Bétharram, c’est terminé ? Visé par plus de 200 plaintes, l’établissement scolaire catholique devrait fermer ses portes prochainement
Alors que l’établissement est visé par plus de 200 plaintes d’anciens élèves pour violences ou abus sexuelles, le président de l’organisme de gestion de l’enseignement catholique a déclaré ce jeudi 22 janvier que Notre-Dame de Bétharram devrait bientôt fermer ses portes.
Le site sur lequel se trouve l’établissement de Bétharram "va fermer", a annoncé jeudi 22 janvier sur RTL Pierre-Vincent Guéret, le président de la Fnogec, l’organisme de gestion de l’enseignement catholique, en fixant une échéance "à l’été". Selon Le Parisien, l’établissement catholique était visé par au moins 217 plaintes par d’anciens élèves pour violences et abus sexuels.
"Institutionnellement, Bétharram va fermer, opérationnellement, Bétharram doit déménager", a-t-il ajouté, en soulignant qu’il fallait encore "que Rome donne son accord", la congrégation des Pères de Bétharram étant pilotée depuis Rome.
"Le mot Bétharram doit être envoyé aux oubliettes de l’Histoire"
"Le mot Bétharram doit être envoyé aux oubliettes de l’Histoire", a souligné Vincent Guéret. Le site au cœur d’un vaste scandale de violences physiques et scolaires visant des mineurs "va fermer", a-t-il assuré. En termes de calendrier "la logique est qu’à l’été, il faut que ce soit fait", a-t-il dit.
Vincent Guéret a précisé à l’AFP que "derrière la notion d’établissement de Bétharram", qui a pris le nom de Beau Rameau en 2009, "il y a le symbole et l’établissement physique". "Le symbole doit disparaître" car "vous ne pouvez pas porter un projet positif" dans ces lieux, a-t-il ajouté.
Il n’est "pas question de fermeture" dément le secrétariat général de l’Enseignement catholique
"A ce stade", il n’est "pas question de fermeture de l’établissement" scolaire Le Beau Rameau, anciennement Bétharram, a indiqué jeudi le secrétariat général de l’Enseignement catholique.
L’Enseignement catholique "travaille collectivement à réunir toutes les conditions pour rétablir la confiance et la sérénité" dans cet établissement béarnais, secoué par un scandale de violences dont des agressions sexuelles, a-t-il indiqué dans un communiqué transmis à l’AFP.
"Ce travail demande temps et discernement. Il n’est pas question de fermeture de l’établissement à ce stade", a ajouté l’Enseignement catholique.
Quant aux élèves ayant aujourd’hui cours sur le site, "la proposition, c’est de les scolariser à Igon", commune voisine des Pyrénées-Atlantiques, où existent une école primaire et un lycée en lien avec l’établissement. Pour Vincent Guéret, "vous pouvez fermer et quitter les lieux sans perdre un enfant, ni un enseignant, ni un employé".
Un accord de Rome attendu
Toutefois selon le père Laurent Bacho, membre de la congrégation de Bétharram, la décision de fermeture "n’est pas encore prise" et fait encore l’objet de "pourparlers".
Le président de la Fnogec (Fédération nationale des organismes de gestion de l’enseignement catholique) a souligné que "la tutelle est internationale" et que pour mener le projet à bien "il faut que Rome donne son accord". La congrégation des Pères de Bétharram est en effet pilotée depuis Rome.
"Si celle-ci ne s’engage pas, on les attaquera en justice", a ajouté Vincent Guéret selon qui "la subtilité juridique du droit franco-italien ne doit pas être un obstacle à la construction d’un projet qui est faisable".
La Congrégation de Bétharram, qui dirigeait l’établissement béarnais au cœur du scandale, avait reconnu en mars 2025 sa "responsabilité" dans les faits dénoncés par près de 250 plaintes individuelles, dont la moitié pour des agressions à caractère sexuel.
Elle a confirmé en octobre l’indemnisation de toutes les victimes, de personnels religieux comme de laïcs, en commençant par celles d’agressions sexuelles.
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