Euro 2024 : Olivier Giroud tire sa révérence avec les Bleus après une dernière danse au goût d’inachevé
Avec l’élimination de l’équipe de France en demi-finales, Olivier Giroud, meilleur buteur de l’histoire des Bleus, a tiré sa révérence en sélection et un trait sur plus de douze ans d’une riche aventure.
C’était impossible, alors il l’a fait. Olivier Giroud, petit gars de Forges, village de l’Isère, passé par les chemins de traverse du monde professionnel, de l’anonymat du National avec Istres à la lumière d’un titre de Ligue 1 à Montpellier, est devenu grand avec l’équipe de France. Il y a décroché la lune, une étoile et le statut de légende, meilleur buteur de l’histoire des Bleus pour encore quelque temps et pour une trace éternelle.
Le voyage, le combat aussi, aura pris douze ans et 137 sélections, depuis cette première, le 11 novembre 2011 face aux États-Unis. Avant de rejoindre Hugo Lloris au Los Angeles FC, Giroud a livré sa dernière danse internationale et refermé à 37 ans son livre d’or par une amère sortie face à l’Espagne, mardi en demi-finale. La Roja, comme un ultime signe, avait déjà été la première à lui faire ressentir la frustration dans un tournoi international, un Euro 2012 terminé en quarts. Elle lui a refait le coup et il s’est engouffré dans la nuit bavaroise sans un mot, au bout d’une ultime compétition sans rôle majeur.
"Il a connu des périodes difficiles et il a fini par être le meilleur buteur"
En Allemagne, Giroud est entré en jeu à quatre reprises. Il aurait aussi dû participer à la séance de tirs au but face au Portugal mais l’arbitre en a décidé autrement. Au bout de ce sentiment d’inachevé, barré par Randal Kolo Muani et Marcus Thuram, il ne sera jamais parvenu à ajouter ce 58e but, ou à atteindre la barre des 60 réalisations à laquelle il aspirait. "Sur les trois matches où il est rentré, il n’a pas été plus efficace que les autres", a tancé Didier Deschamps, la veille de la demi-finale.
Ces dernières semaines, le sélectionneur n’a jamais pris de gants avec son joueur. Mais il a tout de même fini par rendre hommage à un élément qui a été de toutes ses campagnes, depuis le Mondial 2014. "Il a connu des périodes difficiles et il a fini par être le meilleur buteur. C’est un exemple de longévité, de sérieux et de professionnalisme. Même s’il a eu moins de temps de jeu à l’Euro, il a été à fond avec le groupe."
Le karting plus fort que la F1
Avec cette retraite, l’équipe de France continue de vivre la fin d’un monde amorcée par les arrêts de Lloris ou Raphaël Varane dans la foulée du Mondial 2022. Antoine Griezmann, lui, a dit ne pas encore l’envisager. Et Giroud s’en est donc allé, seul. Mais plutôt que l’obscurité munichoise, sa véritable dernière image avec le maillot tricolore se sera nouée à Bordeaux.
Le 9 juin dernier, face au Canada, le buteur avait eu droit au brassard de capitaine, à la demande du groupe, et à un ultime adieu du public français. Celui-ci aura été bruyant, émouvant et très loin des sifflets reçus un jour de 2016, lors d’un amical face au Cameroun, à Nantes, qu’une partie des supporters français aurait préféré célébrer avec Karim Benzema.
De cette concurrence parfois nauséabonde, qu’il n’a jamais attisée, Giroud a fait sa force, karting toujours prêt à déboîter les F1 a priori plus rutilantes. Comme lors du Mondial 2022, qu’il devait débuter dans la peau d’un remplaçant et a fini par marquer de son empreinte après la blessure de “KB9”.
"Je suis fier de tout"
Tomber, se relever, encore et encore : l’ancien Pailladin aura jalonné sa carrière de cette habitude et de cette foi indéfectible. Dans son album souvenir avec les Bleus, il emportera un dernier échec mais surtout des réussites. De deux finales, à l’Euro 2016 et à la Coupe du monde 2022, et bien évidemment d’un titre mondial 2018 lors duquel son absence de but n’a guère d’importance puisqu’il en aura marqué tant d’autres.
"Je suis fier de tout, des buts marqués, de cette seconde étoile, de voir la fierté chez mes proches, ma famille, l’amour que me témoignent tous les Français", avouait-il, il y a quelques semaines, avant de refermer ces douze années en bleu-blanc-rouge traversées à la force d’un mental hors-norme. Si quelqu’un l’avait dit au gamin de Forges, il n’y aurait peut-être pas cru. Mais puisque c’était impossible, il l’a fait.
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