Violée et ébouillantée sur les fesses en Pologne il y a 22 ans : pourquoi le légionnaire d’Aveyron pourrait échapper à une condamnation

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  • La cour d’appel se prononcera sur le mandat d’arrêt le 10 février.
    La cour d’appel se prononcera sur le mandat d’arrêt le 10 février. Midi Libre - SYLVIE CAMBON
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Soupçonné de viol avec violence et en bande organisée en 2004, en Pologne, un légionnaire du camp de la Cavalerie (Aveyron) de 47 ans a été interpellé. Sous le coup d’un mandat d’arrêt européen, la cour d’appel doit décider de sa reconduction en Pologne.

"Je suis en France depuis presque 22 ans, je suis Polonais et je suis légionnaire à la Cavalerie." Ciblé par un mandat d’arrêt européen, Mickaël D., 47 ans, crâne rasé, s’exprime dans un français teinté d’un fort accent des pays de l’Est, lorsqu’il répond à la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Montpellier, ce mardi 3 février.

Interpellé le 27 janvier par les gendarmes, celui qui faisait l’objet d’une fiche de recherche Interpol, l’organisme européen de coopération policière, évoque au présent son statut de militaire dans l’armée française qu’il avait intégrée depuis deux décennies.

Mais il a pourtant été rayé de la 13e demi-brigade de la Légion étrangère (DBLE), installée sur le camp de la Cavalerie, sur le plateau du Larzac (Aveyron), dès que les autorités militaires ont appris pourquoi il avait été interpellé : le mandat d’arrêt des autorités polonaises porte sur une affaire de "viol avec violence en bande organisée" qu’il conteste.

"Voulez-vous être remis aux autorités polonaises ?" questionne la cour.

"Oui" acquiesce Mickaël D.

Frappée, menacée par un couteau

La cour a rappelé la chronologie de ce dossier atypique. Comment, le 16 mai 2004, une femme a déposé plainte pour un crime particulièrement sordide. À Gdnya, un port de la baie de Gdansk, dans le Nord de la Pologne, elle rapporte avoir été violée par trois individus qui l’ont menacée avec un couteau, l’ont frappée sur tout le corps ou encore versé de l’eau bouillante entraînant "des brûlures au 1er et 2e degré sur les fesses et les cuisses" et un "dysfonctionnement des organes" selon la terminologie polonaise, l’équivalent d’une incapacité totale de travail.

La suite ? Un mandat d’arrêt émis en Pologne en 2008, étendu au niveau européen en 2011 et puis plus rien pendant 15 ans. Mais grâce aux listings des individus recherchés publiés sur les réseaux sociaux par Interpol, il a été reconnu. "Ils ont vu une photo sur internet" lance l’ex légionnaire alors que les policiers polonais étaient allés chez sa mère tout récemment.

"Il n’a jamais cherché à se cacher"

Mickaël D. se déclare donc disposé à collaborer avec la justice de son pays. "Il consent à être remis aux autorités polonaises pour répondre aux questions posées et il ne reconnaît pas les faits" défend son avocate française Me Léa Lagarde-Quero. "Mais il est en France depuis plus de 20 ans et n’a jamais cherché à se cacher ou se soustraire, il s’expliquera."

L’avocat général abonde dans le sens d’une remise aux autorités de Varsovie. La cour d’appel de Montpellier doit se prononcer le 10 février, un délai légal de 10 à 20 jours pour le transfert doit être ensuite pris en compte alors qu’un avocat a déjà été désigné pour le mis en cause dans son pays d’origine.

En théorie, il encourt 15 ans de réclusion criminelle, mais selon les premières informations filtrant de Pologne, il pourrait bénéficier de la prescription dans ce dossier criminel remontant désormais à presque 22 ans. Ce que son avocat polonais ne manquera pas de soulever à l’arrivée de son client.

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Les commentaires (10)
alfa30 Il y a 1 jour Le 04/02/2026 à 12:22

Prescription ! Trop facile. C'est aberrant, à quand une réforme ?

PUPILLEDELANATIONFRANCAISE Il y a 1 jour Le 04/02/2026 à 10:33

Des refoulés et dieu créa la femme !!! Elle était sûrement brune, c est la faute du patriarcat et non d'une société phallique, rocket men

Anonyme200776 Il y a 1 jour Le 04/02/2026 à 10:32

La "rédemption" brandie ci-dessous pour ce prédateur me semble un terme très exagéré.