Christian Cataldo, directeur de l’hôpital d’Alès : "Les discussions privées avec les entreprises, c’est terminé !"

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    Christian Cataldo, directeur de l’hôpital d’Alès a instauré de nouvelles règles pour la commande publique. Midi Libre - ALEXIS BETHUNE
Publié le , mis à jour
Fabrice Andrès

Christian Cataldo, directeur de l’hôpital d’Alès fixe de nouvelles règles pour les marchés publics et les relations avec les entreprises.

Dès son arrivée en mai 2024, comme directeur général de l’hôpital d’Alès, Christian Cataldo a souhaité modifier en profondeur les procédures de passation de marchés. Après s’être penché sur le recrutement de personnels soignants, son "cœur de métier", comme le qualifie Christian Cataldo, en septembre 2024, le directeur s’attaque aux procédures d’appels d’offres.

Devant les entreprises du secteur d’Alès habituées à intervenir à l’hôpital, et reçues, cette fois, collectivement, il fixe les nouvelles règles. Et pour certains, le retour à un fonctionnement plus rigoureux n’est pas passé inaperçu.

De nouvelles pratiques mises en place

Dans le même temps, au mois d’octobre, une série de perquisitions est ordonnée dans des entreprises du BTP du Bassin d’Alès. Cette nouvelle enquête porterait sur des soupçons de favoritisme pour des marchés publics à l’hôpital de Nîmes (Midi Libre du 20 septembre 2024).

Cette affaire intervient après la condamnation de l’ancien directeur du CHU de Nîmes, Nicolas Best, en novembre 2024, à 30 000 € d’amende. Le Parquet national financier (PNF) a fait appel de la décision et un nouveau procès est prévu dans le courant de l’année.

Lors des investigations, des liens entre des chefs d’entreprise gardois du BTP et trois responsables des services achats ou travaux des hôpitaux d’Alès et Nîmes, sont apparus. Tous fréquentent le même temple de la Grande loge nationale Française (GLNF), dans la région d’Alès, dans lequel on retrouve aussi des proches de la mairie d’Alès. L’un est parti en politique à Nîmes. Un autre s’apprête à quitter l’hôpital d’Alès, tandis que le dernier, de retour de Rodez, faits son retour dans le Gard au sein du Groupement hospitalier de territoire Cévennes-Gard-Camargue (la structure qui gère et mutualise les moyens de tous les établissements du département).

"Aucune investigation financière n’a été menée à l’hôpital d’Alès, indique sans ambages le directeur, qui énumère les réformes mises en place sous sa gouvernance : J’ai souhaité restructurer la direction financière avec la mise en place d’une organisation différente de l’existante. Les services achats, finances, logistiques… ont été revus. J’ai voulu une cellule “achats” renforcée avec des procédures plus encadrées. Le schéma qui existait à mon arrivée ne me convenait pas. La nouvelle organisation n’a pas convenu à tout le monde."

Les marchés relancés au grand dam des entreprises

Sans entrer dans les détails, le directeur confirme que l’un des cadres de l’hôpital en lien avec les travaux « n’était plus en phase avec notre manière de fonctionner. Les équipes de chantier ont été restructurées. » Un départ s’imposait. La mesure décidée en fin d’année 2025 est définitivement actée.

"Aujourd’hui, les entretiens privés avec les fournisseurs, c’est fini, assure le directeur. Les propositions, les devis, les bons de commande, les bons de livraison, les factures… tout est tracé, contrôlé. On a des réponses écrites sur tout. Si un jour une autorité judiciaire me réclame des comptes, je suis en mesure de fournir tous les éléments détaillés, et le suivi des échanges."

Résultat immédiat : tous les marchés des travaux de l’hôpital ont été stoppés et relancés. Des marchés accordés pour quatre ans et qui étaient en cours depuis un an seulement, ont été remis en question. Une décision qui a fait grincer des dents chez certains entrepreneurs, alors que le directeur reste droit dans ses bottes : "Aujourd’hui, nous avons décidé de retenir deux entreprises pour chaque lot, ça permet de maintenir de la concurrence. Les entreprises qui veulent venir, viennent, les autres…"

Autre changement culturel, le pouvoir de décision. "Je me suis entouré d’une équipe restreinte, en qui j’ai confiance. Le pouvoir de décision appartient au directeur, pas à une personne en charge d’un secteur en particulier. Dans le même ordre d’idée, j’ai restreint le pouvoir de signature."

La pratique des cadeaux est aussi remise en question : "Même si c’est différent des bouteilles, des invitations au restaurant ou autre, l’acceptation des objets promotionnels, calendriers… est interdite. Il ne faut pas mélanger les genres. Si les entreprises veulent donner à l’hôpital, nous avons un fonds de dotation, qui fonctionne comme une fondation, et qui leur permet de défiscaliser leurs dons."

L’arrivée prochaine d’un nouvel ingénieur, pourtant controversé, n’est pas de nature à inquiéter Christian Cataldo : "Il interviendra de manière occasionnelle comme conseiller technique et n’aura pas la signature. J’ai fixé des règles écrites et transparentes, qui ne sont que la stricte application de la loi. Nous manipulons de l’argent public et nous en sommes comptables."

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Les commentaires (3)
Gardoisavanttout Il y a 1 jour Le 04/02/2026 à 11:19

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Apreturier30 Il y a 1 jour Le 04/02/2026 à 09:32

Cela veut il dire que dans un passé récent il pouvait y avoir
des arrangements (pots de vin ? ) entre le président et le directeur de l'hôpital d'un côté et les chefs d'entreprises de l'autre ?
Une affaire a élucidé pour les procs d'Ales.

Nikolalys Il y a 20 heures Le 05/02/2026 à 11:30

Vous arrivez d'où ?
De tout temps , en tout cas depuis plus de 50 ans le copinage "intéressé " était la norme au chac et sur l'agglo. et malgré l'apparente bonne volonté de ce directeur... Houpi !