À Nîmes, le festival This is not a love song invite le public à vivre une expérience autour des musiques indé

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Porté par Paloma et l’association Come On People, le festival nîmois se déroulera les 5 et 6 juin avec une trentaine de groupes à l’affiche.

Inutile de chercher les têtes d’affiche, ce n’est pas le genre du Tinals, le festival This is not a love song, qui après une pause, est de retour depuis l’an dernier à Nîmes. Les noms des groupes sont pour la plupart inconnus du grand public et même de nombreux spécialistes. Mais le principe du Tinals, consacré aux musiques indé, est justement d’afficher la différence. Non pas des niches comme on pourrait le croire (tout est largement accessible pour des oreilles curieuses !), mais la découverte.

"De nombreux lieux de culture restent fragiles et l’appétence du public pour des propositions plus singulières, plus innovantes doit être encouragée. C’est ainsi que se maintient la diversité culturelle. Soutenir la création et l’émergence artistique est une mission de service public", explique Franck Proust, président de Nîmes métropole. "L’an dernier, la présence du public a dépassé toutes nos attentes", poursuit Gaël Dupret, président de Paloma. Et cette confiance se poursuit… Avant même l’annonce de la programmation, 40 % des places ont été achetées les yeux fermés par les fidèles du festival.

Un esprit de bricolage champêtre

Ce que les habitués viennent chercher au festival, ce n’est pas seulement la musique, mais un esprit de bricolage champêtre qu’ils retrouveront notamment sur le terrain de beach-volley ou dans l’espace El Barrio, avec séances de yoga bière et mariages façon Vegas. Même si bien sûr, l’essentiel, c’est le panorama de la scène indé dans toute sa richesse grâce à la sélection pointue de Christian Allex, Fred Jumel, de l’équipe de Paloma et de l’association Come On people.

"À Tinals, on ne vient pas voir un artiste, on vient vivre une expérience", résume Fred Jumel, directeur de Paloma, qui se souvient d’un festival monté sur "un coup de tête" et qui a pris une ampleur inattendue. Cette année encore, les 5 et 6 juin, le public a rendez-vous avec une trentaine de groupes, répartis sur quatre scènes. "Le but est que chacun choisisse son parcours, déambule, se perde, découvre des artistes nouveaux".

Pop, rock, électro, folk… Il y en aura pour tous les goûts. Les Américains de 16 Horsepower, qui ont quitté les États-Unis de Trump pour les embruns bretons, reforment leur groupe de country-rock et remontent sur scène. Dans un style folk, il y aura aussi à l’affiche la classe de Ben Kweller, la douceur de la Franco-Américaine soutenue depuis longtemps par Paloma Augusta, la voix sensible d’Alice Phoebe Lou ou l’ardeur des Irlandais de Cardinals. La scène irlandaise est d’ailleurs bien représentée avec également le rock abrasif de Chalk, la fraîcheur pop de Newdad ou la folk arrosée de Guinness de Meryl Streek.

Toutes les esthétiques indé

Le bon vieux son rock des guitares électrique se déploie dans toutes les esthétiques possibles, du rock brut au punk : la fièvre vintage de Brigitte Calls Me Baby, le blues déglingué de The Sophs, l’énergie du duo français Bandit Bandit, le son garage des Néerlandais d’Iguana Death Cult, la sombre noirceur de Body Horror, le sens de la mélodie de Black Country New Road, les ambiances aériennes de Levitation Room, les pulsations noise de Model/Actriz… À découvrir également, la pop industrielle de Fat Dog, le rock très référencé de Bar Italia, les rythmes sautillants du collectif punk canadien La Sécurité.

Et puis comme toujours, le festival, qui conserve quelques cases pour inviter quelques groupes du sud de la France, réserve quelques surprises, quelques propositions inattendues, quelques artistes à suivre. Dans cette dernière catégorie, la Française Jehnny Beth fait figure d’incontournable. Actrice pour Anatomie d’une chute de Justine Triet, présentatrice d’Echoes sur Arte, elle débarque avec un rock bien énervé et sans concession.

Parmi les découvertes inclassables, l’électro pop paisible Men I Trust, le mélange intimiste de folk et de hip hop de Quickly Quickly, le punk rap très pêchu de Shorstraw. Et pour danser jusqu’au milieu de la nuit, la joyeuse pop ensoleillée des Français MAO Cormontreuil programmés les deux soirs.

Enfin, le festival fait un pas de côté. Les Nîmois connaissent déjà le génial guitariste Yerai Cortés croisé aux côtés de la danseuse Rocio Molina, les autres pas forcément. Ils auront l’occasion de rencontrer ce musicien qui fait le buzz en Espagne et qui est en train de redessiner les contours et les frontières du flamenco.

Tous les groupes à l’affiche

Vendredi 5 juin : Brigitte Calls Me Baby, pop indi rock ; Men I Trust, électro pop ; The Sophs, pop funk ; 16 Horsepower, rock folk ; Bandit Bandit, rock ; Ben Kweller, folk rock ; Augusta, folk ; Iguana Death Cult, rock ; Body Horror, electro post-punk ; Black Country New Road, rock ; Levitation Room, rock ; Model/Actriz, noise post-punk ; MAO Cormontreuil, electro pop.

Samedi 6 juin : Knives, post-punk ; Quicky Quickly, hip hop lo-fi ; Newdad, dream pop ; Fat dog, rock électro ; Chalk, post-punk électro ; Bar Italia, rock ; Meryl Streek, punk ; Shortstraw, punk rap ; La Sécurité, punk ; Jehnny Beth, rock ; Alice Phoebe Lou, folk pop ; Cardinals, pop folk ; Yerai Cortés, flamenco ; MAO Cormontreuil, electro pop.

Paloma, 250 chemin de l’Aérodrome, Nîmes. Un soir, 46 €, 42 €. Pass deux jours 78 €. 04 11 94 00 10. Plus d’informations sur thisisnotalovesong.fr

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