"Euthanasier les chats n’a jamais enrayé leur prolifération" une clinique vétérinaire explique les enjeux de la stérilisation

  • L’équipe de la clinique vétérinaire de la Cèze stérilise des chats errants tout au long de l’année.
    L’équipe de la clinique vétérinaire de la Cèze stérilise des chats errants tout au long de l’année. Midi Libre - A. CD.
Publié le , mis à jour

La clinique de la Cèze, basée à Bagnols-sur-Cèze, travaille avec des communes du Gard rhodanien pour stériliser les chats errants. Une initiative qui permet d’éviter la prolifération des matous et de lutter contre le développement de maladies.

C’est un travail de fond discret mais essentiel. Dans le Gard rhodanien, la stérilisation des chats errants permet de lutter contre leur prolifération dans les rues. "On s’approche du printemps, des journées plus chaudes, donc de la période où ils commencent à être en chaleur", explique Léa Cabrol, assistante vétérinaire à la clinique de la Cèze de Bagnols-sur-Cèze.

Les campagnes de stérilisations "ne s’arrêtent jamais vraiment", affirme l’assistante. Tout au long de l’année, la clinique travaille avec plusieurs communes du secteur : Bagnols, Orsan, Sabran, Roquemaure, Saint-Gervais, Connaux, et quelques autres villages alentour.

Les municipalités y consacrent un budget spécifique. Elles ont la responsabilité légale, selon l’article L.211-27 du code rural, de prendre en charge la gestion des chats errants et de mettre en place des actions pour limiter leur prolifération. Et si les mairies privilégient la stérilisation, c’est qu’il s’agit "de la solution la plus efficace" pour gérer l’augmentation des colonies de matous sauvages.

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Les mairies et les fondations financent les stérilisations

"À partir de deux chats, en quatre ans, on peut atteindre jusqu’à 20 000 individus, affirment Léa Cabrol et la vétérinaire Cindy Biach, une infographie à l’appui. Ils se reproduisent entre frères et sœurs sans s’en inquiéter."

Pour financer ces stérilisations, les Villes sont aidées par des fondations. Dans le Gard rhodanien ce sont celles de Brigitte Bardot et 30 millions d’amis. Des aides qui permettent de prendre en charge environ la moitié des coûts de l’opération.

Les chats sont capturés par des trappeurs. Pas d’inquiétudes, ils ne sont ni blessés ni violentés. Les félins sont ensuite soigneusement transportés jusqu’à la clinique de la Cèze, dans des petites cages adaptées. "Les matous sont opérés le matin puis relâchés sur leur lieu de capture en fin de journée", détaille l’assistante vétérinaire. Une intervention qui n’a pas le même coût pour les minets ou les minettes. "C’est plus cher pour les femelles car on ouvre l’abdomen et on passe plus de temps que pour un mâle", précise cette dernière. Après leur stérilisation, tous les félins sont identifiés pour faciliter d’éventuels futurs suivis.

L’importance d’identifier son chat de compagnie

L’identification des animaux de compagnie est obligatoire. Véritable carte d’identité, elle permet de retrouver un animal en cas de disparition lorsqu’il est contrôlé par un vétérinaire, mais aussi de vérifier son suivi médical.

Un atout essentiel, notamment lors des campagnes de stérilisation des chats sauvages. Sur le terrain, les trappeurs capturent parfois un grand nombre de chats, sans toujours pouvoir déterminer s’ils sont errants ou simplement en vadrouille. À leur arrivée en clinique vétérinaire, chaque animal est systématiquement contrôlé : la présence d’une puce électronique est vérifiée.

Et si votre matou s’est retrouvé piégé par erreur, pas d’inquiétude. Son propriétaire est immédiatement contacté. Une sécurité indispensable pour éviter toute confusion… et rassurer les maîtres.

La baisse de chats sauvages reste dure à quantifier

Les chats étant relâchés dans leur lieu préférentiel, les colonies sont contrôlées. "Euthanasier les chats n’a jamais enrayé leur prolifération. Si un chat vient à un endroit c’est qu’il y a à manger et que l’endroit est intéressant, ajoute l’assistante. Donc s’ils disparaissent, ils sont remplacés par d’autres chats." Les enjeux sont également sanitaires. Les chatons sauvages sont particulièrement vulnérables et meurent souvent de maladies, comme le typhus, ou de conditions de vie difficiles.

Alors, observe-t-on moins de chatons errants dans les villages du Gard rhodanien ? "C’est difficile à quantifier, concède Cindy Biach. On en voit moins, mais il y a aussi davantage d’associations mobilisées sur le terrain pour le trappage."

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Les commentaires (1)
Lapinecaline Il y a 2 jours Le 03/02/2026 à 12:20

Vous préférez les rats ?