"Il faut que la Méditerranée soit mieux aidée par l’Europe" : Didier Codorniou, nouveau président au conseil maritime de façade veut renfoncer la protection des eaux

Publié le

Premier vice-président de la Région, maire de Gruissan et président du parlement de la mer, Didier Codorniou prend des responsabilités au conseil maritime de façade où il va présider la commission permanente. Explications.

Fin décembre, vous avez été élu président de la commission permanente par les 80 membres du Conseil maritime de façade (CMF) Méditerranée, quel est son rôle ?

Le CMF est coordonné par le préfet de Sud-Paca, le préfet maritime de Méditerranée et la direction de la mer, sous couvert du Premier ministre, pour planifier, aménager, protéger et valoriser le littoral.

Pourquoi accepter ce nouveau mandat ?

J’avais été sollicité à deux reprises pour présider la commission permanente et j’avais décliné. Là, il m’a semblé que c’était le bon moment pour que l’Occitanie soit représentée dans cette commission. Elle est chargée de programmer et coordonner les débats et l’activité des deux commissions spécialisées, l’une sur l’emploi, la formation et les métiers de la mer, l’autre sur l’éolien flottant. Il peut aussi y avoir d’autres commissions à la demande des acteurs et c’est notre rôle d’acter ou non. Ce qui me plaît c’est l’animation, dans l’esprit du parlement de la mer d’Occitanie.

Quels objectifs vous fixez-vous ?

Je vais pouvoir travailler sur l’enjeu de simplification du processus de mise à jour du document stratégique de façade, notamment sur le volet plan d’action 2027. On y retrouve les zones de protection renforcées de la biodiversité, les aires marines protégées, les documents stratégiques de façade, la stratégie de déploiement des zones de mouillage, la décarbonation et la transition écologique des flottes très attendues par le secteur du transport maritime, le tout avec une enveloppe de 90 millions d’euros.

Quelle est votre idée de gouvernance ?

Mon idée, c’est que je veux démocratiser encore plus les instances de gouvernance, les rendre plus souples et faire de la concertation. Par exemple sur l’éolien, il y a une commission qui est figée. J’ai demandé que l’on puisse faire entrer quatre personnes qualifiées, ils ne sont pas spécialistes du secteur, mais le sont sur la biosphère ou les enjeux des fonds marins par exemple.

Aires marines protégées, éolien en mer, décarbonation des bateaux

En fait, nous cherchons des solutions. On peut citer les aires marines protégées : nous étions à 8,4 % des eaux de Méditerranée protégées avant l’Unoc, la réunion des Nations Unies en juin dernier, puis nous avons dépassé 10 % et l’objectif est 30 % en 2030. C’est une priorité, pour lutter contre la pollution notamment, avec un calendrier à recentrer dès 2026, il faut que la recherche soit encore plus impliquée et pour cela il faut qu’en termes de moyens financiers on aille un peu plus loin.

Quelle autre orientation préconisez-vous ?

Dans la répartition du budget, il faut affecter une part significative des ressources de l’éolien en mer à la décarbonation des flottes de pêche, c’est un sujet où les attentes sont fortes de la part des professionnels. Le CMF doit avoir un rôle fort avec les pêcheurs qui sont prêts à faire de nouvelles concessions, il faut les accompagner. Nous mettons en place des coopératives pour les amener, quand ils ne seront pas en activité de pêche, sur les plateformes des éoliennes flottantes.

Pour nous, il y a aussi un dossier sur lequel on a un coup d’avance : l’adaptation au changement climatique avec le recul stratégique du trait de côte et la montée de la mer. Ce plan doit s’articuler entre les trois régions, la Corse, Sud-Paca et l’Occitanie. Ce qui marche bien, on doit pouvoir le dupliquer dans le cadre de la commission permanente.

Nous avons de l’ambition, il y a une ligne de conduite, des actions prioritaires pour l’État mais aussi des volontés politiques des collectivités qu’il faudra entendre pour que la Méditerranée soit mieux aidée par l’Union européenne dans le cadre des crédits que nous irons chercher pour toutes ces thématiques évoquées.

L’éolien en mer connaît des soubresauts mondiaux liés aux coûts…

Le modèle économique démontre que l’activité reste très intéressante, la Chine ou le Japon par exemple accélèrent. Nous sommes en pourparlers avec l’Italie pour ces éoliennes flottantes avec pourquoi pas une meilleure coordination et des protocoles pour travailler ensemble avec notre savoir-faire comme à Port-la-Nouvelle ou Fos, pour mutualiser et diminuer les coûts de fabrication ou de maintenance.

Cet article est réservé aux abonnés
Accédez immédiatement à cet article
1 semaine offerte
Cet article est réservé aux abonnés
Accédez immédiatement
à cet article à partir de
3,99€/mois
Voir les commentaires
Réagir
Vous avez droit à 3 commentaires par jour. Pour contribuer en illimité, abonnez vous. S'abonner

Souhaitez-vous recevoir une notification lors de la réponse d’un(e) internaute à votre commentaire ?

Les commentaires (3)
Lasaviesa Il y a 24 jours Le 12/01/2026 à 16:04

Il serait intéressant que ce Monsieur qui déclame de grandes ambitions pour notre Méditerranée, nous explique ce qu'il a fait pour défendre la pérénité du centre de stockage Polmar (lutte contre la pollution marine) de Sète

Ce centre, désormais vidé et fermé, situé à coté de la Pointe Courte était un service de la Direction Interrégionale de la Mer Méditerranée (DIRM-MED) contenait des millions d'EUR de matériel (5 kilomètres de barrages, dizaines de grosses pompes, corps-morts, des milliers d'équipement individuel...) destiné à défendre nos cotes, nos plages, nos ports et nos étangs en cas de pollution marine (comme celles des pétroliers Amoco Cadiz, Prestige ou l'Erika de triste mémoire)

Ce matériel était entretenu et mis à la disposition des collectivités locales et ports du Languedoc-Roussillon en cas de...

En fin 2024, la DIRM-MED a décidé de le fermer et "éparpillér" le matériel à Port de Bouc à 2h de route, au Verdon sur mer à 6h de route et à Aspreto/Ajaccio à 11h de délai (si la mer l'autorise) !

C'est à dire qu'en cas de catastrophe en Languedoc-Roussillon, le matériel de lutte contre la pollution qu'on sera obligé de faire venir de ces 3 bases, arrivera sur place avec un retard de 2h, 6h, ou même 11h ou plus de retard et dans ce genre de pollution, où chaque minute compte, certainement trop tard, bien trop tard pour nos cotes, nos plages, nos ports et nos étangs qui se verraient irrémédiablement souillés

Pour en revenir au premier Vice-Président de la Région Occitanie, il a été, à l'époque, informé largement à l'avance et jour après jour de l'avancée de ce néfaste projet de la DIRM-MED, qui laisse les cotes du Languedoc-Roussillon "à nu" devant une pollution d'importance

Il serai bon que celui qui est maintenant devenu le Président de la Commission Permanente du Conseil maritime de Façade Méditerranée nous indique quels ont été ses recours, ses plaidoyers, ses démarches, ses "coups de pression" envers la DIRM-MED pour éviter le démantèlement (aujourd'hui effectif, hélas) du centre de stockage POLMAR de Sète.

Celui qui était déjà à cette période le Premier Vice-Président de la puissante Région Occitanie :

- a-t'il eu le temps, la volonté et l'énergie de défendre ce dossier vital face à la DIRM-MED

- ou alors était-il trop occupé à essayer (à la même période, fin 2024) de conquérir (en vain) une autre Présidence, celle de la Fédération Française de Rugby ?

clabout Il y a 24 jours Le 12/01/2026 à 14:34

Un nouvelle présidence et mandature pour le " Petit Prince " 03 points qui va assurément " valoriser " ses émoluments déjà nombreux et surtout ses diverses retraites à venir.

LULUdu11 Il y a 24 jours Le 12/01/2026 à 10:24

Et allez une présidence de plus... ça paye la politique !