Viols en série dans l’Hérault : "Des pulsions incontrôlables"… Le paysagiste de Saussan, influencé par Dominique Pelicot ?
Maui R., qui aurait fait 22 victimes dans l’Hérault, affirme avoir cédé à des pulsions sexuelles incontrôlables liées à une consommation intense de cocaïne, et à son attirance pour les femmes endormies. Une obsession qui remonterait à sa préadolescence, et n’aurait rien à voir avec les actes commis par le septuagénaire de Mazan.
Des somnifères détournés pour abuser de femmes inconscientes, et des viols et agressions sexuelles qui s’enchaînent en octobre 2024, alors que le procès des viols de Mazan faisait la une de l’activité depuis plusieurs semaines. Et pourtant. "Il n’y a pourtant pour l’instant aucune référence à l’influence de Dominique Pelicot dans le dossier", assure une source proche de l’enquête.
Car lorsqu’il est interrogé sur ce qui l’a poussé à cette série de crimes sexuels, Maui R. avance de toutes autres explications : "De fortes pulsions sexuelles, incontrôlables, exacerbées par la cocaïne." À l’en croire, cet homme qui se dit dépressif depuis 2019, et aurait été très régulièrement suivi par un psychiatre, aurait basculé à partir du début 2024 dans une lourde addiction à la cocaïne. "Ça avait un effet antidépresseur. J’en prends dans chaque narine toutes les deux heures, du réveil au coucher. Parfois la nuit, je passe à toutes les 15 ou 30 minutes, ce qui me déclenche cette frénésie et ces pulsions". Pour essayer de dormir, il prend du Xanax, prescrit par son psychiatre, tout en fumant aussi une dizaine de grammes d’herbe par semaine.
Une fascination remontant à l’enfance pour la somnophilie
"Je me suis isolé et enfermé dans cette addiction. En septembre octobre 2024, j’étais vraiment au fond du trou." S’y ajoute le porno : les gendarmes ont découvert plus de 7 700 images pornographiques dans son téléphone, et des fantasmes particuliers, qu’il leur a expliqués. "J’avais rejoint un groupe Telegram en mai ou juin consacré à la somnophilie (l’attirance sexuelle pour une personne endormie ou inconsciente NDLR) dont j’ai connu l’existence sur des sites pornographiques." C’est là qu’il apprend les molécules, les dosages. "Ça m’a formé, ça a déclenché mes pratiques."
D’autant que cela entrerait, selon lui, en résonance avec des émotions venues de son enfance. L’une est liée à son père, un homme qu’il décrit comme violent. "Il s’était introduit pendant mon sommeil et avait essayé de me poignarder pendant que je dormais. Il avait remonté mon pyjama sur mon torse et avait appliqué la pointe d’un couteau, j’ai feinté de me retourner dans mon sommeil." Selon lui, son père aurait quitté le domicile familial le lendemain, et il ne l’aurait pratiquement jamais revu depuis. Autre épisode qu’il lie à ses dérèglements sexuels, une soirée, à douze ans, chez un copain, dont la sœur aurait été amoureuse de lui, et lui aurait demandé de dormir dans sa chambre.
Vibromasseurs, plug anal, godemichés, vaginette…
"Elle s’était découverte dans son sommeil, elle dormait nue, je l’ai caressée et je lui ai fait un bisou sur le sexe, ce serait cet épisode qui a cristallisé la somnophilie", selon ses entretiens avec ses psychiatres. "Avant de consommer de la cocaïne, j’avais réussi à garder ça en fantasme, c’est ma consommation exagérée qui a fait voler en éclats mes barrières." En perquisition, les gendarmes ont découvert un sac dans une niche du salon, contenant "trois vibromasseurs, six plugs, une vaginette, trois godemichés et du lubrifiant". Maui R. a aussi admis avoir acheté sur le web, pour 150 €, un flacon de 50 comprimés de Xanax, "dans le but de droguer d’autres personnes."
Ses passages à l’acte semblent donc différents de ceux de Dominique Pelicot, qui tirait son plaisir du spectacle d’autres hommes abusant de sa propre épouse. Plusieurs fois en larmes lors de ses auditions, l’homme a aussi tenu des propos contradictoires. En parlant d’une amie dont il a filmé le viol avec un plug anal, il dit : "Je n’ai jamais eu de désir particulier pour elle, ni même pour les autres victimes d’ailleurs."
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Il le constate, avec regret, insiste-t-il : "J’avais perdu toute notion du bien et du mal. Je n’ai pas pris toute la mesure de la gravité de mes actes." Des remords répétés, qui l’amènent même à remercier les gendarmes de l’avoir arrêté "et d’avoir mis un terme à toute cette frénésie que je ne contrôlais plus du tout. Je suis soulagé que ça ait pris fin. Je crois qu’en fait, je vous attendais, et que j’espérais que ça arrive."




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