Euro 2024 : "L’Espagne, c’est un mouvement perpétuel", l'oeil de Benjamin Psaume sur la demi-finale
Consultant pour Midi Libre, l’ancien joueur de Toulouse, Arles-Avignon et Troyes évoque les forces de la Roja mais aussi les solutions pour la contrer.
L’Espagne est, pour moi, la meilleure équipe que j’ai vue depuis le début de l’Euro. C’est la seule “grosse équipe” qui joue sans le frein à main et qui n’hésite pas à aller vers l’avant. Bien évidemment, tout le monde parle des deux flèches sur les côtés, c’est un peu le changement historique de l’Espagne. Avant, c’était énormément de possession, un petit peu stérile, mais là, avec Yamal et Williams, ça leur permet d’être à la fois dans de la possession, mais aussi dans la percussion.
Au milieu de terrain, ils ont une force collective exceptionnelle, des joueurs tellement performants, qui jouent tous le même football, dans le même style, On connaît à l’avance la physionomie du match… la possession sera espagnole, bien évidemment, les Bleus vont essayer d’être solides et agressifs derrière, comme ils l’ont été depuis le début de l’Euro. À chaque récupération, Deschamps va demander à ses milieux et défenseurs de chercher les attaquants dans la profondeur.
Ils vont défendre à sept et compteront sur les trois de devant pour planter des banderilles.
Pour ralentir le jeu espagnol sur les côtés, les efforts défensifs de nos ailiers seront hyper importants pour ne pas laisser nos latéraux en 1 contre 1.
Il faut essayer de couper le plus possible leurs schémas préférentiels, où Rodri va orienter, Olmo va décrocher… Il faut être très attentif, car l’Espagne, c’est un mouvement perpétuel.
Je sortirais Antoine Griezmann du onze
L’une des failles de l’Espagne, c’est, pour moi, l’attaquant de pointe, Morata. Il est en difficulté. Sinon, il y a leur défense, privée de Carvajal et Le Normand, suspendus, Laporte, qui peut-être en difficulté dans la profondeur… Avec un Kolo Muani, un Dembélé ou encore un Mbappé en jambes, on peut leur faire très mal.
Si j’étais Didier Deschamps, je sortirais Antoine Griezmann du onze titulaire. Je le ferais rentrer en cours de route en fonction du résultat. Lui et Mbappé semblent émoussés, pas aussi aériens que d’habitude et font moins de différences. Je jouerais en 4-3-3 et miserais malgré tout sur le trio Mbappé, Kolo Muani, Dembélé devant, alors que Rabiot retrouverait, malgré le bon match de Camavinga, sa place au milieu de terrain. Derrière, je ne changerais rien. Ça me ferait chier d’aller en finale de l’Euro sans avoir envoyé une belle action construite, un beau but, une finition… À un moment donné, ce n’est pas le football que j’aime.
J'ai déjà un compte
Je me connecteSouhaitez-vous recevoir une notification lors de la réponse d’un(e) internaute à votre commentaire ?