Allégorie : ce bâtiment aérien "mutable" doit accueillir 318 places de stationnement en plein centre de Nîmes
Le promoteur immobilier Romain Tissot a expliqué le projet, contesté par plusieurs riverains, dans le secteur La Placette-Porte de France.
Il a voulu répondre et mettre les choses au point. Alors qu’une fronde de plusieurs riverains (dont le comité de quartier de la Placette) s’organise depuis quelques semaines contre le projet dit de parking silo de la rue Hôtel Dieu, Romain Tissot, directeur associé de la holding Tissot, a organisé une conférence de presse ce lundi en fin de journée dans ses locaux d’Axiome. Autour de lui, l’architecte du projet, Clément Lebert, son père Pierre Tissot et le directeur général de GGL, promoteur montpelliérain qui porte le projet avec Tissot, Alain Guiraudon.
Romain Tissot a, d’abord, voulu rappeler la genèse de ce projet, baptisé Allégorie, révélé par Midi Libre suite à une indiscrétion du premier adjoint Franck Proust lors d’un comité de quartier, en novembre dernier.
Le projet Allégorie : un plan B
A l’origine, le rachat en 2020 d’un terrain au conseil départemental avec un bâtiment voué à démolition : "2400 m2 en plein cœur de ville. On avait un projet ambitieux, de 63 logements, avec un socle d’activités." Le projet prévoit notamment trois niveaux en sous-sol pouvant accueillir 219 places, une partie pour les habitants des nouveaux logements et l’autre (130 places) ouverte au public.
À l’époque, sûrs de leur coup, dans un secteur en plein essor (quartier en voie de piétonnisation, projet de Palais des Congrès et Hôtel cinq étoiles à la place de l’ancienne CCI), les promoteurs se donnent du temps et confient le bâtiment à l’équipe associative du Spot, avant que celui-ci soit démoli. Ce sera la fameuse époque du Vaisseau 3008, tiers lieu fourmillant d’initiatives, dont l’aventure durera 24 mois.
Mais en 2023, changement d’ambiance. "Le marché s’est retourné", explique Romain Tissot. En pleine crise immobilière, les investisseurs se détournent du projet immobilier. À cela s’ajoute une étude des sols laissant apparaître des traces de mercure à des "taux légèrement supérieurs à la norme". De quoi rendre plus compliquées les fouilles archéologiques (estimées à 1 M€), obligatoires, pour la partie sous-sol.
Un projet "mutable"
Les promoteurs changent donc leur fusil d’épaule et proposent un second projet. Un projet de 318 places de parking sur un bâtiment montant à quatre niveaux supérieurs. Les places de parking seraient situées aux niveaux 1, 2, 3 et 4 ainsi que sur le toit. En rez-de-chaussée est prévu un espace pouvant accueillir des services de proximité (1200 m2) et un jardin extérieur. Aucun logement dans l’immédiat, donc. Car le grand avantage du projet, selon Tissot et GGL, c’est sa "mutabilité" : "À terme, on prévoit 30 logements, et 130 places de parking", explique Romain Tissot. Les logements seraient conçus donc a posteriori, aux niveaux 3 et 4.
Par ce projet, les promoteurs estiment répondre aux besoins des riverains. "Ce service [de stationnement] manque sur le quartier aujourd’hui et il manquera davantage avec l’hôtel et le Palais des congrès", insiste Alain Guiraudon. Pourquoi, alors, prévoir moins de places à l’avenir, si on réalise plus tard les logements ? En fonction de "l’évolution du centre-ville", les pratiques peuvent évoluer, expliquent en substance les entrepreneurs.
Parmi les sujets potentiels de discorde avec les riverains : quid de la hauteur du bâtiment ? "Entre 15 et 16 mètres" pour le bâti et maxi "18 mètres" avec les pergolas, indique l’architecte, "ce qui correspond au bâtiment en face, résidence Porte de France", mais aussi à l’ancien bâtiment démoli, ajoutent les entrepreneurs.
Romain Tissot : "On fait partie du quartier"
Et que répondre aux risques d’engorgement sur la circulation, soulevés par le comité de quartier ? "On a organisé pour que les entrées se fassent rue Hôtel-Dieu et les sorties rue Villeperdrix pour ne pas créer de bouchons", tentent de rassurer les entrepreneurs qui estiment les flux supplémentaires à "250 voitures par jour" au lieu des 1200 annoncées par le comité de quartier.
Le permis de construire "est en cours d’instruction. On attend la signature", explique Romain Tissot. Si le projet aboutit, il sera sous l’égide d’une foncière commune Tissot/GGL et sera exploité par une filiale de Tissot. Le président de la holding tente une dernière fois de rassurer : "On fait partie du quartier. On a tout intérêt à amener du service et de la qualité de vie pour le quartier".
J'ai déjà un compte
Je me connecteVous souhaitez suivre ce fil de discussion ?
Suivre ce filSouhaitez-vous recevoir une notification lors de la réponse d’un(e) internaute à votre commentaire ?