Hausse des droits de douane : quel impact les taxes Trump ont-elles eu sur les exportations de produits régionaux ?

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  • Le fromage, ici le roquefort, font partie des marchés impactés par la hausse des droits de douane.
    Le fromage, ici le roquefort, font partie des marchés impactés par la hausse des droits de douane. Midi Libre
Publié le , mis à jour

Les droits de douane vers les États-Unis ont été augmentés de 15 % en 2025 après d’âpres discussions. Le président américain a récemment menacé de les faire bondir dans le bras de fer qui l’oppose à l’Europe à propos du Groenland.

Le débat sur de nouveaux débouchés commerciaux vers le Mercosur ne peut pas s’affranchir d’un état des lieux sur les conséquences de la hausse des droits de Douane imposés à l’Europe en 2025. Les États-Unis restent le premier partenaire commercial de l’UE (17 % des échanges) devant la Chine (14 %) et le Royaume-Uni (10 %).

Le secteur des comestiques vient ainsi de révéler que ses exportations vers les États-Unis avaient chuté de 18 % l’année dernière. Le secteur des vins et spiritueux, un autre gros marché, a lui aussi accusé une baisse de 30 à 40 % des commandes à partir de juillet 2025, un effondrement qui aurait cependant essentiellement touché le secteur du Cognac, selon les douanes. Inquiétant alors que Trump a menacé la semaine dernière de taxer les alcools à 200 %.

"Trump ne comprend que le rapport de force"

"Lorsque l’on se montre faible dans la négociation, on s’expose. Et en se gargarisant d’avoir limité la hausse à 15 % l’an dernier, l’Europe ne s’est pas comporté comme elle aurait dû, estime Jean-Marie Fabre, directeur des Vignerons indépendants. L’Europe est le premier client des USA. Elle a donc les moyens de faire pression. Donald Trump ne comprend que ce discours et le rapport de force. Les Canadiens, en réponse, ont surtaxé les vins et spiritueux américains qui viennent de connaître leur pire année en termes d’exportations."

Commandes anticipées pour compenser

Et dans la région ? "Les vignerons exportent 59 % de notre production et les États-Unis représentent le premier débouché, répond Jean-Marie Fabre. Ce qu’il s’est passé c’est qu’on a observé un effet de surcommandes avant les hausses effectives de taxes pour faire du stock. Sur 2025, le repli est donc faible mais faussé par ce surstockage. Certaines régions comme la Provence ont observé un recul plus important. 2026 va être une année test…"

"Beaucoup de projets à l’arrêt"

Autre filière impactée, le fromage. Même si Roquefort n’exporte par exemple qu’environ 3 % de sa production vers les États-Unis. "Ce qui a été dur aussi ces dernières années, c’est qu’ils ont renforcé les normes microbiologiques, le Canada aussi, ce qui a induit des frais supplémentaires", explique Delphine Carles, patronne de la maison du même nom. "Pour le moment je n’ai pas le sentiment que les taxes nous aient trop impactés mais on est sur un marché haut de gamme, marché plaisir, consommé en petites quantités."

Plus globalement, les entreprises régionales observent un marché très attentiste. "Beaucoup de projets sont à l’arrêt en raison du contexte politique en France et à l’international", résume Mathieu Ourliac, président du Medef de l’Hérault. Un monde économique qui fait le dos rond, en attendant la prochaine secousse.

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Les commentaires (1)
Garantiste Il y a 9 jours Le 27/01/2026 à 14:03

Pour déguster des produits de qualité les pays qui taxent les produits de qualité n'auront plus qu'à prendre l'avion pour se rendre sur place ou payer plus cher bien sûr!