxique et du harcèlement.
Magali Bordja sera-t-elle définitivement licenciée ? Deux camps s’opposent au sein de l’OPH Béziers Méditerranée où l’on semble avoir oublié l’essence même de cet organisme, le social, pour se consacrer à une guerre de positionnement. L’objet du conflit : le licenciement de la directrice générale, Magali Bordja, dont le sort doit se jouer vendredi 6 février, lors d’une énième réunion du conseil d’administration qui va se tenir sous haute tension. En effet, la directrice a été suspendue au mois d’octobre dernier, pour quatre mois et avec maintien de salaire, à la suite de la publication d’un rapport d’enquête d’un cabinet privé (Thali) qui met en avant un management toxique de Magali Bordja. Un rapport qui a été demandé par Robert Ménard, le président de l’OPH, après de multiples courriers anonymes de salariés de cette structure. Il souligne leur mal-être face à une directrice aux pleins pouvoirs et dont l’ascension professionnelle est contestée. Mais certains salariés et des membres du CA contestent les arguments de ce rapport…
Un retour sans toutes ses prérogatives
Face à cette situation, Robert Ménard, qui a remplacé à la présidence Gérard Abella, le maire de Boujan et compagnon de Magali Bordja, a proposé l’éviction de cette dernière. Dans un premier temps le licenciement de la directrice a été acté, a priori sans problème (personne ne les a évoqués publiquement). Mais la situation a beaucoup évolué. Certains élus de l’Agglo semblant donner un tournant politique au dossier Bordja. À tel point que l’on parle même de redonner son poste à la directrice. "Le conseil d’administration tranchera, explique Robert Ménard. Il dira si elle est gardée ou pas. Mais je ne vois pas quelle crédibilité il aura de changer ainsi de décision vis-à-vis des salariés. Tout cela ne ressemble plus à rien."
Parmi les membres du conseil d’administration, quelques-uns prennent désormais le parti de la directrice. "On ne peut pas dire qu’elle n’a pas fait son travail. Elle a été mise en place pour ça. Même si c’est son compagnon qui l’a fait évoluer au sein de l’OPH. Parce que ceux qui se plaignent, il faut le dire, ils ont été mis au travail alors qu’ils se la coulaient douce. Certains avaient même tendance à se servir. Il y a des procédures judiciaires engagées pour les sanctionner. Peut-être que là, il faut juste revoir ses prérogatives, parce que sinon ça va encore coûter beaucoup d’argent à la structure", assure cet administrateur, qui, comme tout le monde dans ce dossier veut bien parler à condition de rester dans l’ombre.
Et selon des informations recueillies par Midi Libre, ils seraient nombreux à aller dans ce sens. Pour un autre membre de ce CA : "Nous sommes dans un monde de copains et de coquins pour soutenir la directrice. C’est le jeu du réseau, de l’entre-soi biterrois. Qui sera responsable si le conseil d’administration donne quitus à un tel management et qu’un salarié commet l’irréparable ? Les élus qui auront fait le choix de remettre en place quelqu’un qui semble néfaste aux agents ou le président ?"
Un rapport accablant contre la direction de l’OPH
Dans un rapport remis par le cabinet d’expertise Thali, Magali Bordja est clouée au pilori. Elle a décidé de contre-attaquer devant la justice et de se défendre pour sauver son poste en reprenant les points soulevés par les experts. Dans le rapport on peut lire : "Aujourd’hui, j’ai la boule au ventre à la seule idée d’aller travailler. J’ai peur de savoir qui est sa prochaine cible. Je suis détruit, on me fait du mal depuis 2017…" L’analyse croisée des témoignages dans le cadre de l’enquête fait apparaître l’existence d’un système ayant, "progressivement conduit une partie du personnel à une situation de souffrance professionnelle. Majoritairement, le système repose sur des logiques personnifiées et émotionnelles, à l’opposé de la rationalité habituelle des organisations, ayant conduit la dirigeante à progressivement fixer des règles sans contre-pouvoir. Au terme de l’analyse conduite, les éléments recueillis permettent de considérer que plusieurs agissements reprochés à Mme Bordja, s’inscrivent dans un faisceau de faits susceptibles de caractériser un harcèlement moral." Mme Bordja soutient une lecture différente et contredit systématiquement les personnes susceptibles de se plaindre de son traitement. "Elle évoque en fonction des cas, un manque de compétences ou de probité. Le manque d’empathie qu’elle fait apparaître, conclut l’expert, est assez marquant pour exclure de fait une possibilité de prise de conscience et d’évolution de la situation."
Des salariés apeurés
Du côté des salariés qui tentent de se défendre, Me Jérémy Raynal ne souhaite pas trop communiquer sur ce dossier. "Les salariés mis en cause dans cette affaire par la directrice vont faire valoir leur droit. Ils sont excédés par un climat de peur qui règne dans cet organisme. Ils sont à bout." Par le biais de courriers anonymes, ils ont fait part de toutes leurs inquiétudes face à un éventuel retour de la directrice dans ses fonctions. Il se dit même que les administrateurs auraient reçu une lettre pour expliquer leur incompréhension face au revirement du conseil d’administration. Un dernier courrier, toujours anonyme, est arrivé ce 23 janvier sur le bureau de président de l’OPH. Beaucoup le prêtent aux proches de Magali Bordja. Il salit bon nombre de personnes, égratigne le président au passage, lui faisant porter le chapeau de l’ambiance délétère qui règne au sein de l’office. "Cette lettre ne restera pas sans conséquence", nous a rapportés un salarié. "C’est un ramassis de ragots et d’attaques personnelles infondées." Dernier round de cette partie, vendredi 6 février.
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